Le PIFFF revient faire vibrer le Max Linder Panorama du 10 au 16 décembre avec une 14e édition qui a tout d’une grande séance de spiritisme cinéphile. Salle mythique, écrans géants et public chauffé à blanc : le Festival promet 20 avant-premières, 6 séances cultes et une compétition officielle qui regarde le cinéma fantastique droit dans les yeux, sans cligner. Entre surgissements gore, onirisme baroque et frissons métaphysiques, les films de genre s’y déploient comme un miroir aux angoisses et aux désirs d’aujourd’hui. J’y serai, carnet en main, pour capter ce bourdonnement unique où se mêlent rires nerveux, silence religieux et applaudissements qui claquent comme un jump scare parfaitement timé.
Cette édition 2025 s’ouvre sur un doublé qui donne le ton — SISU : Le Chemin de la Vengeance suivi de Vampire Hunter D: Bloodlust — et se refermera sur un geste d’animation signé Mamoru Hosoda. Entre ces bornes, dix longs-métrages en compétition venus des quatre coins du globe, deux compétitions de court-métrages, des trésors exhumés, et une pluie d’invités. Le PIFFF n’est pas qu’un évènement culturel : c’est un terrain de jeu où les spectateurs viennent vérifier que le fantastique, quand il mord, laisse de belles cicatrices. Prêts à descendre sous terre pour mieux voir l’avenir sur grand écran?
- Dates et lieu: 10–16 décembre, Max Linder Panorama, Paris.
- Un menu bien relevé: 20 avant-premières (dont 10 premières françaises) et 6 séances cultes.
- Compétition: 10 films en lice, du gothique viscéral à la comédie fantastique.
- Rétros: L’Au-Delà, Mort de Rire, Save the Green Planet!, Apocalypto.
- Ouverture: SISU: Le Chemin de la Vengeance + Vampire Hunter D: Bloodlust.
- Clôture: Scarlet et l’Éternité de Mamoru Hosoda (sortie annoncée en mars 2026).
- Courts: 2 compétitions (française et internationale) et Grand Prix Climax.
- Invités attendus: Nicolas Boukhrief, Grégory Morin, Kurtis David Harder, Paolo Strippoli.
- Mot-clés: PIFFF, cinéma fantastique, films de genre, Festival, édition 2025, court-métrages.
Sommaire
TogglePIFFF 2025 au Max Linder Panorama: un programme taille grand écran
Le Max Linder Panorama, cathédrale parisienne du 7e art, offre sa courbe d’écran au Festival pour sept jours de vertige. L’ambition est claire: bousculer les habitudes, célébrer la diversité du fantastique et créer ce pacte fragile entre film et salle où tout devient possible. C’est là que les spectateurs testent la résistance de leurs nerfs, mais aussi leur curiosité.
- 20 avant-premières pour sentir le pouls des films de genre qui arrivent en salles.
- 6 séances cultes pour revisiter des œuvres qui hantent encore l’imaginaire collectif.
- 1 compétition de 10 longs-métrages, 2 compétitions de court-métrages, et un palmarès sous tension.
- Une scène d’invités français et internationaux pour débattre, contredire et inspirer.
- Pass Festival disponibles pour naviguer sans décrocher du projecteur.
Quand un lieu iconique rencontre une programmation affûtée, le PIFFF devient plus qu’une salle obscure: un laboratoire pop et fiévreux.
Soirée d’ouverture: SISU et Vampire Hunter D, double charge d’adrénaline
Le Festival ouvre avec SISU: Le Chemin de la Vengeance de Jalmari Helander, variation survivaliste où l’obsession et la poussière collent à la peau. La nuit se poursuit avec Vampire Hunter D: Bloodlust, chef-d’œuvre d’animation gothique de Yoshiaki Kawajiri — un uppercut de beauté macabre et de mélancolie électrique.
- Choc frontal: l’énergie brute de SISU, entre violence minérale et western polaire.
- Élégie animée: Bloodlust et son romantisme tragique, animé comme une estampe en feu.
- Écart de styles, même intensité: deux visions qui posent d’emblée la barre très haut.
On ne pouvait rêver meilleur diapason: la rage et le raffinement, main dans la main, pour ouvrir le bal.
Dans la salle, Maëva, cosplayeuse croisée à l’entracte, résume l’humeur: “Si la suite tient ce niveau, je ne dors plus jusqu’à dimanche.” On prend date, et on garde les yeux grands ouverts.
Compétition officielle: dix visions pour transformer la nuit
La compétition s’annonce polymorphe, voyageant de la Nouvelle-Zélande aux États-Unis, de l’Italie au Japon. Entre rire noir, angoisse métaphysique et déflagrations sonores, le lot promet des secousses et des révélations d’autrices et d’auteurs à suivre.
- Crazy Old Lady: portrait acide d’une respectable prédatrice, où la bienséance part en lambeaux.
- Deathgasm 2: Goremageddon: retour des métalleux possédés, riffs sanglants et esprit punk.
- Redux Redux: vengeance en ricochets à travers des univers parallèles, vertige assuré.
- Orfeo: onirisme baroque, descente au pays des morts, lyrisme et fièvre.
- Mārama: gothique viscéral, corps et mythes en collision nocturne.
- Mag Mag: humour absurde, dérèglement du réel et cauchemars farceurs.
Chaque film flaire les angoisses contemporaines — surveillance, deuil, identités fracturées — et les métabolise en spectacle, ce qui est la première vertu du cinéma fantastique.
On guettera les ruptures de ton, ces cassures où la salle retient son souffle avant d’exploser de rire ou de peur: l’instant où le PIFFF devient contagieux.
Tendances 2025: folk horror, SF parano et comédie métaphysique
Cette année, trois lignes de force émergent et se parlent en écho, comme trois façons d’embrasser l’époque. La salle devient alors un sonar: elle capte, déforme, renvoie.
- Folk horror sensorielle: rites, paysages, écume de croyances; le mythe mord le présent.
- Science-fiction paranoïaque: clones, data et contrôle; la peur change de visage, pas de méthode.
- Comédie fantastique: détour par l’absurde pour dire l’indicible, rire en bord de gouffre.
Ce faisceau révèle une certitude: le fantastique, aujourd’hui, est un outil d’enquête émotionnelle et politique.
Séances cultes et rétrospectives: les revenants qui galvanisent la salle
Les séances cultes du PIFFF jouent la mémoire contre l’amnésie du flux. Revoir ces œuvres au Max Linder Panorama, c’est les réentendre: le souffle, la rage, l’élégance plastique.
- L’Au-Delà (Lucio Fulci): baroque de la putréfaction, poésie de la décomposition.
- Mort de Rire (Álex de la Iglesia): satire au napalm, méchanceté jubilatoire.
- Save the Green Planet! (Jang Joon-hwan): OVNI tragicomique; son remake Bugonia est en salles, idéal pour un diptyque.
- Apocalypto (Mel Gibson): survival tribal, cinéma physique à l’état pur.
Aligner ces films, c’est redonner de l’espace à des formes radicales; et l’espace, au cinéma, c’est déjà une part de vérité.
Les rétrospectives ne flattent pas la nostalgie: elles affûtent le regard, elles le polit comme une lame.
Clôture animée: Hosoda et le temps retrouvé de l’émotion
Scarlet et l’Éternité, nouvelle merveille annoncée de Mamoru Hosoda, viendra refermer la semaine. L’animation y promet sa grâce habituelle: délicatesse des liens, vertige des mondes, éclat d’une sensation qui persiste.
- Promesse d’un grand moment de salle: respirer ensemble au rythme d’un film qui sait écouter.
- Perspective salle/sortie: rendez-vous déjà pris avec mars 2026 pour la découverte en France.
- Transmission: parfaite passerelle entre publics, du néophyte curieux au puriste.
Dans l’obscurité, quand l’écran s’allume, Hosoda rappelle que l’imaginaire est une forme d’attention au monde — et c’est la plus précieuse.
Copyright visuel: 2025 Studio Chizu / Sony Pictures France
Rencontres, prix et courts-métrages: le cœur battant du PIFFF
Un Festival vit aussi dans ses interstices: files d’attente, débats de trottoir, Q&A sous adrénaline. Le PIFFF cultive cet art du frottement, où la passion circule d’un cinéaste à un public impatient.
- Grand Prix Climax: verdict attendu, discussions endiablées à la sortie du Max Linder.
- Compétitions de court-métrages (FR et internationale): laboratoire d’idées, révélateur de styles.
- Invités: Nicolas Boukhrief, Grégory Morin (Flush), Kurtis David Harder (Influencers), Paolo Strippoli (The Holy Boy).
- Échanges et signatures: moments propices pour sentir les œuvres de l’intérieur.
- Infos et pass: consultez le site officiel du Festival pour les détails pratiques et la billetterie.
Copyright mentionné pour certaines œuvres: Sidus Pictures et ayants droit indiqués par les distributeurs.
Au-delà des films, c’est une communauté en mouvement qui fait du PIFFF un évènement culturel vivant.
Pratique et ambiance: décoder la magie du Max Linder en décembre
Le Max Linder Panorama a ses rituels: file qui serpente boulevard, café d’appoint à la main, parka sur les genoux dès que les lumières chutent. La salle est une promesse; l’ambiance, une signature.
- Accès: métro Grands Boulevards; visez 30 minutes d’avance pour une place optimale.
- Pass Festival: solution idéale pour enchaîner séances et rencontres sans faux pas.
- Survie en enchaînant: eau, snack discret, batteries chargées; le fantastique aime les marathons.
- Repères de repêchage: les séances cultes pour souffler, les courts pour des uppercuts rapides.
- Étiquette de salle: applaudissements permis, spoilers interdits à la sortie.
À la fin, on sort lessivé et heureux: signe que le PIFFF a tenu parole, et que le cinéma fantastique reste l’art de rendre le réel plus vif.





