Critique: Don’t Breathe

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Rating: 4.0/5 (2 votes cast)

Don’t Breathe

De Fede Alvarez

Avec Stephen Lang,  Jane Levy, Duran Minnette, Daniel Zovatto

États-Unis – 2016 – 1h28

Rating: ★★★☆☆

 

 

Alex, dont le père travaille pour une société de sécurité à domicile, a l’habitude de faire des cambriolages dans les maisons des clients de ce dernier, avec l’aide de Rocky et de son petit ami Money. Le trio décide de faire un dernier gros coup en s’attaquant au magot d’un vétéran devenu aveugle au combat, planqué quelque part dans sa maison, perdue dans un quartier abandonné de Detroit. Mais leur proie s’avère être bien plus coriace qu’ils ne l’avaient pensé…

Considéré depuis son remake gore d’Evil Dead comme un des fers de lance de la nouvelle garde de l’horreur, Fede Alvarez , avec Don’t breathe, s’attaque au home invasion, genre toujours plaisant mais qui brille rarement par son originalité. Néanmoins, le réalisateur parvient à le déconstruire avec brio, jouant sur l’inversion des valeurs, les intrus devenant les victimes du propriétaire des lieux, aveugle mais surentraîné en matière de survie.

La grande force de Don’t Breathe réside essentiellement dans l’ingéniosité de la mise en scène et d’un scénario exploitant tous les ressorts horrifiques inhérent au handicap du prédateur: s’il ne peut voir, son ouïe est particulièrement fine et son passé militaire lui donne un atout non négligeable, ce qui oblige les héros à ne pas faire de bruit. Le film exploite donc tous les ressorts inhérents à cette situation,jouant sur les attentes du spectateur tout en créant la surprise, à la manière d’un Pas un mot (Hush, home invasion de Mike Flanagan) inversé.

 

S’ouvrant sur un flashfoward glaçant donnant au spectateur certaines pistes sur la tournure des choses, le film prend le temps de poser le background des protagonistes afin de bien placer moralement le spectateur de leur côté, montrant la misère dans laquelle ils évoluent ,qui les poussent à franchir la ligne et commettre des actions condamnables, car pour que fonctionne des valeurs, il faut bien évidemment les entériner comme héros.

Puis vient l’entrée dans la maison, morceau de bravoure du film, une séquence impressionnante où Alvarez s’amuse à suivre ses protagonistes en s’attardant par moment sur des détails du décor qui seront essentiels à l’intrigue, informant le spectateur du danger bien avant que les personnages n’en aient conscience. Une nouvelle fois, Alvarez démontre son ingéniosité.

Pour la suite, mieux vaut ne pas en dire plus pour ne pas spoiler car Don’t Breathe repose sur un scénario savamment twisté, les retournements de situation permettant de brouiller les pistes, jouant sur le mélange des genres et les références ciné afin de tenir le spectateur en haleine. Le tout accentué par l’impressionnante prestation quasi muette de Stephen Lang, en prédateur méticuleux et froid. , .

Cependant, il y a quelque chose de très ostentatoire dans Don’t Breathe, multipliant les références ciné, cherchant à tout prix à surprendre le spectateur quitte à aller un peu trop loin et flirter avec les frontières du wtf. Comme s’il fallait nécessairement créer un rebondissement toutes les 5 minutes et repousser plus loin de glauque à la manière d’un épisode d’Esprits Criminels .

Néanmoins, on peut retenir que Don’t Breathe tente de renouveler un genre aux codes difficilement contournables  (lieu unique, action qui soit tenir en une nuit) et y parvient tout de même en contournant le problème par l’inversion des valeurs, le chat devenant souris et inversement. De quoi passionner les amateurs du genre !

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.