Critique: The Dark Valley

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Das Finstere Tal

D’Andreas Prochaska

Avec Sam Riley, Tobias Moretti, Paula Beer et Helmuth Häusler

Autriche/Allemagne – 2014 – 1h54

Rating: ★★★★☆

Quelque part dans le Tyrol en 1875. Greider, un photographe venu d’Amérique, vient s’installer pour l’hiver dans un village de bûcherons perdu dans les montagnes et soumis à la tyrannie des fils du vieux Brenner. Lorsque les horribles frangins commencent à mourir un à un dans des circonstances mystérieuses, Greider se retrouve dans le collimateur des Brenner.

Venu du slasher (3 jours à vivre 1&2), le réalisateur autrichien Andreas Prochaska met à profit sa gestion de la violence cinématographique pour l’appliquer dans le cadre d’un western crépusculaire troquant les grands espaces de l’Ouest américain aux vallées enneigées des Alpes. Une transposition du genre dans l’ère du temps puisque le western n’arrête pas de muter depuis le changement de millénaire, de plus en plus enclin à se dérouler dans des lieux et des époques insolites, que ce soit dans un champ durant la Révolution anglaise (A Field in England) ou des plaines rocailleuses post-apocalyptiques (Young Ones).

La grande réussite de The Dark Valley est d’arriver à sonner comme un western ricain tout en conservant sa langue de Goethe, y compris pour sa vedette anglaise Sam Riley (Control, Sur la route, Byzantium). Véritable perfectionniste dans la construction de ses plans, Prochaska suit la voie ouverte il y a plus de vingt ans par Clint Eastwood et son inusable Impitoyable tout en saupoudrant son histoire de vengeance sommaire de percées sadiques rappelant la sauvagerie du western spaghetti.

S’il n’est pas spécialement le plus subtil, The Dark Valley reste un western puissant par son manichéisme efficace (les méchants sont de vrais salauds à la Corbucci et le héros-vengeur n’a aucune pitié) amenant une catharsis galvanisante comme on les aime. Quelques défauts (une première demi-heure qui traine un peu trop dans la grange, la paille et le bol de soupe au coin du feu, l’utilisation parfois inappropriée de morceaux pop sur la bande-son, des accessoires un peu gadget comme le daguerréotype et le métronome….)  qui ne viennent pas pour autant casser la dynamique du film et sa sourde montée de violence. Exercice réussi !

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».