Critique de Holy Motors

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

Holy Motors

 

De Léos Carax

Avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes

France, Allemagne – 2012 – 1h55

Rating: ★★★★☆

Ce n’est pas vraiment un film avec une histoire, mais ce n’est pas non plus l’histoire d’un film. Pourtant nous suivrons toute une journée durant, un certain Oscar, qui a un nombre incroyables de rendez-vous. Et en même temps, cet Oscar, semble avoir plusieurs rôles à jouer…

Il faillit être le membre d’une trinité cinématographique française amenant au postmodernisme, Léos Carax est le C de BBC (les autres sont Beineix et Besson), mais cette trinité a échoué. Pourtant cela n’a pas empêché le metteur en scène de continuer ses expérimentations. De la brisure du quatrième mur, on voit un public de salle de cinéma, nous sommes plongés littéralement dans un rêve éveillé, avec des artifices tantôt visibles, tantôt invisibles (les passages de déguisement et de transformation), on montre et on démontre. De ceci, ce sont différents genres de film qui nous sont donnés à regarder : du film de business ambiance thriller, au documentaire social, le film de kung-fu combiné au film d’action blockbuster combiné au film d’animation, en passant par le mélodrame et le film de costume ainsi que la comédie musicale, la réflexion sur le cinéma est autant sur le fond que dans la forme, et on voit l’envers du décor.

C’est un discours entre cynisme (le cinéma est une industrie et n’oubliez que cette industrie s’est créée en même temps que l’art cinématographique), et romantisme (« pour la beauté du geste » dit Oscar). En effet Denis Lavant/Oscar, excellent, se montre l’alter ego du réalisateur, bien que ce dernier apparaisse à l’écran, pour souligner un professionnalisme qui se regarde sur l’écran mais qui se ressent que cela l’est aussi à l’extérieur du film. Son corps est une matière brute maintes fois pétrée luttant contre la matière temps (un des thèmes du discours) contre la technologie (où sont les caméras, les limousines signifiées comme vieillerie). Et les actrices, second rôles ne sont pas en reste. Que ce soit la sublime Eva Mendes pour un message sur la femme musulmane, la jeune Elise Lhomeau ou, plus incroyable Kylie Minogue, elles sont à la hauteur de l’univers fantastico-urbain créé, métaphore de notre monde occidental actuel, laissant de moins de moins de marge à nos émotions.

Holy Motors pourrait aussi être perçu comme un film politique non-politisé, ou tout simplement comme la version européenne d’Oncle Boonmee. Quoiqu’il en soit c’est un film à regarder pour sa singularité, son iconoclasme, armes de lutte contre la conformité consensuelle.

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…