Page de pub – n°1

page de pub

La pub, c’est de la merde ! Véritable outil de propagande pour des multinationales pas toujours très portées sur l’intérêt général, elles viennent scinder vos programmes à la télévision et s’incrustent à tous les niveaux sur les internets (même si sur Celluloïdz, c’est plutôt tranquille). Néanmoins, au-delà du rouage essentiel qu’elles constituent au sein du joyeux système de la société de consommation, elles n’en restent pas moins des réalisations audiovisuelles. Certaines se révèlent même de véritables œuvres d’Art à part entière, portant le sceau de ceux qui les ont mis en images. Ainsi, nous aborderons dans cette nouvelle rubrique les publicités (pas toutes bonnes non plus !) de grands cinéastes. C’est donc parti pour cette première « Page de pub »*.

« Peut mieux faire » – Roman Polanski pour Marie Claire.

Marie Claire et Polanski, le lien ne paraît pas forcément évident mais le réalisateur franco-polonais réalisa pourtant un spot pour le magazine en 1984. Au programme : le réveil d’une femme via un découpage constitué de gros plans plutôt fétichistes, d’une pointe de nudité et de slogans listant des passions. Effectivement, y’a bien du Roman là-dedans… Le tout se clôt sur une chute qui vient vanter avec malice la fameuse femme des années 80 (ou la femme libérée, au choix…).

 

Wes Anderson pour Softbank.

Brad Pitt , avec sa fringuante moustache d’Inglorious Bastards, a joué sous la direction de Wes Anderson. Vous étiez passé à côté ? Normal, ce spot n’a été diffusé qu’au Japon. Tourné dans le Calvados et illustré par le Poupée de Cire, Poupée de Son de Serge Gall (pardonnez la compression !), ce petit film de Wes Anderson est une énième déclaration d’amour à la France ainsi qu’un vibrant hommage au cinéma de Jacques Tati. Force est de constaté que ces trente secondes portent la marque du réalisateur texan : couleurs chatoyantes des costumes, mouvements d’appareils millimétrés et soucis maniaque de la composition, nostalgies des années soixante et même des scouts, comme tous droits sortis de Moonrise Kingdom !

 

Bill Plympton pour Microsoft.

Un papillon bat des ailes et vient se poser sur un homme, changeant tour à tour en fenêtre ses oreilles, son nez, ses yeux et son esprit afin de développer sa sensibilité et sa créativité. Que ce soit par son trait unique, son animation fiévreuse et son lyrisme, ce spot est assurément signé Bill Plympton. Le cartooniste met le cul et le trash de côté et offre à Microsoft un placement de leur fameuse « Windows » d’une poésie désarmante.

 

Alain Chabat pour Orangina.

« C’est quoi le texte ? Aaaaaaaaaaaah… » C’est Alain Chabat qui signe cette célèbre publicité prônant, une fois n’est pas coutume, le secouage de la fameuse bouteille jaune. Dès 1996, le Nul témoigne déjà de tout l’amour pour la bande dessinée également à l’œuvre dans ces films à venir (notamment au détour d’une animation que l’on retrouvera plus tard dans Mission Cléopâtre). Un spot efficace donc qui doit beaucoup à une mise en scène survoltée sur laquelle n’aurait certainement pas crachée Sam Raimi.

 

Sam Mendes pour Apple.

 

Magie de la technologie : qu’ils soient blancs, noirs ou asiatiques, des êtres humains des quatre coins de la planète partagent les grands moments de leurs vies autant que des petits bonheurs du quotidien grâce à Facetime. Afin promouvoir cette nouvelle application révolutionnaire (bien que déjà présente dans tout bon film de sf qui se respecte), Apple commande un spot bien sirupeux, au son de l’indémodable Louis Armstrong, à l’oscarisé Sam Mendes. Ah, si seulement les héros d’American Beauty ou des Noces rebelles avaient pu utiliser Facetime…

 

 

*Aucune obligation d’achats ! 

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.