Critique de You’re Next

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You’re Next

D’Adam Wingard

Avec Sharni Vinson, Joe Swanberg et AJ Bowen

Etats-Unis – 2011 – 1h36

Rating: ★★★★☆

Si toi aussi tu kiffes le home invasion premier degré, hardcore et sous tension où une bande de psychopathes harcèle une pauvre famille au cœur de sa propre demeure avant de la massacrer sans autre forme de procès et avec complaisance de préférence, eh bien tu risques d’être au choix déçu ou agréablement surpris par le d’ores et déjà auto-proclamé culte You’re Next du malin et un poil cynique de temps à autre Adam Wingard. Alors oui, ce n’est pas très subtil, ça force souvent le clin d’œil complice aux geeks que nous sommes, mais diantre, c’est fichtrement jouissif et surtout ça racole à tous les étages et ça, cher ami lecteur tu l’admettras, ça fait sacrément plaisir !

Partant d’un canevas ultra-galvaudé propre au sous-genre, soit une famille se réunissant dans une immense baraque afin de célébrer des retrouvailles depuis longtemps attendues… ou pas ; soit une bande de tueurs crétinoïdes attifés avec des masques d’animaux de la ferme et ayant piégé la maison de la cave au grenier… Le massacre peut alors commencer… Mais c’était sans compter Erin, petite amie de l’un des fils ayant passé son enfance dans un camp de survivalistes qui ne va pas hésiter à décalquer la gueule dans la joie et la bonne humeur de ses mystérieux assaillants.

Adam Wingard s’amuse comme un petit fou, tant mieux, nous aussi ! Certes l’écriture est inégale : les  dialogues sont parfois très drôles, mais parfois tombent aussi littéralement à plat. La mise en scène n’est pas toujours inspirée et flotte quelque part entre le bon et le médiocre, tout cela n’est pas très inventif mais en même temps rien ne vaut un petit plaisir simple, sans prise de tête, fomenté par des artisans du genre plutôt respectueux et donc respectables qui nous balancent le sourire aux lèvres des hectolitres d’hémoglobines et autres pétages de crânes vénères : un jeu de massacre qui tache donc, varié dans son outillage et dans les divers sévices assenés à ses victimes toutes les trois minutes, où la quasi-totalité du casting (qui va y passer bien sûr !) est en roue libre au meilleur sens du terme. Tout cela fleure bon le film de potes décomplexé (on retrouve d’ailleurs Ty West au casting) où humour noir bien senti et blagues potaches débiles font très bon ménage. Bien sûr Wingard sait à qui il a à faire et y va donc tout naturellement à donf’ dans le racolage propre à exciter les geeks adeptes de plaisirs coupables : il blinde son métrage de violence ludique et gratuite, et nous gratifie (dès l’ouverture) de quelques séquences de sexe plus clichés tu meurs totalement hilarantes ! Cependant à trop vouloir en faire, à trop jouer la carte du fans service calculés, Wingard a tendance à frôler voire, certes rarement, à franchir la frontière qui sépare le délire jubilatoire ironique du cynisme pur et simple qui caractérisait entre autre des œuvres au demeurant intéressantes mais pas toujours très heureuses comme par exemple la saga ô combien célébrée (à tort me semble-t-il parfois, mais cela c’est une autre histoire…) Scream de Wes Craven sur laquelle Wingard d’ailleurs a tendance à régler nombres de ses pas… sur elle mais aussi curieusement sur une de mes madeleines (peut-être la tienne aussi ?) Maman, j’ai raté l’avion de Chris Colombus, mais cela je te laisse le soin de le découvrir !

Difficile donc de bouder son plaisir devant une œuvre aussi profondément fun et régressive, truffée de morceaux de bravoure généreux et complètement out of this world, et de quelques dialogues savoureusement absurdes. Finalement tout cela défouraille sévère et c’est pour ça qu’on aime, quand bien même on est obligé d’admettre les limites inhérentes à ce type de projet très malin, et qui en joue en se pavanant systématiquement devant le public auquel il s’adresse, mais totalement vain… En même temps toutes ces considérations réflexives on s’en balance, on en a largement pour notre argent et on peut sans aucune arrière pensée remercier du fond du cœur et de nos zygomatiques fortement mis à contribution pendant près de deux heures, Adam Wingard dans l’attente de ses futurs efforts.

 

Naughty Bear

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About Naughty Bear

Esprit vengeur adepte donc de la loi du Talion enfermé dans une peluche : œil pour œil, dent pour dent de préférence marteau au poing (quand il n’a pas les mains occupées à manipuler des cartes à jouer)… tout cela en version nounours bien sûr ! Aimant humblement à philosopher sur toutes formes de monstruosités y compris la sienne »Je sais que je suis une bête, cependant j’ai le droit de vivre non ? »… tout cela en version nounours bien sûr ! Un scanner récemment effectué a pu révéler qu’il possédait en guise de rembourrage des pellicules plein la tête (hardcores si possible), l’écriture s’avère dès lors le seul et unique moyen de les exorciser. Avez-vous déjà vu un nounours armé d’une machette se confectionnant un masque avec le cuir ou plutôt le tissu de ses victimes ? Maintenant, oui.