Critique: My life directed by Nicolas Winding Refn

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My life directed by Nicolas Winding Refn

De Liv Corfixen

Avec Nicolas Winding Refn, Liv Corfixen, Ryan Gosling

Etats-Unis – 2014 – 1h10

Rating: ★★★★☆

Liz-Corfixen-My-Life-Directed-by-Nicolas-Winding-Refn-review

Un jeu de tarots à Paris. C’est l’artiste Alenjandro Jodrowsky qui tire les cartes à Nicolas Winding Refn avant son séjour en Thaïlande pour le tournage d’Only God Forgives. La femme de dernier, Liv Corfixen décide de filmer ce périple qui fait déménager toute la famille à Bangkok…

C’est à la fois un documentaire sur un film, sur une famille, sur un couple et sur une femme. En plus des enfants à contrôler, elle se retrouve malgré elle à gérer le génie danois, qui ne semble pas spécialement aimer être filmé. Mais il n’a pas interféré sur le documentaire où il est la personne qui apparaît le plus. Que ce soit pour les explications de son film (une relation compliquée entre un homme et sa mère, « la violence c’est comme le sexe, faut pas négliger les préliminaires ») ou la direction d’acteurs donnant lieu à des scènes très drôles (une réelle complicité avec Ryan Gosling, proche de la famille, il aurait même vu Liv nue selon les dires de NWR), on perçoit une tension, de l’angoisse, des doutes et des interrogations (la peur de faire un Drive 2). Il y a même ce fameux deal où pour boucler son budget, NWR Ryan et elle-même se retrouvent à accepter une apparition dans un festival locale diffusant Drive moyennant finance (voir un réalisateur se mettre à compter lui-même les coupures de liquide qu’il a négocié, c’est spécial) ou la révélation des pots de vin obligés à donner aux policiers thaïs.  Notons aussi que pour un danois, NWR est tout de même emprunt de rites tribales: lors de ses tournage il s’entoure le bas du ventre d’une couverture à carreaux pour conserver son énergie, son « chi », il en offera même une à Ryan Gosling qui dirigea une seconde équipe technique lors de quelques scènes à Bangkok.

Mais plus le film avance, plus ça va de mal en pire. En effet Nicolas Winding Refn commence à détester son film, se sent complètement incompris à la limite de la schizophrénie, d’autant que le documentaire suit la participation à Cannes 2013 (« ce sont les mauvaises critiques que l’on retient »). Mais surtout NWR, commence à se distancer de sa femme et fait sentir sa mauvaise humeur. Il semble alors logique, qu’un moment ou un autre, il prenne la caméra de sa femme pour la filmer à son tour, ce qu’il fera et calmera les tensions. Que nenni, de retour au Danemark, le problème est toujours là, alors à nouveau Jodorowsky tire les cartes, mais cette fois pour Liv… Pour finir, sur une musique électro-lounge-expérimentale (Cliff Martinez le compositeur de Drive et Only God Forgives est aux manettes), on comprend pendant 70 minutes que le titre « dictatorial » du documentaire n’est pas ironique ou exagéré, mais rend surtout compte d’un tournage éreintant, d’un saut vers l’inconnu voulu et d’une aventure familiale compliquée. Heureusement la plus âgée des enfants relativise les choses, tel une intervention divine, en déclarant que ce n’est que du cinéma, il y a plus grave dans la vie et si ce film est raté, il réussira le prochain.

Finalement Liv a aussi eu droit à sa couverture pour canaliser son chi à son tour.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…