Un film en un plan: House

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Blessée de voir son père finalement décidé à se remarier, Angel, une adolescente japonaise s’en va passer les vacances en compagnie de six amies d’école, et rendre visite à une tante éloignée dans sa maison de campagne. Alors alors alors on est une bande de copines, et vas-y qu’on se frotte le nez, oui mais voilà que tout d’un coup le chat à tata se met à lancer des rayons lasers par les yeux.. N’ y allons pas par quatre chemins, baroque has a name, le film de Nobuhiko Obayashi dispose d’un statut plus que culte sur la Péninsule, au point d’être carrément à l’origine de nombres de vocations de cinéastes et de critiques pour toute une génération – le film date de 1977.

Celui-ci confronte en effet dans le bruit et la fureur et les flots de sang (ne parlons pas du piano qui veut bouffer tout le monde) l’iconicité des productions pour ados (visages sur fond lumineux, ciel de papier peint,..) avec un surnaturel trash, graphique, mais surtout dévergondé au possible dont l’intensité n’a encore été que rarement égalée au jour d’aujourd’hui.. Ce qui s’en rapprocherait le plus pour essayer de vaguement vous donner une idée (n’essayez même pas de penser à Sam Raimi ou à Peter Jackson à leurs meilleures périodes) serait quelque chose comme Save The Green Planet (datant de 2003) mais on pourrait presque dire qu’il y a encore trop de temps psychologiques dans le film pourtant joyeusement déjanté et foutraque de Joon-Hwan Jang (…) Pour beaucoup, et certains arguments sont indéniablement manifestes, House EST, véritablement, « le film le plus fou du Monde ».

HAUSU

Il y a une volonté palpable (v. image ci-dessus) de vouloir toujours repousser les limites de l’outrance en faisant se dérouler le plus de catastrophes possibles dans un seul et même lieu, et d’ajouter à la pelle le plus d’effets possibles.. Aussi tout y passe : de la surimpression kitchissime d’ effets cartoons sur les personnages, du stop-motion rappelant le meilleur des films d’animations tchèque, la maison on se demande comment elle tient toujours debout. Les personnages par contre, on sait pourquoi ce n’est pas le cas. L’horreur surgit de n’importe quel cabanon et s’empresse d’effrayer la jeunesse avec une fringale que cette dernière n’aurait certainement jamais pu anticiper. C’est le problème encore une fois des gens issus d’une génération qui a connu la Guerre, ceux qui ont survécu se retrouvent avec un sens de l’humour quelque peu altéré. Pour peu qu’ils aient enduré un amour tragique et qu’ils pratiquent la Magie Noire, vous voyez d’ici le tableau.

 

                                                                                                       Nonobstant2000

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