Critique de V/H/S

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V/H/S

D’Adam Wingard, David Bruckner, Ti West, Glenn McQuaid, Joe Swanberg et Radio Silence

Etats-Unis – 2012 – 1h56

Rating: ★★★☆☆

Des cambrioleurs cherchent une mystérieuse cassette VHS dans une baraque lugubre. Dans l’une des pièces, le cadavre d’un vieux dans un fauteuil face à plusieurs écrans de télévision. Pendant que les autres fouillent la cave, un des cambrioleurs visionne quelques unes des cassettes qui traînent dans la pièce du vieux. Voici donc l’arc central de V/H/S, film à sketches axés 100% found footage menés par quelques noms respectés du cinéma d’horreur indépendant américain comme Ti West et Adam Wingard, tous deux étant également présents dans un autre film à sketch, ABC’s of Death.

Avec son segment Tape 56, qui est donc le fil rouge de V/H/S, Adam Wingard donne le ton dans un style de found footage résolument agressif. Grain dégueux, mouvements de caméra violents, cadrage en free-style … Wingard violente le found footage en le rendant presque abstrait, questionnant un genre qui s’est popularisé grâce à la vidéo numérique. C’est à dire après la fin du règne de la vidéo analogique dont le format VHS fut le plus accessible pour le grand public. A l’ère de la dématérialisation de l’image, on pourrait ainsi voir dans la quête des cambrioleurs à vouloir retrouver cette Tape 56 comme une amère nostalgie des grandes heures des vidéoclubs, époque où l’on choisissait ses films d’horreur en fonction de la jaquette. Peut-être est-ce trop attribuer d’intentions à V/H/S surtout lorsque l’on sait qu’un deuxième volet est déjà en route. Autant donc prendre l’objet pour ce qu’il est : un exercice de style.

Comme le plus souvent dans les films de sketches, V/H/S est inégal. Ti West déçoit avec Second Honeymoon, le segment le plus faible du film en raison de sa chute faiblarde qui arrive après de longues minutes d’improvisation sans grand intérêt. Acteur du segment de Ti West, Joe Swanberg s’en sort bien mieux en réalisant The Sick Thing That Happened to Emily When She Was Younger, segment sous forme de dialogues entre webcams sur fond d’appartement hanté qui trouve un parfait équilibre entre économie et efficacité assez proche des nouvelles de Richard Matheson. Axés cul, Amateur Night de David Bruckner et Tuesday The 17th de Glenn McQuaid séduisent par leur monstre respectif. Dans l’un, une sorte de succube avec laquelle une bande de potes cherche à partouzer, dans l’autre, un boogeyman visible seulement dans le caméscope sous la forme d’une déchirure de la bande. Mais le segment le plus réussi reste le dernier, 10/31/98 du collectif Radio Silence, où des potes déguisés se rendent avec un pack de bière sous le bras à une soirée d’Halloween qui a lieu dans une maison abandonnée. Vif, drôle et efficace.

Avoisinant les deux heures, V/H/S aurait gagné à se débarrasser de ses segments les plus faibles. Il apparaît néanmoins comme une alternative au genre, apportant un souffle un brin plus frais que les dernières productions ronflantes des films de found footage. Ou comme un retour à l’esprit Sundance du séminal Projet Blair Witch.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».