Critique: Wonder Woman

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Rating: 3.3/5 (4 votes cast)

Wonder Woman

de Patty Jenkins

Avec Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, David Thewlis, Danny Huston, Elena Anaya

Etats-Unis – 2017 – 2h20

Rating: ★☆☆☆☆

 

Cela fait un petit moment que je me pose la question de savoir à quel point les conditions de visionnage d’un film peuvent aller dans son sens ou au contraire le desservir.

Par exemple, je me suis rendu compte que mater The Witch à 3h du mat’ un peu bourré était une mauvaise idée, alors qu’au ciné, et ce malgré un groupe de greluches insupportables dans la salle, le film était bien le chef-d’œuvre annoncé. Plus récemment, Skull Island aurait sûrement écopé d’une ou deux étoiles sous certaines conditions, mais je lui ai mis trois car l’Imax le rend très impressionnant. Je ne l’ai pas précisé à ce moment-là et j’aurais du.

Du coup, en ce qui concerne Wonder Woman, j’ai pris soin de faire la part des choses, et sache que malgré des conditions épouvantable il n’y a vraiment rien à sauver dans ce film.

Mais je vais te raconter mes aventures, et pourquoi je déteste le Grand Rex. Si tu n’es pas Parisien, j’espère te dissuader d’y foutre les pieds un jour.

Arrivé au ciné à 20h, Warner a mis le paquet pour assurer la promo de son blockbuster avec musique tonitruante, Statues Wonder Woman et séance photo.

Avant que ça commence, un type, j’ai pas retenu son nom, nous annonce avec fierté que Woman Woman est le premier film ever of the universe ou l’héroïne est une femme. En dehors de Catwoman, Elektra, Ma Super Ex et Yatterman de Takashi Miike, ouais sans doute.

Allez hop ça commence ! Sur une île cachée par Zeus lui-même, les amazones s’entraînent sur des fonds vert que SyFy n’aurait pas renié, en attendant le retour de leur ennemi juré, Arès.

Diana, la fille de la reine de ses amazones, sauve un pilote échoué, avant qu’une grappe d’Allemands ne débarquent pour foutre le dawa. Après une petite baston où Patty Jenkins nous montre qu’elle connaît bien le petit manuel du parfait Zack Snyder (y’a des ralentis et tout, mais surtout tout le temps et sans raison), Diana décide de partir avec Steve (le pilote), persuadée que le responsable de la seconde guerre mondiale n’est autre que Arès.

Après cette intro pas fameuse ou l’on aperçoit Connie Nielsen et Robin Wright brièvement (Super idée de prendre deux excellentes actrices pour les jarter après 10min, pouce bleu), je commence sérieusement à avoir un mal de dos pas possible, et j’imagine déjà qu’il reste deux heures de film à supporter. Bon hein, allez, on se concentre, en alternant avant arrière sur le siège ça devrait passer. Puis bon j’ai quand même le temps de faire mon stretching vu qu’il ne se passe absolument rien pendant une bonne heure.

Arrivés à Londres avant d’aller sur le front pour casser du boche, Steve apprend à Diana les rudiments de la vie moderne et à se tenir correctement, comme une femme doit le faire quoi. Entre deux gags qui tournent le plus souvent sur la bite du pilote et la teucha de Wonder Woman (Nan sérieux ça vole pas plus haut), je m’aperçois que le type devant a relevé sa tête et que du coup je ne vois plus les sous-titres. Ça m’occupe de les lires, je pense moins à mon dos qui souffre le martyr.

Du coup, je lui demande gentiment si il est possible qu’il reprenne sa position initiale. Il me répond qu’il est désolé, mais qu’il a du mal à trouver une position confortable. Feel you bro, feel you. J’insiste pas, de toute façon c’est pas comme si il y avait grand chose à comprendre.

A ma droite j’ai une maman et son gamin qui commentent donc c’est pratique si un élément m’avait échappé. Je crois que le gosse est devant le film de sa vie, mais je soupçonne que Gal Gadot y soit pour quelque chose. A ma gauche un type qui s’affale de plus en plus sur mon côté et qui commente aussi, mais d’une manière différente : « WOOOOH ! PUTAIIIIIN ! NAAAAAAN ! ». J’ai l’impression d’être au cirque, quand le cracheur de feu fait son truc ou que le lion saute dans un anneau. Ah attendez il se passe un truc ! Finalement Diana et sa clique débarque dans les tranchés, là où le film se la joue « la guerre c’est mal, regardez ces atrocités ! ». Oui bon ok, sauf que le film est une comédie PG-13 donc vous foutez pas de ma gueule non plus.

Arrive finalement le climax du film, probablement un des plus mal branlés que j’ai pu voir. Les angles de vue sont d’un autre monde, la caméra devient folle, comme possédée. P’tain c’est illisible, les FX du stagiaire me font mal aux yeux. Les gens gueulent, je crois qu’ils ont le film de la décennie.

Rebelote pour le branlage de nouille, on écoute du Edith Piaf (L’impression que pour le reste du monde on a une seule chanteuse), la love story se précise et le public gueule encore : « Ouais baise la ! Allez baise la ! WOOOOOUH !!! ». Welcome to beauf land, mettez fin à mes souffrances par pitié.

S’ensuivent encore quelques mésaventures, ou l’on croise encore le Docteur Maru, et qui me rappelle de plus en plus quelqu’un. Mais..Non ils n’auraient pas fait ça…Mais si bordel ! C’est Elena Anaya de Lucia et le Sexe ! Mais pourquoi cacher ce si beau visage ? Pourquoi lui donner un rôle aussi insignifiant ?

Je repense à la séance de La Classe Américaine au Max Linder qui se joue à quelques mètres. J’aurais pu avoir un masque Steve McQueen en plus, en carton sûrement de mauvaise qualité certes mais quand même.

Réveil dans la terreur, le film n’a pas bougé d’un pouce. Finalement l’assaut final sur un parking maquillé en base militaire, et un combat où le méchant arbore une armure indigne d’un cosplay. Diana a gagné, moralité, l’amour est le seul truc à faire contre la guerre. Ah ouais sans dec ? Oki.

J’essaye de me lever, pas trop vite car mon dos n’existe plus vraiment, afin de quitter cet endroit. En bas, un type me demande si c’est possible de donner mon avis sur le film. Je lui répond que ok, mais par contre j’ai vraiment trouvé ça nul à chier hein. Ça le fait marrer, mais il me dit que ce n’est peut-être pas une bonne idée du coup. Je pars mais je regrette, peut-être que ma maman aurait pu me voir à la TV. En même temps, je n’ai jamais vu quelqu’un dire d’un film qu’il est à chier à la TV.

Mais moi je vous le dis, et peu importe si le film est unanimement considéré comme le meilleur film de super-héro depuis 1938 : Wonder Woman, ça vaut pas un clou. Warner, à défaut de se remettre en question après avoir coupé 30min de Dawn of Justice et changé Suicide Squad de A à Z, à fait le choix de Marveliser ses franchises. A vous de voir si c’est votre truc, mais faudra pas se plaindre de bouffer deux fois plus de ce genre de blockbuster dans les années à venir.

Le point c’est pour Gal Gadot qui y croit vraiment.

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.