Critique de The Silent House

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Rating: 2.3/5 (4 votes cast)

 

La Casa Muda

de Gustavo Hernandez

avec Florencia Colucci, Abel Tripaldi et Gustavo Alonso

Uruguay – 2010 – 1h26

Rating: ★★☆☆☆

C’est bien connu, l’Horreur est le genre idéal pour parvenir à faire son premier film avec pas un rond. Avec tout juste 6000 dollars en poche et un appareil photo, Gustavo Hernandez savait d’avance qu’il fallait être inventif et audacieux pour se démarquer des nombreuses prod horrifiques inspirées de faits réels en caméra embarquée qui pullulent sur les devantures des ciné comme du chiendent. En ça, le jeune réalisateur a su faire parler de lui et de son film (il ne manque pas d’ailleurs  au générique de remercier les blogueurs qui l’ont propulsé) grâce à un concept assez téméraire : le film plan-séquence. Pas de cut, pas de rupture, une seule prise et du temps réel, autant dire pas de filet. Très habile à l’exercice, Hernandez embarque son spectateur dans un point de vue unique, celui de son héroïne Laura, coincée avec son padre dans une lugubre demeure qu’ils étaient venus retaper et qui regorge bien sûr de coins sombres et de bruits étranges, mais pas que.

En adoptant cette stratégie, le réalisateur plonge son spectateur dans l’angoisse de son personnage, et dans son calvaire, la pauvre gamine ne pigeant pas plus que nous ce qui lui arrive. N’hésitant pas à passer en caméra subjective par moment, Hernandez tisse, parfois avec lenteur, sa toile de suspense, jouant sur le hors champs et l’arrière plan pour instaurer l’angoisse. Même si le film utilise des mises en scènes déjà vues  pour créer la peur, comme le bon vieux coup du flash d’appareil photo pour se repérer dans le noir, la majorité des scènes flippantes fonctionnent bien, apportant le lot de sueurs froides escomptées.

Mais, car forcément, il y a un mais, maitriser un style de réalisation particulier ne fait pas tout. Là est bien le péché d’orgueil d’Hernandez, noyant le poisson avec un twist très discutable, car aussi attendu que facile (une vraie pirouette scénaristique), palliant par sa prouesse technique un scenario mal ficelé au départ. Et quel gachis! Réussir à relever le défi en faisant des contraintes du plan-séquence un atout, pour illustrer un scénario cumulant les incohérences au point de pousser le spectateur à faire l’effort pénible de rapiécer les éléments pré et post twist, c’en est presque embarrassant.

Maitrisé, voir même bluffant techniquement, tendu à souhait et surprenant par moment, The Silent House peine pourtant à trouver la cohérence salvatrice qui fait cruellement défaut à son scénario. Un début derrière la caméra assez prometteur pour Gustavo Hernandez qui, on l’espère, s’attaquera à  un script mieux foutu pour sa prochaine bobine.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.