Scorch Marks : la gagnante de Dragula Vander Von Odd devient Tiamat
Fangoria révèle en exclusivité que Vander Von Odd, gagnante de Dragula, incarne Tiamat dans Scorch Marks, déjà en streaming via Dekkoo en France.
Fangoria a publié le 3 octobre 2026 un aperçu exclusif révélant le visage de Tiamat, la menace cosmique primordiale de Scorch Marks : c'est Vander Von Odd, gagnante de la première saison de l'émission de drag horrifique Dragula, qui l'incarne. Le film, réalisé par Brendan Haley, est déjà disponible en streaming depuis le 1er octobre 2026.
Une créature venue du fond des âges
Le choix du nom Tiamat n'est pas anodin. Dans la mythologie mésopotamienne, elle est la mère primordiale du chaos, la mer originelle dont émergent les dieux avant d'être vaincue et découpée par Marduk pour former le ciel et la terre. C'est une figure que le cinéma d'horreur cosmique affectionne depuis longtemps en filigrane : on y reconnaît la même logique que les grands anciens de Lovecraft, cette idée d'une entité antérieure à l'humanité, indifférente à elle, et dont la simple apparition suffit à faire voler en éclats l'ordre du monde. Associer ce nom à un film d'horreur apocalyptique queer dit déjà quelque chose de ses ambitions : ne pas se contenter d'un monstre de plus, mais convoquer une mythologie de la fin des temps, celle où le chaos précède et survivra à toute civilisation.
Le pedigree de Vander Von Odd pour ce rôle a son poids. Le personnage s'est imposé sur Dragula par un travail de transformation du corps et du visage qui dépasse largement le maquillage drag classique : prothèses, latex, mises en scène d'horreur corporelle, jusqu'à des numéros où le glamour bascule frontalement dans le grotesque. Confier Tiamat à une performeuse venue de cet univers, c'est faire le pari que la frontière entre maquillage d'horreur et maquillage drag n'a jamais été si fine, et que l'un nourrit naturellement l'autre. Queerty rappelle que Scorch Marks réunit autour d'elle Chris Salvatore, Tiffany Shepis et Peter Stickles, soit un casting qui navigue depuis des années entre cinéma indépendant queer et horreur de genre, et qui connaît par cœur les codes du survival apocalyptique à petit budget.
L'horreur queer à l'heure de l'apocalypse
On peut y voir la confirmation d'une tendance de fond : l'horreur queer ne se contente plus de revisiter le slasher ou le body horror sous un angle identitaire, elle s'autorise désormais le grand spectacle cosmique, terrain longtemps réservé à des productions plus mainstream. En plaçant une icône de la culture drag au centre d'une menace de fin du monde, Scorch Marks prolonge une filiation qui va des expérimentations de genre d'un John Waters aux relectures contemporaines du mythe lovecraftien, tout en s'inscrivant dans le sillage de productions qui ont fait du monstre un espace de représentation plutôt qu'une simple créature à abattre. Le succès de Dragula lui-même, émission qui a fait de l'horreur un terrain d'expression drag à part entière plutôt qu'un simple décor, prépare le terrain à ce genre de passerelle vers la fiction longue.
Reste que la promesse d'une « menace cosmique primordiale » est aussi un pari de mise en scène. Ce genre de figure fonctionne rarement par l'exposition frontale : les grands récits d'horreur cosmique, de Lovecraft à ses adaptations les plus réussies, misent sur l'accumulation d'indices, les visions fragmentaires, les présences hors champ qui laissent l'imagination du spectateur combler les vides. L'aperçu diffusé par Fangoria joue déjà sur ce registre en ne montrant Tiamat que par bribes, misant sur l'aura et la présence physique de Vander Von Odd plutôt que sur un design créature entièrement numérique. Pour un film au budget forcément resserré, c'est aussi une manière intelligente de transformer une contrainte économique en choix esthétique assumé, dans la droite ligne des meilleures réussites de l'horreur indépendante, qui ont toujours su tirer leur force visuelle de leurs limites plutôt que de les subir.
À ce stade, l'enjeu pour Scorch Marks sera de tenir cette promesse sur la durée d'un film entier, et pas seulement sur un visuel promotionnel soigné. L'horreur cosmique a ses propres pièges : une créature trop vite montrée perd son mystère, une créature jamais montrée frustre. Le pari de confier cet équilibre à une performeuse rodée à l'art de la révélation progressive, plutôt qu'à un simple effet spécial, donne au moins au film une colonne vertébrale cohérente entre son concept et son casting.
Disponibilité en France
Pas de sortie en salles française annoncée pour Scorch Marks, qui reste un film pensé pour le streaming dès l'origine. Le film est néanmoins accessible légalement en France via Dekkoo, plateforme spécialisée dans le cinéma LGBTQ+ référencée comme service légal par l'ARCOM, et également distribuée via SFR Play. De quoi suivre dès maintenant, sans attendre une distribution hypothétique, cette incursion du cinéma d'horreur queer dans le registre cosmique, portée par une figure bien connue des amateurs de Dragula.