Critique d’Iron Sky

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Rating: 3.1/5 (10 votes cast)

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Iron Sky
De Timo Vuorensola
Avec Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby
Finlande – 2012 – 1h33

Rating: ★☆☆☆☆

Les nazis ont de la suite dans les idées. Alors que tout le monde pensait en avoir terminé avec eux à la fin de la seconde guerre mondiale, ces petits malins ont eu l’idée de déménager sur la Lune pour y construire une base spatiale leur permettant de se remettre d’aplomb. En 2018, ils décident de remettre le couvert et de lancer une attaque contre la Terre, plus précisément sur le territoire américain, afin d’y instaurer le quatrième reich.

Si le projet avait foncièrement de la gueule sur le papier et que les premières images confirmaient en partie les attentes, le résultat final est loin d’être aussi convaincant. Le film débute avec une scène d’intro plutôt réussie où deux astronautes débarquent sur la Lune et ont à peine le temps d’y découvrir une base spatiale que débarquent les fameux nazis de l’espace. L’aspect purement divertissant du film est bien mis en avant et laisse penser que le récit va prendre une tournure alliant un humour complètement bis et des scènes bien burnées niveau action. Mais cette impression se perd rapidement lorsque tous les mauvais clichés font leur apparition. Si ces derniers avaient été ceux généralement employés dans les nanars de science-fiction, il est probable que le résultat aurait été moins indigeste, sauf qu’à l‘inverse ce sont davantage les clichés des comédies parodiques bas de gamme qui s‘enchaînent. On y retrouve peut-être des personnages symboliques tels que le savant fou, la jolie blonde ou encore le méchant souhaitant conquérir le monde, mais le problème provient avant tout de ces lignes de dialogues tellement nazes qu’elles ne semblent avoir été écrites que pour seconder le concept de base. Le métrage perd complètement pied dès l’arrivée sur Terre de la bande de nazillons, le gentil nanar friqué prenant des allures de mauvais gag étiré sur la durée. On en vient à penser qu’un inversement des enjeux, c’est-à-dire une arrivée des américains sur la Lune, aurait été une bien meilleure alternative, toute cette partie terrestre étant inutile et laisse derrière elle les quelques maigres qualités dont fait preuve Iron Sky dans ses premières minutes, notamment à travers un esthétisme bien imaginé.

Pour un budget d’environ 7,5 millions d’euros on peut néanmoins apprécier un joli travail sur les effets spéciaux qui, mis à part quelques passages comme l‘arrivée de la soucoupe SS sur Terre, permettent au film de se différencier de n‘importe quel mauvais direct-to-video lambda de science-fiction. L’erreur majeure du film est peut-être de ne pas assumer totalement son délire. Il aurait été préférable que le pitch de base, qui faisait saliver tous les amateurs de péloches bien barrées, ne soit pas juste un prétexte pour un tel déballage de vannes éculées qui auraient leur place dans un pastiche tel que Spartatouille ou un énième Scary Movie. L’idée de départ n’est donc jamais réellement exploitée et Timo Vuorensola se repose simplement sur cette note d’intention, sans jamais chercher à aller au-delà. Évidemment, il aurait été tout aussi bête de voir le métrage prendre une tournure plus réaliste, où un tel récit aurait été traité de manière sérieuse, mais le souci c‘est que dans sa forme actuelle Iron Sky ne fait légèrement sourire qu’à de très rares occasions. On en vient à imaginer qu’il aurait pu donner un bon court-métrage, le film s’étirant péniblement sur près d’1h30. De manière absurde, le meilleur moyen de rehausser un tantinet le niveau serait de visionner les dix premières minutes puis directement l’attaque finale (qui parvient tout de même à nous servir un épilogue bien bidon) car entre ces deux parties le film sombre méchamment dans le médiocre. Pour la comparaison, en dehors de tout aspect budgétaire ou de renommée du réalisateur, Mars Attack gère bien mieux sa forme parodique en respectant le genre et en trouvant le juste milieu entre humour et action, là où Iron Sky n’est qu’un joli paquet vide, bien emballé certes, mais qui se voit aussi entaché par un gros problème au niveau du rythme, à tel point qu’on en vient à regarder sa montre toutes les dix minutes.

Ce serait exagéré de dire que l’on en attendait un grand film mais si Iron Sky n’avait pas seulement été le résultat d’un buzz scénaristique surévalué, il aurait pu être un film fun, peut-être même un ovni cinématographique fort agréable comme il n’en sort que trop rarement. Au lieu de ça nous avons le droit à l’effet inverse, à savoir un nanar tout ce qu’il y a de plus convenu où le voile de bonnes promesses a vite fait de tomber pour n’offrir qu’un film reposant sur un concept jamais réellement exploité.

 

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).