Critique: I Don’t Feel at Home in This World Anymore

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

 

I Don’t Feel at Home in This World Anymore

 

de Macon Blair

Avec Melanie Lynskey, Elijah Wood, Jane Levy, David Yow, Devon Graye, Gary Anthony Williams, Lee Eddy, Macon Blair

Etats-Unis – 2016 – 1h33

Rating: ★★★★☆

 

Ruth, aide soignante un peu dépressive poussée à bout par l’incivilité grandissante des autres, se met en tête de retrouver ceux qui ont cambriolé sa maison, aidée de son voisin Tony.

 

Acteur fétiche de Jeremy Saulnier (Blue Ruin, Green Room); Macon Blair passe derrière la caméra pour la première fois avec I Don’t Feel at Home in This World Anymore, un bien long titre pour une série B, adoubée à Sundance 2017 où il a reçu le Grand prix du jury. Porté par Melanie Lynskey, binôme de Kate Winslet dans le Créatures Célestes de Peter Jackson, et un Elijah Wood au mieux de sa forme (et depuis Cooties, ça fait bien plaisir!), le film démontre aussi bien les qualités de scenariste que de metteur en scène de Blair.

 

Prenant une femme comme personnage principale, le réalisateur nous évite l’écueil de la meuf badass en quête de justice, et préfère faire de Ruth une fille simple et  esseulée, dépressive presque banale mais très attachante de par son humanité. Dans un état d’esprit similaire – même si bien moins violent que Frank le héros de God Bless America, la jeune femme en vient à commettre des actes disproportionnés, poussée à bout par l’impolitesse et l’égoïsme des autres. Son personnage contraste fortement avec celui de Tony, hillbilly d’une gentillesse dans la veine de Tucker et Dale, mais au final c’est ce duo qui fait le sel du film.

 

 

Pour les personnages secondaires, on retrouve aussi des têtes connues (genre  » je l’ai déjà vu quelque part » connues), comme Jane Levy, vu dans Don’t Breathe ou Gary Anthony Williams, le père de Steevy dans Malcolm, en flic au bord du nervous breakdown. Les méchants sont esquissés pour en faire des connards plutôt communs, le genre qu’on croise dans la vie de tous les jours. Blair parvient à dépeindre en quelques scènes leurs dilemmes moraux – ou leur absence – allant à l’essentiel d’une caractérisation pas aussi manichéenne qu’elle n’y paraît. 

Même si on sent l’influence coenienne, Blair parvient tout de même à donner une pâte à son film, en terme d’écriture comme de choix de mise en scène. En résulte une belle série B à la croisée des genres, sorte de vigilante terriblement humain, thriller aux accents drama et aux ressorts comiques bien foutus. Et un début prometteur derrière le stylo comme derrière la caméra pour Macon Blair.

 

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.