Critique: Leatherface (2017)

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Leatherface

De Alexandre Bustillo et Julien Maury

Avec Stephen Dorff, Lili Taylor, Vanessa Grasse…

États-Unis – 2017 – 01H30

Rating: ★☆☆☆☆

Quatre adolescents s’évadent d’un hôpital psychiatrique en kidnappant sur leur passage une infirmière. Se lance alors une course poursuite entre nos fugitifs et un shérif vengeur avide de justice sauvage. Parmi la bande de dégénérés se cache le futur Leatherface.

Premier essai au pays des burgers pour nos deux frenchies Alexandre Bustillo et Julien Maury. Après avoir enchaîné trois films aussi sincères et passionnés que bancales et fourre-tout, Leatherface est l’occasion pour les cinéastes de s’attaquer à une franchise lancée par le plus grand film d’horreur de tous les temps (de quoi forcément avoir la pression). Autant le dire d’emblée, Leatherface est une catastrophe. C’est aussi un autre exemple, qui sont désormais légion, d’œuvre complètement dépossédée par une administration hollywoodienne schizophrène et bipolaire (cf. l’interview paru dernièrement dans le magazine Mad Movies ou encore sur le site de Capture Mag).

On le sait, le cinéma est un travail d’équipe, il serait candide de penser qu’un film résulte de la vision d’un seul homme. Cependant, lorsqu’on court-circuite le processus créatif, apportant des modifications à une œuvre finie allant à l’encontre de l’idée de base du projet, comment espérer obtenir autre chose qu’une soupe Liebig froide et écaillée ?

Pour autant, est-ce que l’échec créatif du film est uniquement à incomber aux décisions stupides de dernières minutes de producteurs ? Je ne pense pas.

Leatherface est certes une œuvre malade, disant tout et son contraire, mais le jusqu’au boutisme habituel du duo fait souvent sombrer le métrage dans le ridicule. Les réalisateurs évoquent Rob Zombie et Terrence Malick, et c’est de mon point de vue un des plus gros défaut de Bustillo et Maury : Le poids des références. Réussir à refaire le tour de force de The Devil’s Rejects est un travail d’équilibriste tant dans le fond que dans la forme, et ce talent là, les deux français ne l’ont pas encore. Formellement le métrage a quelques beaux atouts, la photo est jolie et le duo sait comment donner de l’impact à une scène gore.

Pour ce qui est du reste, difficile de juger de la pertinence de certains choix narratifs ou plastiques tellement le film a été remanié. Si on se concentre sur le produit fini sans évoquer la fabrication, on peut dire que Leatherface est un cadavre exquis, ne sachant pas trop où il va tout en se dirigeant vers les toilettes.

Pourtant armé d’idées pertinentes, comme le fait de ne pas vouloir faire passer le boogeyman pour une victime mais bel et bien comme un salaud dès le départ, ou encore d’éviter de refaire les passages obligés de la saga pour s’extraire de l’ombre de son aîné, le duo a vu littéralement leur film s’écrouler dans le dernier virage de la post-production qui est allé en total contresens par rapport aux deux poins cités plus haut. Rageant pour eux, mais le spectateur, lui, voit au final un film sans queue ni tête essayant d’exister qu’au travers de quelques soubresauts gores et parfois, forcément, complètement non-sensiques. On laisse volontiers le bénéfice du doute à Julien Maury et son comparse Alexandre Bustillo, même si dans les décombres on arrive à distinguer autant les qualités que les défauts habituels de ce duo sympathique.

 

 

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !