La loi portée par le sénateur Pierre-Jean Verzelen, adoptée à l’unanimité en mai 2025, met fin au démarchage téléphonique non consenti à compter du 11 août 2026. Fini Bloctel : les entreprises devront obtenir le consentement explicite du consommateur avant tout appel. Avec 97 % des Français excédés selon l’UFC-Que Choisir, jusqu’à 55 000 emplois menacés et des amendes record de la DGCCRF, c’est toute une industrie qui bascule.
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ToggleUn ras-le-bol massif que les chiffres confirment
6 appels non désirés par semaine en moyenne
Le sondage d’octobre 2024 de l’UFC-Que Choisir ne laisse aucun doute : 97 % des Français se déclarent agacés. Trois quarts subissent ces appels chaque semaine, 38 % chaque jour, soit en moyenne six appels non sollicités par semaine. Pompes à chaleur, isolation, panneaux solaires, assurances : la rénovation énergétique concentre l’essentiel des plaintes.
Bloctel, l’échec assumé
Créé en 2016, Bloctel devait filtrer les appels indésirables. En 2025, seuls 11 % des Français y ont inscrit un numéro. L’outil sera supprimé avec la nouvelle loi. La DGCCRF a recensé plus de 1,5 million de signalements en 2023, en hausse constante. Les fraudes à la rénovation énergétique représentaient 10 % des plaintes, soit 27 633 dossiers.
« 97 % des Français se déclarent agacés par le démarchage commercial. Trois quarts le subissent chaque semaine. »
UFC-Que Choisir, octobre 2024
Ce que la loi du 30 juin 2025 change concrètement
De l’opt-out à l’opt-in : la bascule historique
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 inverse la logique. Jusqu’ici, le consommateur devait refuser les appels. À partir du 11 août 2026, tout démarchage sera interdit par défaut, comme en Allemagne ou au Royaume-Uni. Seul un consentement « libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable » permettra un appel commercial. La charge de la preuve repose sur l’entreprise. Deux exceptions : les appels liés à un contrat en cours et la fourniture de journaux. Le B2B reste autorisé.
Des sanctions qui font mal
Les peines passent de 3 à 5 ans de prison et de 375 000 à 500 000 euros d’amende. Les entreprises risquent 20 % de leur CA annuel. La DGCCRF, la CNIL et l’ARCEP contrôleront conjointement. Les sanctions tombent déjà : en août 2025, une société de Seine-et-Marne a écopé de 440 600 euros après signalements sur SignalConso. En juillet, CB Performances (Haute-Garonne) : 253 275 euros, soit 75 euros par appel illégal. En 2023, la DGCCRF avait cumulé 4 millions d’euros d’amendes.
« La loi ne fait pas la différence entre les acteurs délinquants et les acteurs vertueux. Ce sont jusqu’à 55 000 emplois menacés. »
Caroline Adam, déléguée générale du SP2C
Le secteur en pleine onde de choc
8 500 à 55 000 emplois sur la sellette
Le SP2C (Syndicat des professionnels des centres de contact) estime à 8 500 les emplois directement menacés dans les TPE et PME. L’AFRC (Association française de la relation client) porte ce chiffre à 55 000 en incluant les emplois indirects. Le secteur comptait 50 000 salariés en 2023 ; plus que 43 000 en 2025. L’onde de choc touche le Maroc, où la France pèse 80 % de l’activité des centres d’appels.
Ce qui reste autorisé jusqu’au 11 août
En attendant, le démarchage reste autorisé du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et 14 h à 20 h, interdit le week-end. Maximum quatre appels par mois par professionnel. Depuis le 1er juillet 2025, il est déjà totalement interdit dans la rénovation énergétique et l’adaptation des logements, y compris par SMS et courriel.
- Signaler un abus : plateforme SignalConso ou SMS au 33700
- S’inscrire sur Bloctel : gratuit, utile jusqu’au 11 août 2026
- Ne jamais communiquer de données bancaires par téléphone
- Droit de rétractation : 14 jours pour tout contrat conclu par téléphone

