Critique d’Insensibles

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Painless

de Juan Carlos Medina

avec Alex Brendemühl, Tomas Lemarquis, Juan Diego

Espagne – 2012- 1h45

Rating: ★★★★☆

Réalisateur très remarqué de courts métrages, Juan Carlos Medina signe avec Insensibles, son premier long métrage.

L’Epouvante espagnole, telle qu’elle a été initiée par toute une écurie de réalisateurs à l’aube des années 2000, Del Toro et Amenabar en tête, continue à nous arriver régulièrement par le biais de longs métrages souvent très maitrisés et toujours de très bonne facture. C’est un peu dans cette lignée de films insolites qu’Insensibles se situe, alliant récit du présent et récit du passé, avec pour point de départ, cette maladie aussi étrange qu’elle est rare, touchant des enfants dans les années 30 et les rendant insensibles à la douleur.

Une maladie étrange est souvent au cœur des films fantastiques espagnols, comme ce fût le cas d’Agnosia sorti en DVD l’an passé, ou encore des Autres, permettant de mettre en place un rapport au médical, aux traitements et aux symptômes, permettant la mise en place de scènes de terreur ou d’horreur ponctuant comme il se doit ce genre de films. En cela, Insensibles ne dément pas son  héritage et offre de très belles scènes dans le récit passé, présentant des traitements médicaux s’apparentant à des expériences scientifiques, dans un hôpital prison, témoin involontaire de l’instabilité politique du pays. Juan Carlos Medina nous parle alors de son pays, de cette Histoire dont on ne dit pas tout, de ces secrets de famille qui tiennent du secret national.

Le sujet de la Guerre Civile est devenu un thème récurrent du fantastique espagnol, de l’Echine du Diable et le Labyrinthe de Pan de Del Toro, à Balada Triste de La Iglesia, le genre devenant un prétexte pour traiter d’un sujet longtemps tabou. Medina, en jouant sur le passé et le présent, s’attarde ainsi sur la résonance de ce passé au sein même de la famille, des années plus tard, de l’impact sur sa génération, en somme.  Mais le fantastique à l’espagnole s’accompagne toujours d’un monstre, revêtant tantôt l’apparence d’un fantôme, d’un freak, d’un psychopathe, d’un sadique. Là encore, le réalisateur parvient à prendre la relève, mettant en scène un personnage « fantastique » original, impressionnant, marquant durablement le spectateur.

Construit comme une enquête, alternant évènements du passé et résonance dans le présent, Insensibles mélange habilement les codes du thriller, de la narration historique, comme du Fantastique horrifique. L’Epouvante espagnole surprend encore.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.