Critique: Gods of Egypt

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Gods of Egypt
De Alex Proyas

Avec  Nikolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Courtney Eaton, Brenton Thwaites, Élodie Yung, Geoffrey Rush

Etats-Unis/ Australie – 2016 – 2h07

Rating: ★★★★☆

GodsOfEgypt

L’ Egypte ancienne, du temps où les Dieux vivaient sur le même plan de réalité que nous autres simples mortels. Le jour de son couronnement à la succession du trône tenu jusque-là par son père Osiris, Horus est destitué publiquement en combat singulier par son oncle, le dieu Seth, qui a décidé qu’il était temps que vienne son heure de gloire. Tandis que ce dernier règne en véritable despote, des adorateurs d’Horus fomentent en secret le retour de l’héritier déchu, même si celui-ci n’est pas forcément au courant..

..eh bien eh bien si la tension est à son comble entre chaque sortie de blockbusters super-héroïques et autres mammouths peut-être inter-spatiaux mais assurément paresseux et boursouflés, il se pourrait bien que le public trouve finalement son lot de divertissement dans une franchise sortie de nulle part, n’appartenant à personne d’autres à part ses auteurs. Attention, je trouve que la critique en général a été plus qu’injuste avec Batman v Superman: Dawn of Justice (tout à fait lisible en réalité, pour moi la déception est ailleurs – que je ne vais pas spolier même si ça a déjà fait le tour de la Toile – disons simplement le ressort qui fait s’unir les deux héros face à la menace commune) mais je crois qu’ Alex Proyas vient de réussir brillamment là où Zack Snyder a un peu peiné : l’installation d’un univers, la présentation d’une mythologie, des personnages qui la peuplent et des enjeux qui les divisent. Tout ceci avec une grande clarté, et je pense que c’est surtout ça qui va soulager grandement l’audience dès les premières minutes.

En donnant très légèrement à son récit quelques tonalités proches des tragédies antiques ou shakespeariennes, les liens qui unissent les personnages se dénouent sous les yeux du spectateur au fil du récit de façon plus participative pour lui. On est toujours dans le mainstream, mais du mainstream bien confectionné, c’est pas plus compliqué : le réalisateur a d’une part serré son intrigue en réduisant son casting (par exemple on ne nous montre pas tout le Panthéon, on apprend juste que ceux qui se sont dressés contre Seth l’ont payés de leurs vies) lui permettant de se reposer davantage sur les interactions entre les comédiens dans lesquels – et c’est manifeste à l’écran ( je pense notamment à la confrontation entre Râ et Seth) – il a une confiance totale. Et il a bien raison, ils font tous un boulot formidable : Butler assure sans cabotiner, Coster- Waldau (Jamie Lannister dans Games of Thrones) toujours aussi pince-sans-rire quoi qu’il fasse, Elodie Yung irradie littéralement de raffinement, Geoffrey Rush impeccable comme d’habitude.. Courtney Eaton et Brenton Twaites, dans le rôle de la jeunesse amoureuse, ont malheureusement droit à des tirades un peu moins épiques mais ils sont très bien aussi.

Et pour en finir avec le parallèle super-héroïque, ajoutons que les auteurs ne manquent pas de donner une ampleur plutôt significative à la sempiternelle histoire rabâchée de la lutte entre Bien et Mal : plutôt que d’invoquer des grandes valeurs qu’on a parfois du mal à voir exister en-dehors des beaux discours, on nous donne ici une ampleur et une dimension à la mesure des fonctions divines. De plus le film ne se résume pas qu’à des affrontements titanesques, il prend bien soin de garder un point de vue à échelle humaine au travers des personnages de Bek et Zaya (ce qui plaira ou agacera c’est selon) en tout cas cela permet de renforcer le côté un peu « train fantôme », de légitimer d’autant mieux quelques péripéties, ça n’est pas si désagréable – une petite pensée émue au passage pour le trop-mésestimé John Carter.

L’histoire n’en demeure pas moins celle du dieu Horus, de son propre périple initiatique, et même si les fans du monde entier pourraient bien avoir envie de supplier Alex Proyas de réaliser une adaptation-live des Chevaliers du Zodiaque (moi y compris, j’ai pas peur de le dire) les aventures de son héros ne font que commencer, laissant envisager sans le moindre doute une suite immédiate. Et je pense vraiment que le meilleur du spectacle est encore à venir..

Nonobstant2000

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