Critique: Detour [Etrange Festival 2016]

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Detour

de Christopher Smith

avec Tye Sheridan, Emory Cohen, Bel Powley, Stephen Moyer, John Lynch

Grand-Bretagne – Afrique du Sud – 1h30 – 2016

Rating: ★★★★☆

detour

Harper, jeune étudiant en droit dont la mère est dans le coma suite à un accident de voiture, rencontre un mec louche du nom de Johnny Ray alors qu’il noie sa peine dans un bar. Au détour de la conversation, il lui confie vouloir se débarrasser de son beau père qu’il soupçonne d’avoir voulu tuer sa mère. Mais lorsque Johnny se pointe le lendemain matin avec sa copine Cherry pour exécuter leur plan, Harper n’est plus si sûr de vouloir aller jusqu’au bout…

 

Christopher fuckin Smith est de retour! Six ans (six!) se sont écoulés depuis les chocs Black Death  et Triangle ( tous deux sorti en DTV en France en 2011), qui le faisait déjà passer de réal de petites séries b sympa à mec très prometteur en deux films. Après avoir testé la commande de Noël avec Get Santa, le réalisateur britannique revient à ses premières amours avec Detour, thriller à la structure complexe, dont la narration est principalement dirigée par le montage, rappelant la tentative Triangle. Pourtant depuis, Smith a su tirer les leçons de ses erreurs et a simplifié, épuré le plus possible sa trame narrative pour ne garder au final qu’une histoire pouvant paraître de prime abord banale. Mais c’est dans la manière dont il va la raconter qui fait la grande force du film, démonstration brillante du pouvoir du montage. Ajoutons à ça une belle performance du trio d’acteurs mené par le jeune Tye Sheridan (Tree of Life, Mud) qui incarne à merveille le tourmenté Harper.

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Au delà du montage, Smith prouve surtout combien sa mise en scène a gagné en maturité et en assurance, sortant du cadre de la série B fantastique (dans tous les sens du terme) pour livrer un thriller inspiré des films noirs des années 40/50, Edgar George Ulmer en tête, dont il emprunte le titre de son film et dont il a donné le nom à un de ses persos. Fort de cette assurance, Smith ose de beaux plans séquences, des ralentis savamment utilisés pour allonger un noeud dramatique, des cadrages parfaits pour renforcer la caractérisation des persos. Bref, celui que beaucoup considèrent comme un simple réal de petits bis livre ici son film le plus maîtrisé, empreint d’une longue lignée de “road polars” à l’américaine, où l’intrigue peut paraître simple tant que la forme recèle d’idées et d’originalité.  L’inverse de Triangle en somme, qui repose sur une intrigue et une mise en scène complexes. 

 

Sélectionné dans notre top 30 des meilleurs réals en activité, Christopher Smith semblait avoir disparu des radars, avec un seul film, peu glorieux en 6 ans. Autant dire que ça a bien apporté de l’eau au moulin de ses détracteurs au sein de l’équipe. Nous (ses fervents défenseurs, big up pour Gutbuster, Naughty Bear, Evilhost et The Vug!), on va pouvoir leur faire la nique grâce à la confirmation que nous apporte Detour. Christopher Smith est un excellent technicien et scénariste qui n’a rien à envier au très surestimé (à mon sens) Denis Villeneuve.. Si ce n’est la reconnaissance. Espérons que nous n’aurons pas à attendre encore 6 ans avant de revoir une bobine signée Smith!

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.