Hokum sur Hulu pour Halloween : la France a déjà une longueur d'avance
Hokum, le film d'horreur de Damian McCarthy, arrive sur Hulu aux USA le 10 octobre, mais les spectateurs français peuvent déjà le voir en VOD et en vidéo.
Damian McCarthy, révélé par Oddity, voit son second long-métrage Hokum arriver en clair sur Hulu aux États-Unis à partir du 10 octobre 2026, pile pour la saison d'Halloween. L'information est confirmée par Bloody Disgusting et Dread Central, toutes deux datées du 16 septembre 2026. Mais pour une fois, ce n'est pas le public français qui attend son tour : Hokum est déjà sorti en salles chez nous le 29 avril 2026 par The Jokers Films, disponible en VOD depuis fin août et en Blu-ray, 4K UHD et DVD depuis le 1er septembre. Le film distribué par NEON outre-Atlantique arrive donc sur le petit écran américain avec plusieurs mois de retard sur le marché français, un renversement de calendrier suffisamment rare dans le cinéma de genre pour être souligné.
Damian McCarthy, artisan discret de l'horreur atmosphérique
Le nom de Damian McCarthy ne dira peut-être pas grand-chose au grand public, mais les amateurs de folk horror et d'épouvante feutrée se souviennent de son premier film, Oddity, salué pour sa capacité à installer une tension diffuse sans jamais céder à la surenchère. Avec Hokum, le réalisateur irlandais poursuit dans cette veine : le film suit Ohm Bauman, un écrivain américain venu en Irlande pour disperser les cendres de ses parents près de l'hôtel où ils avaient passé leur lune de miel. La suite nuptiale de l'établissement, interdite d'accès, serait hantée par une sorcière. Quand la barmaid Fiona disparaît, les soupçons se portent sur un vieil homme au passé trouble vivant dans les bois voisins.
On retrouve ici la matrice du folk horror irlandais et britannique : un décor rural chargé d'histoire, une légende locale qui infuse le récit, un protagoniste étranger confronté à des croyances qu'il ne maîtrise pas. C'est une filiation qui remonte à The Wicker Man et que le cinéma indépendant anglo-saxon continue d'exploiter avec constance, McCarthy y ajoutant sa marque de fabrique : une mise en scène qui préfère la suggestion à l'exposition, et une atmosphère qui pèse plus que les effets de surprise. Le casting mené par Adam Scott, acteur davantage associé à la comédie (Parks and Recreation, Severance), confirme d'ailleurs une tendance de fond du cinéma d'horreur récent : recruter des visages venus d'ailleurs pour incarner le basculement du quotidien vers l'inquiétant.
Un deuil comme moteur narratif
Le point de départ du récit, un homme venu accomplir un dernier devoir envers ses parents disparus, s'inscrit dans une tradition bien identifiée du genre : l'horreur comme traitement détourné du deuil. Depuis quelques années, une partie significative de l'horreur dite « élevée » (Hereditary, The Babadook, ou plus récemment une bonne partie de la production A24 et NEON) utilise le surnaturel comme métaphore d'un traumatisme personnel non résolu. On peut y voir, avec Hokum, une nouvelle variation sur ce motif : le voyage physique du personnage vers l'Irlande double un voyage intérieur vers l'acceptation, la sorcière et la suite hantée devenant les figures d'un passé qui refuse de se refermer. Cette lecture reste une hypothèse d'interprétation, le film n'ayant pas encore fait l'objet d'une analyse approfondie de la critique française au moment de son arrivée sur Hulu, mais elle est cohérente avec la ligne éditoriale du distributeur NEON, coutumier de ce type d'horreur psychologique et auteurisante.
Voir le post sur X
Deux marchés, deux tempos : ce que révèle le calendrier de Hokum
Le décalage entre la France et les États-Unis sur ce titre illustre une réalité de plus en plus fréquente dans la distribution du cinéma de genre indépendant : les fenêtres d'exploitation ne suivent plus un schéma uniforme d'un territoire à l'autre. Un film comme Hokum, porté par un distributeur de niche outre-Atlantique, peut mettre plusieurs mois avant d'atterrir sur une plateforme grand public américaine, le temps que le studio négocie une fenêtre de diffusion cohérente avec son calendrier événementiel (ici, Halloween). En France, à l'inverse, The Jokers Films a choisi un parcours plus classique et plus rapide : salles, puis VOD, puis vidéo physique, le tout bouclé en moins de cinq mois.
Pour le spectateur français curieux de folk horror irlandais, l'attente est donc déjà terminée. Hokum se loue ou s'achète en VOD dès maintenant, et le combo Blu-ray/4K UHD est disponible en magasin depuis le 1er septembre. Rappelons en revanche que Hulu, la plateforme qui diffusera le film aux États-Unis à partir du 10 octobre, n'est pas accessible en France : cette date ne concerne donc que le public américain, et aucune diffusion française sur une plateforme de streaming n'a pour l'instant été annoncée.
Reste la bande-annonce, disponible pour quiconque veut se faire une idée de l'atmosphère instaurée par McCarthy avant de se lancer :