Forbidden Solitaire annonce son DLC narratif The Discarded pour octobre

Night Signal Entertainment annonce The Discarded, DLC narratif de Forbidden Solitaire autour d'un CD-ROM maudit de 1995, prévu en octobre sur Steam.

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Gros plan sur un CD-ROM vintage éraflé éclairé d'une lumière rouge violette dans une vitrine de musée poussiéreuse
Illustration Celluloidz

Night Signal Entertainment et Grey Alien Games ont dévoilé le 23 septembre 2026 The Discarded, premier DLC narratif de Forbidden Solitaire, leur jeu de cartes horrifique culte. Annoncé par Bloody Disgusting, le contenu additionnel promet trente niveaux inédits, deux à trois heures de jeu supplémentaires, de nouveaux ennemis, des puzzles et un affrontement de boss.

L'extension se déroule un an après les événements du jeu de base. Selon ReadDork, les joueurs incarnent cette fois Robyn Cierra, qui explore un musée consacré aux contenus abandonnés, directement lié à un CD-ROM maudit datant de 1995. La sortie est fixée à octobre 2026 sur Steam (Windows/PC), au prix annoncé de 7,99 dollars. L'annonce et le trailer ont été confirmés par un troisième média spécialisé, GameGrin.

Le solitaire comme piège narratif

Forbidden Solitaire appartient à cette lignée de jeux d'horreur indépendants qui détournent une mécanique familière et rassurante pour en faire le vecteur de la peur. On pense inévitablement à Inscryption et à sa table de jeu de cartes hantée, ou plus récemment à Buckshot Roulette, qui transforme un jeu de hasard en rituel de survie. Le geste du solitaire, patient, solitaire justement, presque méditatif, se prête particulièrement bien à ce renversement : chaque carte retournée devient une petite décision qui peut faire basculer le récit vers l'horreur. C'est cette tension entre banalité du geste et gravité de l'enjeu qui fait la force du concept original, et que The Discarded semble vouloir approfondir plutôt que répéter.

En confiant le rôle principal à un nouveau personnage, Robyn Cierra, un an après les faits du jeu de base, les développeurs choisissent la voie de l'extension narrative plutôt que du simple contenu bonus. C'est un pari qui rappelle la manière dont certains survival horror construisent leurs suites courtes : non pas en répétant la formule, mais en élargissant l'univers par un point de vue périphérique, souvent plus fragile, qui permet de revisiter les mêmes peurs sous un angle neuf.

Le CD-ROM maudit, une hantise très années 90

L'élément le plus significatif de cette annonce reste le choix du CD-ROM de 1995 comme objet maléfique central, exploré à travers un musée de « contenus abandonnés ». On peut y voir une variation sur le motif classique de la bande maudite, popularisé par Ringu et son remake américain, où un support physique devient le vecteur d'une malédiction qui se transmet à celui qui la consulte. Mais ici, la cassette VHS cède la place au CD-ROM, symbole d'une époque charnière de l'informatique grand public, celle des jeux multimédias expérimentaux, des encyclopédies interactives et des logiciels vite oubliés.

Ce choix s'inscrit dans une tendance plus large de l'horreur indépendante actuelle, qui puise dans l'esthétique et les objets technologiques obsolètes des années 90 pour raviver une inquiétude diffuse : celle des interfaces mortes, des formats abandonnés, des contenus perdus qu'on croyait inoffensifs. La figure du musée qui archive ces reliques numériques fonctionne comme une mise en abyme du jeu lui-même, qui ressuscite le solitaire, ce logiciel préinstallé sur tous les ordinateurs de l'époque, pour en faire un objet de terreur. La filiation avec le mouvement de l'analog horror, qui reconstitue l'inconfort visuel et sonore des médias analogiques et numériques dégradés, est nette.

Ce que ça dit du marché horreur indépendant

La sortie d'un DLC narratif complet, avec boss et nouveaux ennemis, pour un jeu de cartes horrifique confirme aussi une dynamique de fond : les studios indépendants misent de plus en plus sur l'extension de leurs succès de niche plutôt que sur la suite classique. Le format court, deux à trois heures annoncées, correspond à une consommation calibrée pour le streaming et les vidéos de réaction, terrain de jeu naturel des titres d'horreur à twist mécanique depuis Five Nights at Freddy's. Un prix contenu, ici sous les 8 dollars, participe de la même logique d'accessibilité.

Et pour les joueurs français

Steam étant une plateforme mondiale, The Discarded sera bien accessible aux joueurs français dès sa sortie. La fenêtre annoncée reste toutefois large, « octobre 2026 » sans date précise à ce stade, et le prix communiqué de 7,99 dollars n'a pas encore de conversion officielle en euros. Les amateurs français de jeux vidéo d'horreur à mécanique originale devront donc patienter quelques semaines avant de connaître la date exacte et le tarif définitif sur la boutique Steam.