Critique de La Dame en noir

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

.

The Woman in Black

De James Watkins

Avec Daniel Radcliffe, Ciarán Hinds et Janet McTeer

Royaume-Uni/Canada/Suède – 2012 – 1h35

Rating: ★★★★☆

Dans l’Angleterre de la Belle Epoque, Arthur Kipp, jeune notaire inconsolable depuis la mort en couche de son épouse, doit partir dans un village perdu en pleine campagne afin de régler les problèmes de succession d’une cliente décédée. Sur place, il se confronte à l’hostilité des villageois qui ne tiennent pas vraiment à ce que le jeune homme aille fouiller dans les recoins de la maison de la morte (qui est hantée et pas qu’un peu). Et pour cause, une terrible malédiction frappe le village : les enfants s’y suicident régulièrement lorsqu’apparaît le fantôme d’une femme toute vêtue de noir.

Ressuscitée par le compte en banque plus que fourni de John De Mol (le Mol d’Endemol), la Hammer du XXIème siècle n’a que peu de rapport avec celle qui révéla dans les années 50 Christopher Lee, Peter Cushing et Terence Fisher, si ce n’est celui de promouvoir un cinéma d’épouvante 100% British (ou presque). Après des débuts des plus mitigés (Laisse-moi entrer, Wake Wood et La Locataire), le studio sorti d’outre-tombe accouche enfin d’un très grand film fantastique avec cette Dame en noir qui renoue avec la nostalgie de l’horreur en costume et du cinéma gothique.

Adapté d’un roman de Susan Hill déjà décliné à tous les formats (théâtre, radio, téléfilm), La Dame en noir signe le grand retour du réalisateur James Watkins, quatre ans après le très remarqué Eden Lake qui en avait surpris plus d’un. C’est un peu le même effet que procure ce nouvel effort car il faut avouer que l’on n’attendait pas grand-chose de la première sortie de Daniel Radcliffe en dehors de la saga Harry Potter. Et une nouvelle fois, Watkins touche dans le mille, jouant d’un décorum des plus désuets (la brume, les tombes, les toiles d’araignées, etc.) pour faire l’un des films de maisons hantées les plus flippants que l’on ait vu sur grand écran depuis des lustres. En point d’orgue : une longue séquence de près de vingt minutes où Radcliffe déambule seul dans la fameuse maison pour un enchaînement de scènes d’épouvante à vous faire dresser les poils jusqu’au bulbe, Watkins y déployant toute une gamme d’effets et d’artifices vieux comme Hérode (jumpscares, sons off, jeux sur la profondeur de champ…) mais dont l’agencement précis débouche sur une virtuosité réellement impressionnante.

Pas de révolution cependant, le scénario reste très basique, la partie mélo n’émeut pas et les personnages sont vite esquissés. Mais qu’importe, les films d’épouvante qui épouvantent vraiment se font tellement rares que l’on ne peut que vous presser de prendre place dans ce train fantôme rétro mais redoutablement efficace.

 

The Vug

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».