Page de Pub n°3

 

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Le 13 octobre dernier comparaissaient devant le Tribunal de grande instance de Paris sept membres du collectif anti-pub « les Déboulonneurs » pour une action menée à Gare de Lyon le 2 mai. Ils risquent chacun des amendes de 300 à 400 euros ainsi que 1500 euros demandés par la SNCF pour les frais d’avocats. Ce genre d’actions non-violentes ont pourtant le mérite de nous interroger sur l’omniprésence de la publicité dans l’espace public. En effet, si elle a prouvé son efficacité à pousser à la consommation, on peut légitimement penser que la publicité a d’autres effets encore plus néfastes sur nos cerveaux stimulés à outrance. On peut aussi se demander pourquoi la gestion de l’espace publicitaire est laissé à des boites privés tels que JCDecaux et pourquoi ces questions ne s’invitent jamais dans le débat politique. En attendant le jugement fixé au 9 novembre, je vous invite à vous renseigner sur l’actions des Déboulonneurs en visitant leur site internet : www.deboulonneurs.org/.

Revenons-en à nos moutons et aux publicités qui ne s’invitent pas sur l’espace publique (quoique…) mais viennent effrontément scinder nos films à la télévision. Il arrive parfois que ces spots soient également réalisés par de grands noms du cinéma. Pour le meilleur ou pour le pire…

 

« Le passage » et « Nuages » – Michel Gondry pour Air France.

En 1999, Michel Gondry partage avec Spike Jonze (que nous retrouverons bien évidemment dans cette rubrique…) le leadership du vidéo-clip. Naturellement, ils sont très courtisés par le monde de la publicité et Gondry signe alors son coup de maître en collaborant avec Air France pour ce spot intitulé « Le passage ». Tout est dans le titre puisque l’on est amené à suivre un avion en fond de cadre dont le trajet interagit avec le premier plan. On retrouve toute la créativité et la puissance ludique du cinéma de Gondry. Tel un Magritte du 7èmeArt, il déconstruit l’image pour jouer avec notre perception. Son travail atteint avec ce spot une grâce incroyable et tout ça sur le planant Asleep from day des Chemical Brothers, morceau qu’on croirait spécialement composé pour cette vidéo.

Forcément, la publicité rencontre un énorme succès et Air France refait appel au réalisateur pour tourner une suite trois ans plus tard. Retrouvant le son des frangins chimiques et le principe de lien entre les différents plans qui composent l’image, Gondry en a encore sous la pédale et invite cette fois-ci les nuages dans notre quotidien. L’effet de surprise est certes passé mais l’inspiration et exécution forcent encore une fois le respect.

 
 

Tim Burton pour Hollywood Chewing gum.

Alors que son désormais célèbre Superman Lives périclite à Hollywood, Tim Burton réalise ce spot pour les chewing-gums du même nom. Le cinéaste retrouve l’univers Disney (studio qui l’avait licencié mais avec lequel il signera plus tard un pacte des plus faustiens) en racontant la spectaculaire évasion d’un nain de jardin pour retrouver sa bien-aimée Blanche Neige. Partant de l’imagerie banlieusarde américaine typique pour glisser vers le conte, cette sage mais très sympathique publicité permet donc à Burton d’explorer ses thématiques fétiches et de retrouver le fun décomplexé d’un Mars Attack. Il n’est pas interdit non plus de penser au cinéma du studio Pixar.

 
 

« Le loup » – Luc Besson pour Chanel.

On reste en 1998 et dans l’univers du conte avec ce spot de Luc Besson. En effet, Chanel fait appel au réalisateur du 5ème élément pour vanter les mérites de leur célèbre Chanel n°5 en reprenant le Petit chaperon rouge. L’héroïne (forcément) blonde est interprétée par Estella Warren, mannequin qui a pu un moment croire à une entrée flamboyante dans le cinéma hollywoodien en signant pour La planète des singes de Burton. C’est d’ailleurs sur la musique d’Edward aux mains d’argent que l’on peut suivre les aventures de ce Petit chaperon qui s’apparentent ici plus à un casse qu’à une visite chez mère grand. Dans des plans en courtes focales caractéristiques, Besson fait pénétrer son héroïne dans un décor qui n’est pas sans rappeler le cerveau de Hal dans 2001. Elle y dérobe alors non pas un petit pot de beurre mais bien un flacon de Chanel n°5 autrement plus onéreux. C’est alors que le grand méchant loup débarque tel un chien de garde mais est vite mis hors d’état de nuire par un simple « chut » de la belle. Et voilà notre Petit chaperon qui disparaît sous la neige avec au fond, la tour Eiffel illuminée. C’est glamour, c’est simple(t), c’est efficace mais ça aurait aussi bien pu être réalisé par Tim Burton pour Mon Chéri.

 

 

M.Night Shyamalan pour Best Buy.

Lorsque Shyamalan réalise une publicité, c’est forcément un peu flippant. Mais on est alors en droit de se demander si tel était vraiment l’objectif de Best Buy pour présenter leur GPS. Pourtant, lorsque celui-ci se double d’un inquiétant sosie de Michael Pena qui vient indiquer le chemin en se posant aux endroits les plus impromptus, difficile de ne pas se chier dessus ! Et la petite folk festive à deux balles n’y changera rien ! Et tout ça pour quoi ? Pour aller voir la plus grosse pelote de ficelle du monde bien entendu ! Finalement, c’était pas si débile Phénomènes

Spéciale dédicace à Theman Fromparaguay qui m’a soumis cette étrangeté via Facebook. Merci.

 

Page de Pub n°1 c’est par ici, et pour le numéro 2, c’est par là

 

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.