Critique: Z Nation (saison 1)

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Z Nation (saison 1)

De Karl Schaefer et Craig Engler

Avec Kellita Smith, DJ Qualls, Keith Allan, Anastasia Baronova, Michael Welch, Russell Hodgkinson, Nat Zang, Pisay Pao, Tom Everett Scott et Harold Perrineau.

Etats-Unis – 2014 – 13 épisodes de 44 min

Rating: ★★★★★

 

Z NATION

Apocalypse. Zombies partout. Trois ans après. New York, Le Lt Hammond, unique survivant d’un commando Delta Force peuh-peuh-peuh essaie de faire rallier la Californie à un certain Murphy, autrement appelé « Patient Zéro », à savoir un ancien prisonnier utilisé de force comme cobaye aux recherches menées par l’Armée Américaine pour essayer de trouver un antidote à l’épidémie qui menace déjà très fortement l’Humanité il faut bien le dire. Il croisera sur sa route un groupe de survivants qu’il réquisitionnera pour tenter de mener à bien sa mission.

Quand il s’agit de présenter cette nouvelle série on ne manque jamais d’insister sur le fait que c’est une production Asylum, société souvent qualifiée d’opportuniste puisque cantonnée jusque là dans les remakes de blockbusters, dont souvent le sensationnalisme est aussi grandiloquent que le budget de la dite production est dérisoire. Ce serait dommage pourtant d’en rester sur des on-dits car la dite-société de production n’aura peut-être jamais aussi bien porté son nom, avec Z Nation nous avons en effet bel et bien affaire ici à un superbe travail d’auteurs à part entière qui force absolument le respect par son inventivité trépidante, et le souci de renouvellement constant de celle-ci.

Difficile en effet de se confronter au créneau de The Walking Dead, c’est pourquoi les producteurs choisiront d’en prendre le contre-pied total: aux dilemmes moraux du premier se substitue l’humour, aux récits étalés sur plusieurs épisodes on préférera raconter une seule histoire par épisode (même si ceux-ci sont les étapes d’une trame plus générale) pour explorer un aspect en particulier du monde d’après l’Apocalypse, et tirer le maximum possible de situations abracadabrantes du postulat donné ; c’est bien simple  à chaque fois que je parle de cette série, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à Pif Gadget, et c’est exactement de cela qu’il s’agit: ici une tornade de zombies, là un bébé-zombi, puis encore un ours zombi, puis encore des zombies irradiés et fluorescents, bref les concepteurs se font une joie absolue et délectable de décliner le zombie à toutes les sauces. Mais l’on croisera également un culte religieux fanatique ainsi que moult exemples de sociétés alternatives : famille de cannibales, regroupements survivalistes fondus des concours de tirs ou bien une communauté féministe très new-age mais aussi très rigoristes. Bien sûr la série a beau ne pas se prendre au sérieux une seconde, il demeure quelques éléments dramatiques inhérents au sujet, et il semble que les auteurs prennent un malin plaisir à faire chanceler à peu près toutes les conventions, y compris celle des personnages récurrents et des héros attitrés  (le personnage d’Harold Perineau dans le premier épisode, ou bien encore un autre que je ne spoilerai pas) mais cela ne fait que renforcer la notion d’ Aventure Humaine, où chaque individu est amené qu’il le veuille ou non à repousser ses limites personnelles et à assumer des responsabilités de plus grande ampleur, sans que cela soit martelé pour autant à la tête du spectateur, ce qui parfois est très bien aussi.

Formellement, la mise en scène s’avère bien moins démonstrative que l’autre série concurrente que l’on ne peut s’empêcher de mentionner (et qui elle peut s’offrir des reconstitutions de villes ravagées entières). On trouvera peut-être moins de plans d’ensemble, au profit d’une certaine variété et aussi une certaine précision du cadre en général, dans les scènes d’actions en particulier, ainsi qu’un montage plutôt énergique. Rompus certainement aux budgets limités, les producteurs offrent néanmoins de véritables pépites en termes de scénographies, les décors ont beau n’être parfois que des chantiers de peintures à peine déguisés, c’est toujours très bien amené au regard de la situation, et ni vu ni connu ça passe toujours impeccable à l’écran  – sur ce point je dois bien avouer un faible non-objectif pour une scène en particulier, je ne sais plus quel épisode, où le Doc est coincé dans un enchevêtrement de câbles d’ascenseur avec un zombie (se croyant perdu, il décide par ailleurs de valeureusement fumer un dernier pèt) qui s’avère un chef-d’œuvre de minimalisme. Les soit-disant câbles d’ascenseur sont manifestement des tuyaux de douche entremêlés, il n’ y a pas le moindre doute à ce sujet, mais qui à coups de contrastes savamment balancés renvoient directement (dans une scène en plan-fixe pourtant) à l’esthétique déjantée et bouillonnante des premiers films de Shinya Tsukamoto (et à Tetsuo en particulier) et vraiment c’est un bien bel hommage, tout à fait inattendu et absolument sublime.

Z Nation (2014)

Après, tout n’est pas complètement fauché non plus dans cette série, mais l’une de ses principales qualités est bien justement d’osciller entre un traitement de l’image tout à fait dans l’air du temps, où l’on perçoit que les effets de synthèse prennent parfois le dessus sur les maquillages, et ce cachet délicieusement foutraque, ouvertement cache-misère parfois mais toujours magnifiquement exploité. De peur donc que nos lecteurs soient passés à côté de cet ovni magnifique, je me devais de prendre la parole et tenter de rétablir cette injustice : la série a été renouvelée pour une deuxième saison, mais à deux épisodes maintenant de la fin de la première, on se demande bien sur quoi elle va aboutir, car il semble bien que tout soit possible dans cet univers farfelu à souhait.

 

Nonobstant2000

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