Critique de The Plague Dogs

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The Plague Dogs

De Martin Rosen

Avec les voix de John Hurt, Christopher Benjamin et James Bolam

Etats-Unis/Royaume-Uni – 1982 – 1h22

Rating: ★★★★★

 

 

Rowf et Snitter sont deux chiens de laboratoire servant à des expériences scientifiques. Le premier est régulièrement plongé dans un réservoir plein d’eau où l’on chronomètre le temps qu’il met à se débattre avant de se noyer. Le second a subi une opération cérébrale qui altère désormais sa perception de la réalité. Parvenant à s’enfuir du laboratoire, les deux chiens investissent les montagnes environnantes. Se liant d’amitié avec Rusé, un renard qui leur apprend les rudiments pour survivre en pleine nature, Rowf et Snitter sont rapidement pris en chasse par les fermiers dont ils dévorent régulièrement le bétail. Leur cas s’aggrave davantage lorsqu’ils sont suspectés par les autorités d’être vecteurs de la peste bubonique, maladie sur laquelle travaillait le laboratoire dans le plus grand secret.

Inédit pendant trente ans, The Plague Dogs investit enfin les grands écrans français… du moins, deux sur tout le territoire, ce qui reste plus que relatif pour pouvoir apprécier à sa juste valeur ce petit joyau de l’animation britannique. Adapté d’un roman de Richard Adams, tout comme le précédent film de Martin Rosen (Watership Down), The Plague Dogs décrit la fuite vers la vie de ces deux chiens aux tempéraments opposés. Rowf, le labrador retriever est prêt à redevenir un animal sauvage (c’est-à-dire se nourrir par lui-même) tandis que Snitter, le fox-terrier, ne cherche qu’à trouver un nouveau maître, admettant le fait d’avoir démarré sa vie sauvage bien trop tard.

La condition animale est ainsi au cœur du film qui en illustre toutes les composantes : animal sauvage, animal domestique, animal d’élevage et animal cobaye. Une condition qui ne varie en définitive qu’en fonction des propres besoins de l’Homme depuis que ce dernier domine la Nature. A l’Animal donc de s’adapter à ce qu’il lui aura été attribué. Pour Rowf et Snitter, cette adaptation perpétuelle au monde moderne se révèle encore plus rude que celle initialement imposée par la Sélection Naturelle chère à Darwin.

Comme chez Walt Disney, les animaux sont ici dotés de la parole. Mais la comparaison s’arrêtera là. L’humanisation n’est ici qu’un moyen pour exprimer les émotions de ses héros canins qui agissent avant tout comme des chiens en quête de nourriture (jusqu’à dévorer le cadavre d’un homme, scène non montrée dans ce montage mais clairement indiquée dans la narration). On retrouve à l’animation un tout jeune Brad Bird déjà présent un an auparavant sur Rox et Rouky, en quelque sorte la version naïve de The Plague Dogs. Car le film de Martin Rosen refuse toute mièvrerie et tout manichéisme forcé pour faire passer son message. Le ton est donc très désespéré (appuyé par des couleurs automnales et hivernales), voire violent (le sang fuse à plusieurs occasions et la mort y est omniprésente), faisant de The Plague Dogs un dessin animé pour adultes qui cherche, comme Le Tombeau des lucioles, à toucher au plus profond l’âme d’enfant de chaque spectateur, délivrant son plaidoyer pour la cause animale sans sombrer dans l’invective parfois misanthrope de certains défenseurs des bêtes.

                        The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».