Un film en un plan: In the Folds of the Flesh

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Alors qu’il venait d’essayer de la violer, une jeune fille tue son père pendant qu’il s’en prend à la gouvernante qui avait tenté de s’interposer. Cette dernière ira ensuite enterrer celui-ci dans un coin du jardin. Un quidam qui l’espionnait sera arrêté par la police et emprisonné. Très bien. Depuis, la gouvernante mène  avec la jeune fille et son fils à elle une existence recluse dans leur somptueuse villa. Oui mais le réel ne cesse de vouloir s’immiscer et la fille, devenue adulte depuis, à tendance à répéter encore et encore son traumatisme d’enfance avec tous les invités – avec l’issue que l’on connaît. Mais ça va, le bac pour les bains d’acide de l’atelier de taxidermie dans le cabanon est là pour pallier à d’éventuelles suspicions. Oui mais voilà, le quidam qui avait espionné la gouvernante est sorti de prison et compte bien tirer parti de leur lourd secret familial. Mais ça va, les capsules de cyanure récupérées par la gouvernante du temps où elle était dans les camps de concentration vont enfin pouvoir trouver leur utilité finalement, et le bac pour les bains d’acide de l’atelier de taxidermie dans le cabanon est là pour pallier à d’éventuelles suspicions. Oui mais voilà, le père que l’on croyait mort ne l’est pas et revient rendre visite à toute la famille, accompagnée de sa fille, traumatisée par le meurtre. Mais alors, qui est mort cette fameuse nuit si ce n’est pas le père ? Et qui est la jeune femme que l’on prenait pour la fille, et qui répète inlassablement le meurtre de cette fameuse nuit ?

IN THE FOLDS FOR THE FLESH

– ahem, comme le témoigne donc la photo ci-dessus, nous sommes ici sous le signe du dédoublement (et les effets kaléidoscopiques seront implacablement repris pour chaque séquence de flash-backs) le film s’ouvrira d’ailleurs sur une citation de Freud qui explique que d’une façon ou d’une autre, tout traumatisme de l’esprit finira tôt ou tard par se stigmatiser également dans la chair. Mais une citation certifiée psychanalytique ne justifie pas tout, et cette production italo-espagnole de Sergio Bergonzelli n’est pas pour les goûts de tout le monde : les twists renversés à l’infini, les acteurs en roue libre, des scènes de violence sexuelle un peu étirées, pas toujours vraiment très écrites non plus, du meurtre cheap à la brouette carburant parfois à l’inceste, une scène historique dans les camps de concentrations vue comme une petite provocation historique et un prétexte supplémentaire pour un peu plus de nudité féminine frontale. Encore à ce jour, quiconque considérerait In the Folds of the Flesh comme un objet de fascination un peu décalé risque fort de  se voir dénoncé à la police.

Ce qui m’aura intéressé moi tout du moins et que j’ai trouvé du point de vue scénaristique très intéressante (en tant que ressort dramatique d’abord, et fascinante ensuite comme point de départ pour une réflexion ou une recherche  sur la transcription visuelle du concept de « mémoire sélective ») concerne cette insistance à revenir inlassablement sur l’élément traumatique et à en dévoiler à chaque fois une facette nouvelle, des antécédents inédits, un niveau de complexité supplémentaire. Réelle volonté créatrice ou bien simple opportunisme d’exploitation nous ne le saurons jamais, et il est vrai que les moyens employés pourraient venir à bout des volontés les mieux intentionnées. Nanard ou bien pièce artisanale à considérer pour les qualités de ses défauts, You Decide ! – la Rédaction décline cependant toute responsabilité  concernant le réveil de pulsions enfouies telles que porter des perruques ou encore élever des vautours.

 

                                                                                                         Nonobstant2000

 

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