Critique de Hardware

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

 .

Hardware

De Richard Stanley

Avec Dylan McDermott, Stacey Travis, John Lynch et Iggy Pop

Royaume-Uni/Etats-Unis – 1990 – 1h34

Rating: ★★★★★

 

Adaptation officieuse d’une nouvelle parue dans la revue 2000AD (que vous pourrez lire ici), Hardware prend place dans le même univers que Judge Dredd. Ainsi, après des guerres nucléaires, le monde n’est plus qu’un vaste désert irradié, la population trouvant refuge dans des mégalopoles gigantesques. Un futur pas bien bien joyeux, ou les paquets de clopes sont remplacés par des joints et les hommes stérilisés pour éviter aux bébés les effets de la radiation.

L’introduction nous met dans les bottes d’un Tripper, voyageur qui parcourt le No man’s land à la recherche de matériaux de récupérations. Alors qu’une tempête gronde, ce dernier semble avoir trouvé quelques pièces dignes d’intérêts, plus précisément un robot. Il ne tardera pas, mais la menace semble déjà présente, la musique se chargeant de traduire ce qui s’annonce comme un mauvais présage. Un peu plus tard, il croisera la route de Mo, soldat revenu du front. Ce dernier lui dealera les pièces pour une poignée de brouzoufs dans le but de les offrir à sa petite amie Jill qui est Junk-Sculptrice.Vivant dans un appartement-bunker et rêvant d’un futur sans totalitarisme, elle est par ailleurs goulûment observée par son voisin d’en face, pervers dont les murs sont recouverts de chaussures de petites filles !

Beau soir de Noël en perspective donc, le robot étant en fait un modèle M.A.R.K 13, prototype de guerre adepte du défonçage de crâne à la perceuse. Alors que Mo laisse Jill seule dans son appartement, l’horrible boîte de conserve se rebranche seule (sic!) et n’aura alors que pour seul but de lui pourrir la vie. Et il va lui en mettre vraiment plein la gueule. Mais le concept de Home Invasion n’intervenant qu’après quarante minutes, le réalisateur prend le temps de développer ces personnages. Notamment à travers une histoire d’amour touchante qui trouvera sa finalité dans une scène assez démentielle, faite de délires visuels et sonores très kubrickiens dans l’âme.

L’univers Post-Apo et ses protagonistes mis en place, Richard Stanley est enfin libre de déchaîner le cousin vénère de Wall-E. Et l’appartement alors teinté de bleu laissera progressivement sa place à un rouge qui évoque un pur cauchemar éveillé, d’autant plus que le terrifiant M.A.R.K 13 ressemble d’avantage à une créature sortie des enfers qu’a un simple robot. Ne se cantonnant finalement que très peu à son argument de base (A savoir un espace confiné et un monstre de mauvais poil), les dernières minutes dévoileront même des ambitions métaphysiques plutôt inattendues.

Doté d’une bande originale assez musclée (The Order Of Death vous restera longtemps en tête), le film se permet également quelques guest de prestiges, tel que Iggy Pop qui prête sa voix à un animateur de radio cinglé (« And the good news is…There is no fucking good news !!! »), et Lemmy de Motörhead en chauffeur de taxi adepte de l’auto-défense. Mais ce n’est guère étonnant vu que Stanley à travaillé dans l’industrie du clip.

Si il est encore aujourd’hui considéré à tort comme un vulgaire ersatz du surestimé Terminator, Hardware reste, et vous m’excuserez l’expression, un putain de film. Un métrage hargneux et (Cyber) punk, ou la chair et le métal semblent se confondre. Une merveille de la Science-Fiction Low-Tech qui à bien plus à offrir qu’il n’y paraît.  « You can’t fuck with Hardware ! »

 

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.