Critique: Why don’t you play in hell?

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

 

Jigoku de naze warui

De Sono Sion

Avec Hiroki Hasegawa, Gen Hoshino, Akihiro Kitamura

Japon – 2013 – 2h06

Rating: ★★★★★

Une bande de jeunes, s’appelant les Fucking Bombers, font du cinéma amateur en espérant un jour devenir professionnels. Deux bandes de yakuzas s’affrontent, provoquant l’intervention de la femme de l’un d’eux, mère d’une enfant star de la publicité. Si ces deux groupes n’ont rien à voir ensemble, ils ont un destin commun…

Sono Sion installe un récit polyphonique qui s’étire sur le temps, cela provient sûrement de ses réflexes de romancier. L’exemple le plus probant jusqu’à était le film de quatre heures The Love Exposure. Là on est sur deux heures de film avec une publicité en fil rouge. Mais en plus de la qualité romanesque du film, et de l’utilisation massive de musique classique, le réalisateur japonais se montre un très bon directeur de comédiens, avec cette particularité de faire jouer les acteurs sur des tonalités alternées. En effet chaque personnage, surtout les yakuzas, peut jouer à la fois de façon sérieuse, grave, profonde tout en ayant un côté léger trivial et cabotin. Cela s’amplifie dans le choix de puiser dans différents types de film afin d’organiser un fabuleux mélange iconoclaste et baroque.

La mise en abyme du cinéma se fait sentir dans la seconde partie du film. Du jogging jaune de Bruce Lee dans Le jeu de la mort (le film d’arts martiaux), s’enchaîne le film de gangsters ou plus précisément le film de yakusas, qui amènent au film de samouraïs,  en passant par le mélodrame (l’amour d’un père ou d’une mère, un premier amour…). Mais des clins d’œil en appellent d’autres et le film fait alors appelle tour à tour à la Nouvelle Vague (relecture de la fin du Mépris et de One+One de Jean-Luc Godard), le Nouveau Cinéma (la démarche docufiction et hyperréaliste du réalisateur) et même du Nouvel Hollywood (ne pas avoir peur de la monstration de la violence, par moments au ralenti et une attitude guérilla). Par conséquent, de tous ces décalages, on en rit (vraiment), on s’en émeut et on essaie de saisir le discours sur le cinéma et la vie que distille Sono Sion.

Sacrifice, passion, audace et culot mais aussi discipline semblent être les maîtres mots pour le metteur en scène/poète/romancier japonais pour parvenir à faire de l’art. mais avant on en parle beaucoup, mas vraiment beaucoup (la scène du rencard, du pur plaisir). Et cette relation à l’art, c’est à la vie à la mort. Coupez !!!!

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…