Critique de La Maison au bout de la rue

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.5/5 (2 votes cast)

.

House at the End of the Street

De Mark Tonderai

Avec Jennifer Lawrence, Max Thieriot, Elisabeth Shue

Etats-Unis – 2012 – 1h41

Rating: ★★☆☆☆

Une mère et sa fille s’installent dans une maison qu’elles acquièrent à moindre prix suite au tragique événement qui frappa les habitants de la maison voisine. Celle-ci est encore habitée par le fils au comportement étrange et dont la jeune arrivante ne va pas tarder à faire la connaissance.

Difficile de titiller la curiosité avec un tel postulat, identique à maintes et maintes productions horrifiques mainstream présentant une famille qui emménage dans lieu au passé trouble, où les événements tragiques ne vont pas tarder à refaire surface. Avec La Maison au bout de la rue il semblait donc vain d’attendre un film où prime l’originalité, et le métrage ne fait guère d’étincelles à ce niveau là en ne faisant jamais preuve d’un soupçon de nouveauté, se contentant d’appliquer les codes à la lettre. Pour enfoncer cette impression générale, il se permet de débuter par une scène des plus indigestes, à savoir un meurtre mis en scène à coups d’effets clipesques du plus mauvais goût. Le réalisateur a la bonne idée d’abandonner rapidement ces effets de style, mis à part lors d’une scène de beuverie étudiante sans intérêt qui œuvre là encore dans la production calibrée, le public visé étant clairement établi.

Et pourtant, après cette introduction laissant craindre le pire, La Maison au bout de la rue se suit sans déplaisir en se révélant être un film de genre somme toute très (trop) classique mais où transparait la sincérité de son réalisateur qui parvient à nous accrocher en ne nous proposant rien d’autre qu’une honnête série B. Le film mise davantage sur un suspense plutôt bien dosé que sur une avalanche d’effets gores ou sur du torture porn, cette aspect étant totalement absent du film alors que la tournure du récit aurait pu le destiner à ce carcan de manière opportuniste. En soit c’est un bon point, le film d’horreur se mêlant au thriller, aboutissant à une sorte de croisement entre le remake d’Amityville signé Andrew Douglas (le surnaturel en moins) et un film comme La Prison de verre de Daniel Sackheim.

Le personnage de Ryan est intéressant dans sa progression, et s’il demeure un psychopathe assez fade il se démarque néanmoins du reste des personnages qui ne font que remplir le cahier des charges, qu’il s’agisse des jeunes étudiants sportifs sans cervelle, du bon flic toujours serviable, ou de l’héroïne en conflit avec l’autorité parentale et qui ne tardera pas à tomber sous le charme du jeune homme torturé. Dans ce sens La Maison au bout de la rue reste ancré dans le sillage du teen movie croisé à cet aspect horrifique aseptisé qui fut notamment la marque de fabrique de nombreux slashers des années 90 (bien que le film n’en soit pas un) tels que Scream ou Souviens toi l’été dernier, à savoir des personnages assez sommaires et dont les comportements stéréotypés ne servent qu’à mener aux scènes de meurtres ou de tension. Le film se tient sur la longueur, notamment grâce à un rebondissement dans sa seconde partie qui, s’il est loin d’être des plus finauds, permet de maintenir un certain intérêt sans quoi l’ennui aurait sans doute commencé à se faire connaitre. Hélas, il n’évite pas non plus le happy-end des familles qui renforce l’idée qu’après nous avoir gentiment diverti durant un peu plus d’une heure et demi, le souvenir qu’il en restera s’évaporera rapidement. Mention particulière à la toujours aussi jolie Elisabeth Shue qui, à défaut d’obtenir un rôle à la hauteur de son talent, s’en sort avec les honneurs.

Présenté hors-compétition au festival fantastique de Gérardmer, La Maison au bout de la rue ne marquera pas les esprits mais fera office de bonne séance du samedi soir, son manque d’ambition étant hélas en adéquation avec son scénario trop fainéant pour surprendre.

Nico Darko

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).