Critique de Mother’s Day (2012)

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Rating: 3.0/5 (1 vote cast)

Mother’s day


de Darren Lynn Bousman

avec Rebecca De Mornay, Jamie King,  Patrick Flueger

Etats-Unis – 2010 – 1h45

Rating: ★★★☆☆

 

 

 

Les remakes et Hollywood, voilà un vaste sujet sur lequel on se sent obligés de revenir à chaque nouveau projet incongru et à chaque sortie (régulière) de métrages.  Alors forcément quand avait été annoncé la mise en boite d’un nouveau Mother’s Day, fleuron de l’écurie Troma, on avait peine à comprendre l’intérêt d’une version upgradée, l’original étant bien ancrée dans l’univers si particulier de la firme des frères Kauffman. Quand de surcroit le projet est produit par Brett Ratner (dont le nom est rarement associé à quelque chose de bon) et confié à Darren Lynn Bousman, dont les majeurs faits d’arme restent Saw  2, 3 et 4,  on a de quoi se demander à quoi va ressembler le résultat final.

Mais en réalité, et même s’il en partage le nom, le Mother’s Day de Bousman n’a rien d’un remake.  Originellement nommé Wichita, le scenario se base sur un home invasion (comprendre, des gens assaillis chez eux par des étrangers menaçants) qui n’a pas grand chose à voir avec la version de Kaufman. Ne gardant que les noms des personnages de l’éponyme mère (campée ici par une Rebecca De Mornay en très grande forme) et de ses deux fils ainés, le scenario, écrit par  Scott Milam, part d’un quiproquo facheux: trois frères en cavale  déboulent après un braquage foiré dans ce qu’ils pensent toujours être la maison familiale. Mais au lieu d’y retrouver leur mère et leur soeur, ils tombent sur les nouveaux propriétaires et leurs amis en pleine party et décident de les séquestrer en attendant l’arrivée de leur mère.

Ainsi, point de maison isolée ni de rednecks ici, Bousman ayant vraiment voulu s’affranchir de ce carcan. Les enfants sont juste des bandits en cavale, sous le choc de leur hold up raté,  gravitant autour de cette mère, personnage central et complexe de l’intrigue. Partagée à la fois entre la bienséance et préoccupée par leur bonne éducation mais pouvant se révéler machiavelique pour arriver à ses fins, la mère reste la plus changeante, la plus menacante de la bande.  Rebecca De Mornay parvient à donner une telle crédibilité et une telle force à son personnage qu’elle domine littéralement le film. Entrecoupant la séquestration de moment de sadisme fort inventif, laissant à Bousman la possibilité de caser quelques scènes gorinettes comme il semble les aimer, Mother’s Day ne tombe pas pour autant dans l’écueil  facile du torture porn, bien qu’à certain moment, la tentation reste palpable (cf: la mort de Dave…).

Point de manichéisme non plus, l’enfermement et la menace mettant à jour tous les travers et dark sides des victimes, la vraie nature humaine, celle qui, pour la survie, nous pousserait à commettre les pires actes, même sur ceux que l’on considère comme nos amis les plus proches.  A l’amoralité de cette famille répond l’égoïsme et la lacheté de leurs séquestrés, des hommes en particulier. Comme leur rappelle la mère, leurs actes ont des conséquences non seulement sur eux mais aussi sur les autres, ceux qui partagent leur captivité. De plus, sans clairement l’expliciter, Mother’s Day met en opposition deux classes sociales, la famille de De Mornay s’avérant être assez pauvre (elle est mère célibataire avec quatre enfants; depuis la saisie de sa maison, elle vit dans un camping car), ce qui explique probablement que ses fils soient tous devenus braqueurs de banque, et les Sohapi et leurs amis, les victimes, propriétaires de leur maison et de leur magasin, travaillant dans l’immobilier ou dans la banque, tous sans enfants, tous bien lotis.

N’ayant de remake que l’appelation pour s’assurer que le film fera parler de lui, ce Mother’s Day version Bousman doit néanmoins être considéré comme un film original. Bien qu’il s’enferme dans un sous-genre très limité par des codes stricts, le film parvient à tirer son épingle du jeu, notamment grâce à son atout majeur, la présence de le sublime et venimeuse Rebecca de Mornay. Et rien que pour la performance qu’elle y livre, on espère que la lady fera son grand come back dans l’Horreur, pouvant devenir une égérie milf du genre.

 

 

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.