Critique d’Arrietty, le petit monde des chapardeurs

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Karigurashi no Arrietty

de Hiromasa Yonebayashi

Japon – 2010 – 1h34

Rating: ★★★★★

Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au cœur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs. Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s’en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d’être vu par les humains. Mais un jeune garçon, Sho, vient se reposer avant une opération au cœur et aperçoit la minuscule jeune fille…

Du pitch quasiment dogmatique des studios Ghibli, une jeune fille d’un monde différent de peu du nôtre rencontre un garçon qui ne lui était en aucun cas destiné mais avec qui elle se lie profondément (comme c’est le cas de Mononoké,de Chihiro ou encore de Ponyo…), Arrietty a de différent que c’est un huis-clos et un huis-clos jouant sur les échelles de taille, la minuscule Arrietty et le semblant géant Sho. Tout comme ses prédécesseurs, elle est à l’âge de l’éveil, (soit pour les Chapardeurs, 14 ans). Tout comme ses prédécesseurs elle souhaite découvrir le monde et a besoin d’un guide, qui sera un parent. Tout comme ses prédécesseurs, elle découvrira l’amour. Arrietty et Sho, fascinés l’un par l’autre, bravent les interdits pour juste communiquer.

Et ce n’est pas la différence de taille qui pose problème, elle permet au jeune réalisateur, Hiromasa Yonebayashi, de travailler les détails de son dessin, l’intérieur d’une chambre de mini-pouce aux milliers de couleurs, ce qui constitue d’ailleurs le fantasme de l’ancien doyen de la famille de Sho qui avait fait construire une maison de poupées pour ces petites personnes dont les détails de la maison (avec gaz et électricité !) évoqués par les personnages se voient dans l’image. Il en va de même que le travail du son, que ce soient des insectes rampant ou sautillant ou la famille d’Arrietty dont chaque bruit de pas selon la matière sonne différemment. Le spectateur est alors plongé dans une perception comparable à celle de ces petites personnes (la scène de l’attaque du corbeau, une leçon d’animation), qui sont au plus près de la nature et des besoins humains les plus simples.

Qui dit studio Ghibli, dit forcément évocation de la nature et sa protection. Arriettyn’échappe pas à la règle du conte moderne à portée socio-écologique. Les Chapardeurs sont une espèce en voie de disparition (la famille d’Arrietty pensait être les derniers de leur espèce) car, vivant chez les humains, ils ne sont pas forcément acceptés par eux, aussi gros que des rats les Chapardeurs les craignent ainsi que les chats. Ils respectent la nature et vivent du strict minimum tout en mangeant « bio ». De ce qui est de la sociologie, on remarque par les personnages secondaires. La grand-tante de Sho désapprouve les choix familiaux de la mère de celui-ci, elle est à l’étranger alors que son fils est malade, et les parents d’Arrietty peuvent répondre à des stéréotypes, la mère trop protectrice et « faible », le père sobre et sûr de lui : le but est d’être uni en tant que famille. Arrietty a une famille qui ne comprend pas son choix de se rapprocher de Sho, qui lui n’a plus vraiment de famille: il y a depuis un certain temps une crise de la cellule familiale au Japon.

Pour conclure, la force d’un film d’animation est de réunir les gens de tout âge, et les studios Ghibli y arrivent de nouveau avec Arrietty.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…