Critique: Exodus – Gods and Kings

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

Exodus

de Ridley Scott

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro, Aaron Paul, Sigourney Weaver

Etats-Unis/Grande-Bretagne / Espagne – 2014 – 2h31

Rating: ★★★★★

exodus

Après la gaudriole Prometheus, la promesse d’un grand film épique comme le furent Gladiator et Kingdom of Heaven faisait attendre avec impatience ce Exodus. D’autant plus que le genre du Biblical-Epic a peu été représenté ces derniers temps, à l’exception de Noé de Aronofsky.

Scott étant Scott, il convient de préciser d’emblée que le film a probablement été charcuté dans cette version salle, et le sentiment qu’il manque une bonne demie-heure se fait sentir des la première partie. Si les liens du cœur qui unissent Moïse et Ramses restent tangibles de part ses interprètes (Bale et Edgerton sont formidables), la méfiance de ce dernier quand aux origines de son frère n’est que survolée, de même que la plupart des personnages secondaires. Ainsi, Sigourney Weaver a deux lignes de dialogues et Aaron Paul n’est là qu’en spectateur extérieur des visions de Moïse parlant à Dieu.

Ridley Scott a donc énormément à dire en peu de temps, mais l’avantage étant que le rythme se voit cadencé à 100 à l’heure. De la guerre contre les Hittites servant d’introduction à l’exil de Moïse, en passant par les plaies d’Egypte et les tentatives de libération du peuple Hébraïque, la densité est telle que l’on a guère le temps de bailler.

Mais au delà d’un spectacle dantesque qui nous fait revivre les grandes heures du Péplum, la nature fatalement religieuse du sujet semble avoir été minutieusement réfléchie par le réalisateur.

Car si Moïse est d’abord opposé à toute forme de religion, sa foi nouvellement acquise à la suite de circonstances douteuses (Il prend une pierre sur la gueule) le verra commettre des actes plus proches d’un terroriste que d’un sauveur. Surtout, il le fera pour un Dieu tout sauf bienveillant.

Ici, on pensera au Excalibur de Boorman, ou les anciens dieux étaient voués à disparaître au profit d’un dieu unique, leur colère divine s’abattant sur le royaume et le Roi Arthur.

Les plaies d’Egypte sont à ce titre assez effroyables, notamment cette attaque de crocodiles particulièrement impressionnante. Finalement, et si les actes de Ramses sont également répréhensibles vis à vis des esclaves hébreux (Il fait pendre des familles chaque jour jusqu’à ce que Moïse se rende), ne le fait-il pas également pour son peuple et sa famille ? La situation est même totalement inversée après la dernière plaie, une tragédie sans nom.

Il n’y a donc aucun manichéisme, mais des questions d’ordre religieuse qui ne peuvent que renvoyer au conflit Israélo-Palestinien. Et loin de moi l’idée de m’étaler dans des considérations géo-politique, mais le parallèle est tellement fort que j’en ai encore mal à la mâchoire. Et c’est la que Exodus dépasse son statut de spectacle (colossal, et je pèse mes mots) pour toucher à quelque chose de beaucoup plus actuel, avec une intelligence remarquable. Si on attendra la version longue pour parler de date dans l’histoire du Cinéma (ce qui est en bonne voie), nul doute que nous tenons la le film de l’année et de très loin. Tournée en seulement un mois, tout de même.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.