Blumhouse adapte Amanda the Adventurer, MatPat au cœur du projet
Blumhouse développe une adaptation live-action du jeu culte Amanda the Adventurer, coproduite par le youtubeur MatPat. Aucune date française annoncée.
Blumhouse a annoncé le développement d'une adaptation live-action du jeu vidéo d'horreur Amanda the Adventurer, lors du panel Blumfest organisé à la New York Comic Con. L'information, révélée le 9 octobre 2026 par Dread Central, place le studio de Jason Blum sur un nouveau terrain de chasse : celui des jeux d'horreur indépendants devenus phénomènes viraux sur internet.
Le projet sera porté par un producteur inattendu. Selon Variety, Matthew « MatPat » Patrick, longtemps visage de la chaîne YouTube d'analyse vidéoludique Game Theory, coproduira le film avec Patrick Ewald, d'Epic Pictures. Aucun scénariste ni réalisateur n'est pour l'instant attaché au projet, qui reste donc à un stade très préliminaire.
Un jeu d'horreur né du détournement de l'imagerie pour enfants
Amanda the Adventurer a construit sa réputation sur un principe simple et redoutablement efficace : celui d'une fausse cassette VHS éducative pour enfants, dont l'animatrice-mascotte bascule progressivement dans quelque chose de nettement plus inquiétant. Cette esthétique, héritière directe de l'horreur analogique popularisée en ligne depuis une décennie, a fait du titre un succès culte auprès d'un public biberonné aux vidéos de décryptage et de let's play, avant toute reconnaissance critique traditionnelle.
C'est précisément ce terrain que Blumhouse semble vouloir exploiter. Après le triomphe commercial de Five Nights at Freddy's, qui a prouvé que les licences nées sur internet pouvaient remplir les salles sans le soutien d'un studio hollywoodien historique, le passage à l'écran d'un jeu comme Amanda the Adventurer relève d'une logique assumée : s'appuyer sur une communauté déjà acquise plutôt que de construire un public de zéro.
MatPat, de l'autre côté de la caméra
La présence de Matthew Patrick au générique producteur dit beaucoup de l'évolution du genre. Pendant des années, Game Theory a précisément vécu de l'analyse et de la mise en récit de jeux comme celui-ci, décryptant leurs mystères épisode après épisode devant des millions d'abonnés. Le voir passer du commentaire à la production entérine une bascule : les créateurs qui ont fait vivre ces œuvres en ligne deviennent désormais les garants de leur transposition au cinéma, avec l'argument marketing que représente leur propre communauté.
Deadline précise que ce film ne constitue pas un coup isolé : il s'inscrit dans un accord multi-films entre Blumhouse et MatPat portant sur l'adaptation d'autres jeux d'horreur indépendants. On peut y voir la mise en place d'un véritable catalogue, sur le modèle de ce que le studio a déjà expérimenté avec les licences de poupées et de jouets maudits qui ont fait sa marque de fabrique depuis une quinzaine d'années.
Ce qu'il faut en retenir à ce stade
L'absence de scénariste et de réalisateur rappelle que l'annonce reste avant tout une déclaration d'intention. Blumhouse a l'habitude de ces effets d'annonce calibrés pour les conventions, où l'accord de développement précède parfois de plusieurs années la mise en production réelle. La filiation avec Five Nights at Freddy's est nette dans la stratégie, mais rien ne garantit encore que Amanda the Adventurer suivra le même calendrier ni la même ampleur de sortie.
Le choix d'un format d'adaptation reste entièrement ouvert : la matière narrative d'origine, volontairement fragmentaire et mystérieuse, laisse une large marge d'interprétation au futur scénariste.
Reste que le signal envoyé à l'industrie est clair : l'horreur « analogique » et les jeux narratifs nés sur itch.io ou Steam avant de devenir des phénomènes de streaming constituent désormais un vivier de licences à part entière, au même titre que les comics ou les romans. Pour le genre, c'est une source d'inspiration supplémentaire, à condition que les futurs films parviennent à traduire à l'écran ce qui faisait la force du support d'origine : l'attente, le doute sur ce qu'on regarde vraiment, et le malaise diffus plutôt que le choc frontal.
Voir le post sur X
Et en France ?
Le projet n'en est qu'au stade du développement : aucun scénariste ni réalisateur n'est attaché, et ni Blumhouse ni les sources américaines ne mentionnent de calendrier de sortie. Aucune date française, aucun distributeur ni prix d'accès ne sont donc annoncés à ce jour. Le jeu vidéo original, disponible sur Steam, reste pour l'instant la seule façon d'accéder à l'univers d'Amanda the Adventurer : il n'a aucun lien avec la future sortie du film, dont rien ne permet encore d'anticiper la date, même approximative, d'arrivée dans les salles ou en streaming en France.