Critique: La Vengeresse [Etrange Festival 2016]

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Revegeange

De Bill Plympton, Jim Lujan

Avec les voix de Charley Rossman, Robert Lujan, Jim Lujan.

Etats-Unis – 2016 – 1h11

Rating: ★★★★☆

 

Un incendie ravage le repère des Inland Emperors, un gang de bikers. Deathface, ancien membre du club devenu sénateur après une glorieuse carrière de catcheur, convoque plusieurs chasseurs de prime pour retrouver le responsable. Parmi eux, Rod Rosse cache ses talents de fin limier sous une allure de salaryman à lunettes. Aussi, il découvre vite qu’une jeune fille s’est lancée dans une quête vengeresse.

 

revegeance

 

Huitième film de Bill Plympton, La vengeresse est également sa première coréalisation. En effet, le pape de l’animation indé US s’associe ici avec Jim Lujan, créateur notamment de la série Sajourno must die . Le premier s’est occupé du storyboard et de l’animation tandis que le second a écrit le scénario et designé les (nombreux) personnages. La vengeresse nous présente ainsi toute une galerie de sacrées gueules (du gangsta en claquette à la daronne badass de Rod Rosse en passant par une secte aussi illuminée que surarmée !), encore plus fournie qu’à l’habitude chez Plympton ! L’action est mise ici à l’honneur, même si on y perd sûrement une part de la poésie du cinéaste, d’autant que son style d’animation, bien que toujours aussi remarquable, ne se prête pas toujours à un rythme aussi trépidant. Si le film n’est vraiment pas son plus beau non plus, notamment au niveau de la colorisation, la créativité de Plympton, associée à celle de Lujan, fait en revanche des merveilles et le film fourmille d’idée. Les deux auteurs se sont particulièrement bien trouvés pour ce qui est de l’irrévérence et ils n’hésitent pas à se foutre joyeusement des Etats-Unis, principalement avec Deathface, ce personnage de catcheur/bikeur/sénateur, quelque part entre le président d’Idiocratie et… et… et juste la réalité en fait !

 

Si La vengeresse ne manquera pas de dérouter une partie du public habituée à des productions autrement plus onéreuses, Plympton montre une fois de plus qu’un tel cinéma d’animation, indépendant et à une échelle plus humaine, est non seulement (im)pertinent mais même nécessaire.

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