Critique: The Poughkeepsie Tapes

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The Poughkeepsie Tapes

De John Erick Dowdle

Avec Stacy Chbosky, Ben Messmer et John Erick Dowdle

États-Unis – 2007 – 1h26

Rating: ★★★★☆

Naughty Bear vous a parlé il y a quelques jours de Catacombes, dernier film en date du réalisateur/scénariste John E, Dowdle. John et son frère, Drew Dowdle (qui est aussi son binôme dans le processus d’écriture), sont les auteurs d’un film maudit et peu connu : The Poughkeepsie Tapes. Sorti dans quelques salles obscures américaines en avril 2007 ainsi que sur une plate-forme VOD, le film ne connaît à ce jour aucune exploitation salle ou domestique digne de ce nom. Il va falloir farfouiller pour trouver une copie, peut-être même qu’un jour vous découvrirez mystérieusement une VHS ornée du titre The Poughkeepsie Tapes dans votre boite aux lettres, à la The Ring style. Si cela arrive, surtout ne la regardez pas, cette cassette maudite vous obligera à faire face à la porte de votre chambre pour pouvoir dormir. Vous aurez le sentiment qu’une présence hante les recoins sombres de votre appartement. The Poughkeepsie Tapes est un faux documentaire/found footage qui a la brillante idée de laisser porter la caméra à un serial killer.

Les frères Dowdle nous plongent dans les dédales d’un esprit malsain, horriblement sadique et malade. On découvre avec horreur le tueur filmer les traques, les meurtres et les tortures qu’il inflige à ses victimes. L’enlèvement de Cheryl Dempsey est une des scènes les plus fortes émotionnellement, à vous glacer le sang. On peut voir le tueur s’introduire dans la maison, longuement s’y balader et observer la victime depuis le placard avant de passer à l’action. Autant de scènes plus glauques les unes que les autres, laissant apparaître un des serial killers les plus cruels et malins de l’histoire du cinéma. Les scènes filmées par le tueur ont une qualité VHS dégueulasse, renforçant le malaise et le sentiment d’oppression. On a rarement vu un tueur jouer autant avec les réactions des victimes, mêmes les enfants y passent (le premier meurtre ne peut pas vous laisser indifférent).

L’horreur psychologique est éprouvante dans The Poughkeepsie Tapes, elle fait mal. Tout est fait pour rendre le tueur mystérieux et manipulateur, les différentes interviews d’enquêteurs et de policiers ne sont là que pour témoigner de leur impuissance face à un esprit si dérangé. Le concept est exploité du début à la fin, jamais les Dowdle ne cèdent à une mise en scène trop élaborée ou à quelques effets de style dénotant avec le procédé de base. La mise en scène parfois théâtrale des meurtres, concoctée par le malade lui même, suffit amplement à faire passer le frisson aux spectateurs. Le travail sur le son est exemplaire, les petits ricanements discrets ou les sons de tuyaux rouillées décorent les images en décuplant leur impact. Vous préférerez être en Enfer plutôt que dans le sous-sol humide de l’ogre imaginé par les frères Dowdle. On a l’impression que le maniaque se pose comme seule et unique question : « Qu’est-ce que je pourrais faire pour terroriser mes victimes avant de les assassiner brutalement ? » Et on en peut pas dire que le bougre manque d’imagination dans le domaine.

The Poughkeepsie Tapes est une œuvre bien pensée, qui connaît les limites de son concept mais qui parvient à le pousser dans ses retranchements. Un film d’horreur qui vous poursuit bien après le générique, des images qui vous restent dans la tête et une scène d’interview finale qui vous met un coup de massue. Une œuvre déprimante, glauque et touchante. On peut regretter certains passages un peu maladroits dans les interviews, mais l’essentiel que l’on est en droit d’attendre d’un found footage est bien là, du frisson et de l’angoisse comme si vous y étiez. Méfiez-vous de vos voisins.

 

Gutbuster

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About Gutbuster

Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !