Critique de Over your dead body [L’Etrange Festival 2014]

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Over your dead body

De Takashi Miike

Avec Ichikawa Ebizo, Ko Shibasaki

Japon – 2014 – 1h34

Rating: ★★★★☆

Miyuki et Kosuke, en couple dans la vie, doivent interpréter au théâtre Le fantôme de Yotsuya. Il s’agit d’une des premières, voire la première histoire de fantôme japonaise connue. Mais au fur et à mesure des répétitions, rêve et réalité se confondent, influant sur leur relation…

Pour ce long-métrage, Takashi Miike prend son temps, au risque de perdre l’attention de certains spectateurs. C’est un peu comme Hideo Nakata avec sa trilogie Ring, mais l’explication en moins car ce n’est pas cela qui intéresse le metteur en scène iconoclaste. Pour lui, l’intérêt est d’abord sur la mise en abyme du couple, ils doivent s’entre-déchirer dans la pièce, ils commencent à se délaisser dans la vie quotidienne. Il y a une femme très jeune en troisième point d’équation dans la pièce, l’actrice jouant ce personnage se rapproche de Kosuke. À cela s’ajoute l’obsession maladive voire folle de Miyuki d’avoir un enfant, traduit dans le film par une poupée qui pleure et une séance gore de charcutage du vagin… Toutefois, Takashi Miike se permet d’installer des faux-semblants et des non-dits dans la communication entre les différents personnages (un des comédiens, marié, ne cesse de draguer Miyuki) d’où le risque de lenteur, jusqu’à la perception complète d’être dans un film fantastique. Car le réalisateur japonais, fait progresser lentement mais sûrement le passage vers le fantastique, tout comme la pièce que les personnages doivent interpréter. Alors la scène de théâtre devient le point ou centre névralgique du film.

En effet, la scène de théâtre est un personnage à part entière du film. D’une part car elle exprime les inclination d’âme des personnages: le coup de pied donné trop fort par Kosuke à Miyuki pour le besoin d’une scène ou le comédien marié vivant par  procuration une relation charnelle avec Miyuki dans une autre. D’autre part, par sa caractéristique de scène tournante (pour ne pas installer et désinstaller constamment les décors mais les faire défiler), la scène est synonyme de spirale, la folie meurtrière qui entoure les personnages. La dernière scène de la pièce en est le meilleur exemple, en plus d’être totalement sidérante. De plus, c’est une pièce en costumes traditionnels, ce qui implique que le comportement des hommes n’a guère changé depuis, même si il n’y a plus de samouraïs ou de demande obligatoire au père de pouvoir se marier avec sa fille. Les différents décors, montrant principalement les saisons d’automne et d’hiver, sont détaillés et participent à cette ambiance de mort (arbres décharnés, fleuves agités, beaucoup de vent…) en contraste avec l’intérieur de la maison postmoderne du couple de protagonistes, qui lui aussi sera soumis à des changements…

On pourrait dire que le long-métrage de Takashi Miike se rapprochant le plus d’Over your dead body n’est pas un long mais un moyen-métrage, The Box, sorti en 2005, dans le cadre du projet 3 extrêmes (avec Fruit Chan et Park Chan-wook). Il en ressortait aussi un univers onirique, en moins funèbre et moins gore et pourtant tout aussi proche de David Lynch. Par conséquent Takashi Miike, comme son compatriote Sono Sion, continue de construire une filmographie à rebrousse-poil et contre-courant: concilier le sacré et le profane, la tradition et la postmodernité, l’élévation et le trivial.

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…