Critique de Mars Attacks!

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Mars Attacks!

de Tim Burton
avec Jack Nicholson, Annette Bening, Glenn Close, Nathlie Portman, Sarah Jessica Parker, Danny de Vito, Pierce Brosnan et Lukas Haas

Etats-Unis – 1996 – 1h46

Rating: ★★★★☆

mars attacks!

Alors que des milliers de soucoupes en provenance de Mars arrivent dans l’atmosphère terrestre, le gouvernement américain cherche à établir un contact pacifique avec les voisins venus de la planète rouge. Mais devant l’invasion agressive de ces derniers, chacun tente de survivre et de les combattre.

Après la production hollywoodienne des années 50 à travers la figure d’Ed Wood, c’est à l’imaginaire SF de cette période, véhiculé à travers le cinéma et les comics que Burton rend hommage dans Mars Attacks!. En jouant le décalage par un humour second degré omniprésent, dédramatisant une situation que ses référents traitaient comme catastrophique, le réalisateur livre ce qui reste sans doute son film le plus critique sur les mœurs et valeurs américaines, tout en parodiant les films catastrophes patriotiques, Independance Day en tête de liste.

Les valeurs patriotiques sont ici ridiculisées à travers plusieurs personnages: Billy Glenn Norris, interprété par Jack Black, le soldat volontaire tout juste enrôlé qui fait la fierté de ses parents, le général Decker, archétype du gradé belliqueux,et surtout, le président Dale (Jack Nicholson) et ses nombreux discours caricaturaux sur la paix inter-galactique. Mais ce ne sont pas les seules valeurs tournées en dérision, c’est tout ce qui structure la société américaine, telle que l’ont créé les studios et les publicitaires depuis les années 50. On retrouve ainsi le promoteur avide de financements et sans scrupule, Art Land, également joué par Nicholson, sa femme, ex alcoolique New Age et naïve, Martin Short campe le conseiller libidineux Jerry Ross, n’hésitant pas à fréquenter prostituées et à ouvrir les portes de la Maison Blanche à la première paire de fesses (martienne), Sarah Jessica Parker, la journaliste de mode un peu cruche, qui se voit obtenir de meilleurs sujets que son petit ami, Michael J. Fox, présentateur de JT. Tous sont guidés par leur ambition personnelle, qui causera leur perte.

En parallèle, d’autres personnages évoluent en marge de cette société qui les cantonne dans des castes et qui sont les véritables héros de l’histoire. Taffy Dale, la fille du président, bien éloignée de la recherche de gloire historique de ses parents (l’un trouvant l’occasion de marquer son mandat, l’autre, Glenn Close, cherchant à laisser son empreinte en relookant la Maison Blanche), Byron Williams, joué Jim Brown, afro américain et musulman de surcroit, illustre la rage de survivre et les vraies valeurs familiales, en faisant un boulot où il est sous payé et traité avec dédain pour pouvoir entretenir sa famille loin de lui, refusant de remonter sur le ring et de redevenir la brute qu’il était et qui est probablement à l’origine de son divorce. Pam Grier, son ex femme, représente la mère célibataire se battant pour que ses fils ne tombent pas dans la délinquance. Quant à Ritchie Norris, le fils indigne, reste le seul à se préoccuper du sort de sa grand mère quand l’invasion débute et part au grand dam de ses parents pour sauver celle que tous considèrent juste comme une vieille folle. Tous deux seront pourtant les seuls à trouver le moyen de chasser l’envahisseur.
Ainsi, ce sont les parias de cette société WASP qui reflètent le mieux ses valeurs. Les vrais courageux, les vrais héros ne sont ni riches, ni puissants, mais ils sont honnêtes, droits et altruistes, ne laissant jamais leur ambition personnelle dictée leur conduite.

En délaissant l’aspect gothique et en poussant au maximum l’aspect coloré, Burton reprend à l’échelle du pays entier la critique qu’il avait débuté à l’échelle de la banlieue résidentielle d’Edward aux mains d’argent, l’utilisation de couleurs très vives rappelant ici l’imagerie des comics dont il revendique l’influence. Les héros de Mars Attacks! sont dans la continuité de cette galerie de personnages qu’affectionne le réalisateur, de celui à l’apparence monstrueuse au beautiful looser, l’antihéros par excellence.

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.