River : Universal et Blumhouse rachètent le slasher pour plus de 10 M$

Universal et Blumhouse Atomic Monster rachètent le slasher River pour plus de 10 M$ après une enchère face à Sony au TIFF.

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Rivière isolée dans une forêt sombre au crépuscule avec un bateau abandonné sur la berge, ambiance de survival horror
Illustration Celluloidz

Universal Pictures et Blumhouse Atomic Monster sont en train de conclure l'acquisition des droits de distribution de River, le slasher réalisé par Josh Giuliano, auprès d'IFC et de sa plateforme Shudder, pour plus de 10 millions de dollars. L'information, révélée le 14 septembre 2026 par Deadline, intervient quelques jours seulement après la première mondiale du film au Festival international du film de Toronto, dans la très courue section Midnight Madness.

Une enchère qui trahit l'appétit du marché pour le slasher pur

Ce qui rend le deal intéressant ne tient pas qu'au chiffre. Selon Variety, Sony s'était positionné en tête de la course avec une offre de 8 millions de dollars dès lundi matin, avant de se retirer face à la montée en puissance d'Universal et Blumhouse Atomic Monster. On retrouve ici un scénario devenu classique depuis quelques années sur les festivals nord-américains : un genre movie sans star au générique, monté en dehors du système des studios, qui déclenche une bataille d'acquisition en quelques jours à peine après sa projection. Le mécanisme rappelle les emballements autour de Talk to Me ou de plusieurs titres Midnight Madness des éditions précédentes du TIFF, sauf qu'ici c'est Blumhouse, la maison qui a bâti son modèle sur le petit budget à fort rendement, qui rafle la mise plutôt que de produire en interne. Le mariage avec Universal, son partenaire de distribution historique depuis Halloween (2018) jusqu'à M3GAN, confirme surtout que le duo continue de scruter les festivals pour compléter son line-up sans attendre le développement maison.

Jane Levy et Jessica Rothe, la garde montante du survival horrifique

Sur le plan du récit, The Wrap précise que River suit deux sœurs bloquées sur une rivière isolée après la panne de leur bateau, traquées par un tueur sans visage. Le casting n'est pas anodin : Jane Levy, révélée au genre par le remake d'Evil Dead en 2013, et Jessica Rothe, devenue une figure quasi incontournable du slasher moderne depuis Happy Death Day, forment un duo qui pèse déjà dans l'imaginaire des amateurs d'horreur. Leur présence conjointe fonctionne presque comme un argument de vente à elle seule, une manière pour un petit film indépendant de se hisser au rang d'événement avant même sa sortie. On peut y voir la confirmation d'une tendance de fond : le genre horrifique s'est construit, ces quinze dernières années, ses propres têtes d'affiche récurrentes, des actrices qui reviennent film après film sans jamais quitter le registre, à la manière dont Jamie Lee Curtis a façonné toute une génération de la scream queen.

Le huis clos aquatique, un sous-genre qui ne s'épuise jamais

Sur le plan de la mise en scène, le pitch de River s'inscrit dans une filiation ancienne du survival horror : l'isolement en milieu naturel comme piège narratif. De Deliverance à Dead Calm, en passant par des titres plus récents comme The Shallows ou Crawl, le cours d'eau ou l'étendue liquide fonctionnent comme un espace clos paradoxal, ouvert visuellement mais fermé dramatiquement : impossible de fuir vite, impossible d'appeler du secours, chaque décision de déplacement devient un choix de survie. Ajouter à cela un tueur « sans visage », motif qui renvoie directement au masque vierge de Michael Myers ou à l'anonymat du Ghostface de Scream, laisse penser que Giuliano cherche moins l'innovation formelle que l'efficacité d'un mécanisme éprouvé, resserré sur un décor naturel qui coûte peu à filmer mais paie beaucoup à l'écran quand la mise en scène sait s'en servir.

Et en France ?

Pour l'instant, aucune date de sortie française n'a été annoncée. Le film vient tout juste d'être vendu à Universal et Blumhouse Atomic Monster à la suite de sa première mondiale au TIFF le 10 septembre 2026, sans distributeur ni fenêtre de sortie confirmés, y compris aux États-Unis. La marque Blumhouse reste toutefois bien identifiée du public français, portée par les succès en salles de Halloween, Get Out ou M3GAN : un passage par une sortie française via Universal Pictures International France reste donc l'hypothèse la plus probable une fois le calendrier américain fixé, mais rien n'est confirmé à ce jour.