Face à l’essor fulgurant des stablecoins, la Banque du Canada sonne l’alarme et presse les autorités fédérales et provinciales d’établir un cadre réglementaire clair. Après avoir abandonné en 2024 son projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC), l’institution mise désormais sur ces actifs numériques stables pour moderniser le système de paiement dans un contexte où la stabilité financière et la protection des consommateurs sont plus cruciales que jamais.
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TogglePourquoi la Banque du Canada insiste sur la réglementation des stablecoins en 2025
Ron Morrow, directeur exécutif des paiements et de la supervision bancaire, ne mâche pas ses mots : rester immobile face à la rapide montée en puissance des stablecoins expose le Canada à des risques économiques majeurs. Ces cryptomonnaies, adossées à une monnaie traditionnelle comme le dollar canadien, gagnent en popularité comme moyen de paiement et peuvent, si elles sont bien encadrées, catalyser l’innovation financière du pays.
Plusieurs raisons expliquent cette urgence :
- Protection des consommateurs : garantir une sécurité équivalente à celle des comptes bancaires classiques contre les risques de crédit et de liquidité.
- Intégrité du système financier : prévenir les effets déstabilisateurs que des actifs numériques non supervisés pourraient engendrer.
- Compétitivité internationale : ne pas laisser le Canada à la traîne face aux juridictions déjà avancées en matière de réglementation crypto.
- Modernisation des paiements : favoriser les transactions en temps réel et réduire les frictions grâce à ces actifs numériques stables.
Ce positionnement canadien rejoint les approches déjà observées ailleurs, où la régulation financière des stablecoins est devenue une priorité pour l’Autorité des marchés financiers.
Le défi d’un cadre juridique adapté aux actifs numériques émergents
Construire un cadre juridique efficace demande de concilier innovation et sécurité. Les stablecoins doivent être aussi fiables qu’un solde bancaire classique pour mériter la confiance des utilisateurs et des régulateurs. La Banque du Canada incite donc à une collaboration étroite entre régulateurs fédéraux et provinciaux pour :
- Définir des normes de réserve et de liquidité sous supervision bancaire renforcée.
- Établir des mécanismes transparents de contrôle des émissions de stablecoins.
- Inclure des règles claires pour prévenir les risques systémiques sur la politique monétaire.
- Adopter des exigences strictes en matière de lutte contre le blanchiment et de protection des données.
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Du projet MNBC à la priorité donnée aux stablecoins
En 2022, la Banque du Canada collaborait avec le MIT pour concevoir une monnaie numérique de banque centrale. Mais l’expérience a pris un tournant en septembre 2024 : le programme a été abandonné. Cette décision s’appuie sur une demande mitigée des Canadiens, avec seulement 42 % d’avis favorables. Le projet a par ailleurs rencontré des défis techniques et politiques qui ont orienté la stratégie du pays vers une autre voie.
Désormais, la Banque du Canada voit dans les stablecoins une alternative pragmatique capable de :
- Rendre le système de paiement canadien plus efficace et en temps réel.
- Offrir une solution plus accessible et flexible, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
- Favoriser l’intégration des cryptomonnaies dans l’économie traditionnelle, sous contrôle de la supervision bancaire.
Ron Morrow insiste sur un point crucial : sans un cadre strict, les risques financiers demeurent trop importants pour que ces actifs deviennent une composante vraiment viable de la politique monétaire canadienne.
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Les enjeux de supervision bancaire et de régulation financière
L’intégration des stablecoins dans le système financier ne peut se faire sans une supervision bancaire rigoureuse. Cela implique :
- Une surveillance continue du respect des normes de solvabilité et de liquidité.
- Un suivi des impacts sur la stabilité macroéconomique et la politique monétaire.
- La mise en place d’outils pour contrer tout risque de contagion financière.
- Une coordination avec des institutions internationales afin d’harmoniser les régulations.
Dans ce cadre, le rôle de l’Autorité des marchés financiers est aussi central que celui de la Banque du Canada pour assurer un environnement sécurisé où l’innovation financière ne devient pas un facteur de fragilité.
Les dynamiques similaires observées aux États-Unis sont à suivre attentivement, notamment à travers des analyses approfondies sur Celluloidz.
Crypto : pourquoi investir dans les stablecoins en euros ? https://t.co/z5BkDaO0ZS
— Les Echos (@LesEchos) September 25, 2024





