Critique d’ Enter the Void

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Enter the Void

De Gaspar Noé

Avec Nathaniel Brown et Paz de la Huerta

France – 2009 – 2h30

Rating: ★☆☆☆☆

Tokyo de nos jours. Oscar est un dealer. Sa sœur Linda est strip-teaseuse dans un night club. Enfants, ils ont tous les deux survécu à un accident de voiture qui a causé le décès de leurs parents. De ce drame, ils ont conclu un pacte : Oscar devra veiller sur sa sœur pour l’éternité. Mais lors d’une descente de police, le jeune homme est abattu. Par delà la mort, Oscar doit trouver le moyen de rester fidèle à la promesse qu’il a faite à sa sœur.

L’idée de base de Enter the Void est plutôt passionnante : filmer en caméra subjective les errements d’une âme, de la mort de son corps physique jusqu’à sa prochaine réincarnation. Voilà qui laisse augurer d’une expérience cinématographique inédite et excitante. Le problème, c’est que l’idée émane de Gaspar Noé, déjà coupable d’Irréversible en 2002. Non pas que le réalisateur soit un manchot de la caméra, loin de là. La première partie du film est même plutôt réussie avec ses plans-séquences subjectifs, ses séquences hallucinogènes et son festival de plans à la grue. C’est juste qu’ici, une nouvelle fois, la forme prend l’ascendant au détriment du fond. Et avec un sujet pareil, c’est plus que décevant, c’est irritant.

En voulant illustrer à sa sauce le Livre tibétain des morts, texte bouddhiste qui décrit les différents stades que traverse une âme entre deux vies, Gaspar Noé noie son sujet dans des scènes de cul même pas bandantes contrebalancées par des références freudiennes d’une naïveté qui démolit le peu de consistance qui pouvait rester à son personnage principal. On ne lui reprochera même plus de se complaire dans le glauque puisque l’on a bien fini par comprendre que c’était là tout son fond de commerce, sa manière d’apparaître comme un auteur subversif dans le cinéma français.

Et puis, dans un film qui se veut comme une expérience sensorielle, il est toujours désagréable de connaître le chemin que l’on va prendre avant même que le voyage ne commence. En effet, dès les premières minutes, Alex, l’ami d’Oscar, lui résume le fameux Livre tibétain des morts, et par conséquent, pour les pauvres spectateurs que nous sommes, les deux heures restantes sur lequel le film va rigoureusement se calquer. Dans le même genre, David Lynch est bien plus subtil pour nous fourguer sa méditation transcendantale.

On s’attendait à une réflexion métaphysique sur la vie et la mort, un truc à la Kubrick où on se sentirait un poil plus intelligent la séance terminée, on se retrouve au final avec un porno new age excessivement long qui sombre dans le ridicule. Mais on ne doute pas que, lors de sa prochaine vie, Gaspar Noé se réincarnera en génie du cinéma… ce qu’il pourrait déjà être s’il avait un scénario plus consistant.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».