En bref :
- Massacre à la tronçonneuse revient en adaptation télévisée sous l’impulsion d’A24, qui a remporté des enchères très disputées.
- JT Mollner mène la série innovante, avec Roy Lee à la production et Glen Powell impliqué côté créatif.
- Le projet, finalisé début février 2026 du côté des droits, est en écriture avec un angle défini et une ambition de renouveau.
- Aucun diffuseur, casting ni date de sortie annoncés pour l’instant, mais une vision clairement orientée vers la tension et l’ancrage social plus que le simple carnage.
La tronçonneuse se remet à vrombir, mais pas là où on l’attendait. Après une bataille d’enchères musclée, A24 s’empare de la franchise emblématique et installe Leatherface sur le terrain d’une série innovante, confiée à JT Mollner. C’est un pari galvanisant pour le cinéma d’horreur télévisé : privilégier la sueur froide à l’hémoglobine gratuite, la dramaturgie à la simple mécanique du jump scare. En coulisses, Roy Lee, artisan de renouveaux lucratifs et inventifs (The Ring, Ça, Barbare), et Glen Powell, moteur créatif très courtisé, donnent de l’ampleur à l’entreprise.
Un choix logique quand on se souvient que le film de 1974 de Tobe Hooper tenait moins au gore qu’à l’impression d’étouffement, de poussière, de soleil qui écrase et de familles qui déraillent. Après la réception polarisée de l’opus Netflix en 2022, le chantier était colossal : réinventer sans édulcorer, moderniser sans aseptiser. A24 promet de changer la focale. L’idée n’est pas de refaire le cri, mais de remonter jusqu’à la gorge qui l’a porté. Et si Leatherface redevenait, enfin, une figure de terreur autant sociale que viscérale ?
Sommaire
ToggleMassacre à la tronçonneuse chez A24 : une relance pensée sur le long cours
Selon les sources industrielles, A24 a finalisé l’acquisition des droits début février 2026, avec l’objectif assumé d’ouvrir un cycle durable. La stratégie est claire : commencer par une adaptation télévisée, bâtie comme une série feuilletonnante, avant d’envisager d’autres formats. L’écriture a démarré, l’angle créatif est posé, et la boussole pointe vers une tension poisseuse, héritière du film de Tobe Hooper, plutôt que vers la surenchère.
Ce repositionnement tient autant à l’ADN d’A24 — un studio habitué à manier la terreur atmosphérique — qu’à l’appétit des plateformes pour des univers forts. La franchise emblématique est l’invité parfait pour une vitrine premium, à condition de faire vibrer la corde sensible : du malaise, du réel, et cette sensation d’Amérique rurale qui grince comme une porte rouillée.
Ce que l’on sait de l’adaptation télévisée… et les zones d’ombre
Le cadre se précise sans s’enfermer. A24 joue la sobriété mais laisse filtrer l’essentiel pour attiser la curiosité. Voici l’état des lieux, à date.
- Confirmé : A24 détient les droits et développe activement une série innovante autour de Massacre à la tronçonneuse.
- Confirmé : JT Mollner pilote la création, avec Roy Lee à la production et Glen Powell impliqué côté développement.
- Confirmé : l’écriture est en cours et la série se veut une réinvention, pas un simple copier-coller des opus passés.
- À préciser : diffuseur, casting, timeline exacte, et la nature précise du cadre narratif (reboot, nouvelle frise, variation).
Les pièces clés sont sur la table, mais les cartes restent face cachée. De quoi exciter l’imaginaire sans griller la surprise.
Intrigue et renouveau : quelle terreur pour Leatherface en série ?
La grande promesse du format sériel, c’est le temps. Le temps de creuser la famille, les silences, l’héritage. On imagine des arcs qui fouillent le hors-champ célèbre de l’original : la maison comme organisme malade, la communauté voisine, la chaîne économique qui recycle l’os et l’acier. Que se passe-t-il quand l’Amérique oubliée s’entend rugir elle-même, de l’autre côté du grillage ?
Lors d’une projection de minuit que j’anime chaque été, je vois toujours la même réaction : ce n’est pas le sang qui tétanise, c’est l’odeur du soleil brûlé et de la viande froide. Une série peut installer ce climat sur la durée, et c’est là que le renouveau se joue. À l’inverse du film Netflix de 2022, pressé et démonstratif, A24 peut miser sur la respiration narratrice : laisser l’angoisse, puis serrer la vis.
Mise en scène : la grammaire de la terreur selon JT Mollner
Avec Strange Darling, JT Mollner a prouvé qu’on pouvait faire monter la pression sans trahir le réel. Attendez-vous à une mise en scène sensorielle : sons diégétiques qui crépitent, lumière naturelle qui tape, plans qui respirent avant de trancher. L’idée n’est pas d’ajouter des épouvantes, mais d’installer une peur continue, comme un bourdonnement au fond de l’oreille.
Cette approche épouse parfaitement la tradition A24 du cinéma d’horreur atmosphérique. À l’écran, la tronçonneuse ne sera pas qu’un accessoire : c’est un motif rythmique, un totem sonore. Moins d’esbroufe, plus de frissons. Voilà comment la série innovante peut retrouver la terreur première.
Casting et jeu : comment habiter Leatherface sans le déflorer
Glen Powell est côté production, et rien n’indique qu’il apparaîtra à l’image. Tant mieux, peut-être : Leatherface exige un corps avant un nom. Son interprète devra jouer la respiration, la démarche, l’animalité contrariée. Un rôle de pantomime brutal où chaque geste écrit la psychologie. Pour le reste, la force viendra des seconds rôles : voisins qui parlent trop bas, shérif qui préfère regarder ailleurs, routiers qui devinent trop tard.
Ce que l’on attend d’un casting idéal :
- Des comédiens capables d’un réalisme sans coquetterie, proches du documentaire.
- Une galerie de visages marqués par la chaleur, la fatigue, la route, plus que par les projecteurs.
- Des voix qui traînent, des silences qui appuient, des regards qui chargent l’air d’électricité.
C’est le jeu, plus que le montage, qui donnera au renouveau sa morsure émotionnelle.
Pourquoi A24 peut redéfinir la terreur télévisée
A24 sait faire vibrer la corde sensible du genre, de la fable métaphysique à l’horreur domestique. Repenser une icône, c’est aussi accepter son héritage critique : revisiter un mythe comme L’Exorciste, par exemple, implique de négocier avec la mémoire collective, les débats de réception, et la patine du temps. Sur ce point, relire un débat toujours vif autour de L’Exorciste aide à mesurer l’exigence d’une telle entreprise.
La différence ici, c’est la durée. Une série autorise la patine, les micro-fissures, les lignes de fracture sociales : précarité, déshérence, violences invisibles. Si la caméra refuse le sensationnalisme, la terreur devient un état. Et Leatherface, plus qu’un boogeyman, redevient le symptôme.
revisiter un mythe comme L’Exorciste
Pour prolonger la réflexion sur la longévité des frayeurs, voir aussi un débat toujours vif autour de L’Exorciste, utile boussole pour jauger l’usure et le renouveau des classiques.
Feuille de route : où va la franchise après l’écriture
À ce stade, l’écriture est lancée et l’angle artistique balisé. La suite est un parcours connu : affiner les scripts, attacher un diffuseur, calibrer un tournage qui respecte l’exigence d’un climat oppressant (repérages, météo, décors organiques). C’est souvent là que tout se joue : mieux vaut une maison qui sent la rouille qu’un plateau qui ressemble à une maison.
Dans les studios, on évoque déjà la possibilité qu’un long-métrage suive, selon la réception critique et publique de l’adaptation télévisée. Prudence : chaque étape comptera. La promesse, elle, est limpide — A24 veut un Massacre à la tronçonneuse qui parle au présent sans trahir l’os du mythe. La lame et la légende, sur le même fil.


