Critique de True Legend

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Su Qi-Er

de Woo-Ping Yuen

avec Vincent Zhao, Xun Zhou, Andy On, Jay Chou, David Carradine et Michelle Yeoh

Chine/Hong-Kong/Etats Unis – 2010 – 1h54

 

Rating: ★★★★★

 

 

Voici l’histoire romancée de Su Chan, général réputé de la dynastie Qing, le maître d’arts martiaux qui aurait inventé la boxe de l’homme ivre. Cela serait dû à au parcours initiatique et à sa vie, divisée en deux parties distinctes.

En premier lieu le récit filmique met en place une double vengeance, celle qui est le point de départ du film et celle que l’on voit se dérouler à l’écran. Yuen Woo-Ping, chorégraphe de combats cinématographiques à succès (Il était une fois en Chine, Tigre et Dragon, Matrix, Kill Bill) et réalisateur par intermittence, met en scène une histoire classique de kung-fu. On croirait le méchant tout droit sorti d’un jeu vidéo ou d’un manga ; visage blafard, corps ayant subi des opérations chirurgicales impossibles (un corps armure) et une pratique de « techniques interdites », bref, il n’est plus trop humain. La défaite du héros sonne une réclusion quasi-ermite du héros, la signification d’un retour à zéro, dans la nature avec des éléments rocheux, forestiers et aqueux, l’eau a toujours une grande importance dans les films de kung-fu, pouvant suggérer la violence guerrière (pluie) ou l’apaisement (bords de fleuve ou de rivière). La touche originale, est que les saisons signifient la mélancolie du héros, qui commence d’ailleurs à abuser de l’alcool et qui par la suite se crée un monde bien à lui, avec des figures explicites bien connues du cinéma de kung-fu. En effet il s’agit du vieux maître moine, souvent rieur et porté aussi sur l’alcool (cameo de Gordon Liu), aux sourcils blancs et longs, tout comme sa moustache et jouant de la musique ; ainsi que du guerrier quasi-invincible, solennel et à la tenue proche du super héros. C’est donc un récit d’apprentissage qui se fait dans un delirium tremens, où comme J’ai rencontré le Diable, la vengeance fait perdre plus que l’on gagne.

 

Pour la seconde partie c’est un apprentissage en accéléré, cela ne dure qu’une séquence et quelle séquence ! Porté par Jay Chou (Le Frelon Vert), tel un ange de passage, il fait aussi le dieu martial. Le kung-fu est poussé à son paroxysme, son summum, son climax. Nous voyions à l’écran un ballet, le terme chorégraphe prend tout son sens, par ce jeu d’attrape la bouteille de vin que le protagoniste principal n’attrape jamais. Nous pouvons préciser que c’est une séquence de kung-fu comédie, le style Jackie Chan (qui avait d’ailleurs fait Drunken Master) avec même des phases de danse hip hop ! Et cela s’inscrit dans une idée de ce que peut être l’ivresse, le héros qui recherche le goût du vin que faisait sa femme, le goût parfait. C’est cela le kung-fu ou plus précisément le wung-shu c’est-à-dire la maîtrise à la perfection de son activité quelle qu’elle soit. Pour finir, on aura droit à un tournoi avec une critique de l’occident et son nouveau délire de combat médiatique, l’Ultimate Fighting Championship, un tournoi sans réelles règles et sans réelle styles de combat, sur une plate-forme avec une fosse aux tigres…L’UFC serait comme un jeu du cirque romain antique ? On verra même des piqûres de seringue pour accroître la performance (l’UFC et d’autres sports de combat occidentaux sont suspectés de dopage à grande échelle) administré par feu David Carradine !

D’excellentes scènes de combat du film, des bijoux singuliers chacune à part, utilisant l’espace à merveille (montagnes, statues, puits…), on peut comprendre et affirmer que le kung-fu sert à apaiser l’âme et permet à l’homme de trouver un équilibre dans la vie et la réalité. Pour le fils de Su Chan, ce sera plutôt la calligraphie… De plus le film est très proche de Tigre et Dragon, de la similarité de la narration en deux parties et de la romance diffuse, il pourrait avoir le même parcours médiatique malgré le peu de copies en Île-de-France, le plus grand circuit de salles en France. Et tout comme une de mes précédentes critiques, Warrior, ce qui fait la différence entre un bon pratiquant de l’UFC (personnellement , je trouve qu’ils sont rares) et un mauvais, uentre n bagarreur  et un pratiquant d’art martiaux, entre un bon et un mauvais sportif, c’est l’intelligence, tout comme c’est l’intelligence qui marie la raison et la passion, à méditer et vous trouverez alors votre kung-fu ou wung-shu…


Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…