Only God Forgives ou l’acceptation des 3 niveaux

 

 

 

 

Par hasard, connaîtriez-vous Søren Aabye Kierkegaard ? C’est un philosophe danois du dix-neuvième siècle qui aurait été l’inventeur de l’existentialisme. En effet par son opposition à l’église danoise, il répond par l’angoisse, le désespoir, l’ironie et le doute. Cela donne le principe des 3 stades de l’existence : le stade esthétique, le stade éthique et le stade religieux. C’est un peu rapide certes mais cela a le mérite d’être facilement compréhensible.

158 ans plus tard, un autre danois, artiste et homme de pensée et tout aussi beau gosse à sa manière, se plaint à son tour d’être « un trop grand philosophe pour un si petit pays » : Nicolas Winding Refn. Suite aux réactions mitigées voire haineuses par rapport à son dernier film Only God Forgives, j’ai décidé de répondre, du moins essayé, par l’intelligence et la radicalité. Le film peut s’aimer sans être compris, mais si vous le comprenez, vous vous devez de l’aimer, car c’est un nivellement par le haut. Si vous ne l’aimez pas, il se peut que vous ne l’ayez pas compris ou que vous ayez rejeté l’acceptation des 3 stades qu’il propose.

En effet, ce sont 3 stades comme Kierkegaard :

–         Le stade esthétique est l’expérience en salles, par le travail du son, de la photographie du chef opérateur avec le  jeu des filtres de couleurs bleu ou rouge ou les différents motifs (le serpent en tapisserie…). Une expérience organique et nerveuse.

–         Le stade éthique est celui qui pose problème à certains spectateurs : l’impression du manque d’écriture ou d’un récit peu développé. Le film propose un récit non-naturaliste, c’est-à-dire un récit non romanesque qui ne va pas d’un point A à un point B dans une ligne droite ou zigzag. Mais de sa volonté de western asiatique, NWR distille les codes du film américain en le rapprochant d’un certain film de genre sud-coréen : vengeance et règlement de compte. Mais il déconstruit les codes et les figures pour créer une mythologie bien plus grande…

–         Voilà le dernier stade, le stade religieux, le stade le plus complexe. NWR y mène réflexion psychanalytique, philosophique et poétique. Je l’ai surtout compris suite à une discussion poussée avec Lullaby Firefly, qui vous expliquera ce stade bien mieux que moi prochainement…

Cela peut paraître osé, hautain voire snob, mais au-delà de vos écoutes de PSY ou Shakira, de votre prochaine sortie en groupe pour Very bad trip 3 (que j’irais moi-même aussi regarder) ou de la énième comédie romantique dont vous savez pertinemment qu’elle n’est pas excellente, sachez que NWR est bien plus que du cinéma et qu’il mérite peut-être une deuxième vision pour ceux qui n’ont pas aimé et pour les autres, courrez le voir.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…