La crème anglaise des séries fantastiques de ces dernières années

 
 
 
 

Le Royaume-Uni, sa reine, ses fish & chips, sa bière. Ses séries aussi. Car Truffaut avait beau dire que « le cinéma anglais n’existe pas » (sic) il n’en reste pas moins que les productions télévisuelles d’Albion de ces dernières années sont d’une qualité égale, si ce n’est supérieure, à ses grandes soeurs américaines. Plus indépendantes, plus expérimentales, plus drôles souvent : les séries anglaises ont revisité le genre fantastique – du zombie au chien des Baskerville – avec fougue et originalité. Petit florilège :

 
 

Dead Set
 
(2008 – 1 saison – Terminée)

 

Alors qu’une énième saison de The Big Brother Show (l’équivalent de notre Loft Story) bat son plein, une soudaine attaque de zombies vient ravager l’Angleterre. Et compromettre la diffusion de l’émission… Si Romero laissait la place à l’interprétation des actions de ses morts-vivants, dans Dead Set, on ne s’embarrasse que peu de subtilité. Les lobotomisés sont dans la petite lucarne, contaminant ceux qui la regardent. Malgré un budget loin d’être mirobolant, la série propose une esthétique soignée, faisant écho à l’ambiance des 28 jours puis 28 semaines plus tard. Ajoutons à cela des scènes ultra-gore à la limite du grotesque, une courte durée (5 épisodes) donnant un rythme nerveux à l’ensemble, et il n’en faut pas plus pour que Dead Set nous garde en haleine jusqu’au bout.

 
 

Black Mirror
 
(2011 – 2 saisons – En cours)

 

Après Dead Set, Charlie Brooker signe avec Black Mirror sa deuxième création télévisuelle. La série se présente sous forme d’anthologie, chacun des épisodes étant indépendants les uns des autres tout en s’articulant autour d’une thématique commune : l’influence de la technologie. Black Mirror choisit deux angles d’attaque : situer son action dans un futur proche et disséquer l’esprit humain dans ce qu’il a de plus retord. Le coup de génie ici est de nous placer dans une position de voyeur déstabilisante, sans échappatoire, qui nous laisse plus que retournés à la fin de chaque épisode. Ceux-ci sont aussi bien réalisés qu’écrits, ne choisissant jamais de diaboliser bêtement la technologie mais poussant plutôt ses théories jusqu’à l’absurde. Ce faisant, Black Mirror les rend alors étonnement réalistes, dressant un portrait glaçant de ce que le avenir pourrait bien nous réserver.

 
 

Misfits
 
(2009 – 5 saisons – Terminée)

 

On pourrait voir Misfits comme le pendant impertinent de la série Heroes. On y retrouve en effet des individus qui, sans lien entre eux a priori, se retrouvent dotés de super-pouvoirs. Sauf qu’ici, les héros sont de jeunes délinquants londoniens qui ne comptent pas du tout profiter de leur don pour sauver le monde. On retiendra principalement de la série ses 2 premières saisons, avant qu’elle ne sombre dans une répétition pour le moins ennuyeuse. Il n’en reste pas mois que ces 2 saisons valent largement le détour, tant pour le casting que pour ses dialogues ciselés. Drôle, dérangeante parfois, Misfits dresse également un portrait de la jeunesse anglaise loin des clichés habituels. Puis une série qui confère le pouvoir de contrôler le lactose vaut forcément la peine d’être vue !

 
 

Utopia
 
(2013 – 1 saison – En cours)

 

Utopia, c’est quoi ? C’est un comic book qui dans son premier tome a annoncé les pires catastrophes du 20ème siècle et qui, dans son hypothétique suite, pourrait révéler d’autres horreurs prochaines. En tout cas, un petit groupe fan de la BD tente de le prouver. Mais c’est sans compter sur le « Network », obscure organisation bien décidée à les en empêcher. C’est en partant de cette trame qu’on découvre une série totalement ovni : musique expérimentale, couleurs saturées, ultra-violence et théories conspirationnistes. Car Utopia sort complétement des sentiers battus de la réalisation télévisuelle classique pour se réclamer de l’esthétique des plus grands, Kubrick et les Frères Coen en tête. Dotons là en plus d’un scénario haletant et de méchants psychopathes (grandiose Neil Maskell), et on se retrouve à attendre la saison 2 avec une impatience non dissimulée.

 
 

Sherlock
 
(2010 – 3 saisons – En cours)

 

Quand Steven Moffat s’empare du personnage mythique de Sir Conan Doyle pour le moderniser, ça donne une des meilleures séries de ces dernières années. Évidemment Benedict Cumberbatch (Sherlock) et Martin Freeman (Watson) ne sont pas étrangers à ce succès, la complicité des deux acteurs insufflant à la série une humanité qui vient balancer une mise en scène quasi clinique. Sherlock revisite les enquêtes majeures du détective anglais, se positionnant à la lisière du fantastique dans une alternance de situations illogiques et de résolutions cartésiennes. Si les 2 premières saisons sont aussi brillantes que l’esprit de Holmes, petit bémol pour la saison 3 où les investigations manquent de profondeur. Mais à la vue du cliffhanger qui clôt le dernier épisode, on peut espérer que Sherlock retrouve son impétuosité l’année prochaine.

 
 

Doctor Who
 
(2005 – 7 saisons – En cours)

 

Évidemment, il est difficile de parler séries anglaises sans citer le cas culte du Docteur. Diffusée depuis 1963 (!) sur la BBC, la série connue une pause avant de reprendre sous une forme légèrement différente en 2005. Ce qui fait d’elle la série de science-fiction la plus longue du monde. Rien que ça. Pour ceux qui ne la connaissent pas, elle met en scène un personnage éponyme voyageant dans le temps et dans l’espace grâce à une cabine téléphonique, doté d’une capacité de régénération lui permettant de changer de visage et le plus souvent accompagné d’un compagnon terrien. On pourrait décrire la série comme le Docteur décrit sa Tardis (la fameuse cabine spatio-temporelle) : « It’s bigger on the inside ». L’exagération est l’essence même de la série, on accrochera alors ou pas à ses décors kitschissimes, à ses illogismes, à son humour so british et à son sentimentalisme. Notons que pour les fans (comme moi), 2014 marquera l’arrivée d’un nouvel acteur incarnant le Docteur et par là-même, d’une nouvelle facette de sa personnalité.

 
 

Miho

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About Miho

Coincée depuis quelques années entre réalités parallèles et univers alternatifs, Miho se dit qu’elle aurait mieux fait de suivre des cours de physique quantique plutôt que de s’adonner aux dépravations estudiantines terrestres afin de retrouver son home sweet home. En attendant enfin une numérotation automatique "téléphone maison" sur son iPhone, son passe-temps favori reste la reproduction des masques de Leatherface et de Michael Myers au crochet.