Récap Séries TV 2015 – Suite et fin : l’actu

 

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FARGO Saison 2

 

L’action se situe cette fois à la fin des années 70 et développe un point qui n’avait été que vaguement évoqué dans la saison précédente, l’affaire du « Massacre de Sioux-Falls » qui selon les dires du père de Molly, Lou (interprété alors par Keith Carradine), était une enquête qui avait tout simplement..« dégénérée ». Nous le retrouvons donc quelques 40 ans plus tôt (sous les traits de Patrick Wilson) avec tout le background que nous lui connaissons (la maladie de son épouse) et il sera en quelque sorte notre guide au travers des tenants et des aboutissants de ce sombre fait divers. Martin Freeman et Billy Bob Thornton ne sont plus là pour assurer la partie comédie (toutes proportions gardées) et cette tâche revient à Kirsten Dunst dans le rôle d’une coiffeuse en pleine crise existentielle (sans jamais tomber dans la caricature ceci dit, au contraire elle délivre une performance incroyablement nuancée), qui par un malheureux concours de circonstances, mettra le feu aux poudres dans une guerre de territoire entre deux gangs, la famille Gerhardt (ayant la main-mise sur toute la région) et une structure un peu plus organisée (et d’un peu plus grande ampleur aussi) de Kansas City venue leur proposer une sorte de collaboration qu’il vaudrait mieux ne pas refuser. Cette étincelle, (le meurtre de l’un des fils Gerhardt) c’est la seule incartade à l’univers filmique des frères Coen (et un gigantesque hommage au sublimissime Stuck de Stuart Gordon) sinon tout le reste est de l’ordre de la ré-appropriation géniale, avec des clins d’oeil (dans le désordre) vers Miller’s Crossing, Arizona Junior (au travers du rêve de Molly) ou encore The Big Lebowski (notamment le personnage de John Goodman, remplacé ici par un avocat alcoolique) . Le plus déstabilisant n’étant cependant pas un emploi superbe de la présence extra-terrestre qui parcourt The Man Who Wasn’t There en filigrane et ré-utilisé ici merveilleusement, mais bien une rupture de ton total d’avec la saison précédente, plongeant cette fois-ci le récit dans des abîmes crépusculaires qui ne sont pas sans évoquer l’atmosphère sans issue de No Country for Old Men 

 
 

Fargo-saison-2

Il ne fait aucun doute que vu d’ici cela fait beaucoup de paramètres, et le showrunner Noah Hawley a recours à un emploi débridé du split-screen pour diriger les allers et venues de tout ce petit monde à la manière d’un véritable chef-d’orchestre ; toutefois comme le fait remarquer le site IndieWire, ce ne sera pas la seule audace de l’auteur. Si son approche visuelle renforce immanquablement l’aspect polar du récit pour lui donner par moment une texture de film d’exploitation (autant que pour se rapprocher au plus près de la subjectivité des personnages) le vrai spectacle a plutôt lieu à un niveau structurel, du côté des interactions et du déroulement à proprement parler. Le scénariste prend en effet un malin plaisir (doublé d’une admirable dextérité) à éclater les schémas narratifs convenus en intervertissant de toutes les façons possibles les climax, dont le propos final est bien d’offrir encore et toujours une vision distanciée par rapport à la violence. Elle sera tout aussi absurde que dans la 1ere saison mais en aucun cas dématérialisée ni tournée en dérision, présentée au contraire sous son aspect le plus vain, le plus banalisé et le plus sanglant. Ce recul (reprenant la vibe du long-métrage initial axée sur le rapport à la famille) le scénariste l’égraine progressivement au travers de toutes les interrogations des protagonistes: de la jeune caissière lisant « Le mythe de Sisyphe » d’Albert Camus au hobby du beau-père de Lou (eux deux par ailleurs hantés par ce qu’ils ont vus au Vietnam, et ils en parlent souvent), tout concoure à donner une véritable épiphanie au sous-texte initié par la première saison (qui proposait une juxtaposition de l’individu avec sa nature animale) que s’en est presque un cours magistral d’écriture et de mise en scène. C’est d’autant plus beau, voire tout simplement poignant, lorsque l’on réalise les faux-pas que Hawley s’interdit absolument de commettre, en ayant choisi une fenêtre de temps bien précise dans la chronologie personnelle des personnages principaux, notamment en ce qui concerne la maladie de Betty – d’ailleurs en plus d’une position particulière vis-à-vis la violence, la série développe également une belle réflexion sur la condition féminine, avec des archétypes forts, dont l’épouse de Lou n’est pas des moindres.

Je ne peux pas en dire plus sans devoir spolier (et je ne le veux pas), cette 2e saison que l’on attendait au tournant vu la qualité* de sa première dépasse absolument toutes les attentes. Elle a été renouvelée pour une troisième qui se passera de nos jours, (Hawley ayant manifesté une volonté de s’intéresser à la génération selfie) mais il faudra patienter jusqu’à 2017 pour voir cela ; on peut toutefois se réjouir de le voir s’atteler dans l’entre-deux, et contre toute attente, à un spin-off des X-Men très très prometteur.

* (ce qui me faisait insister au début de cette rubrique sur David Lapham, créateur du comics Stray Bullets, qui depuis bien longtemps en remontre et pas qu’un peu aux créations contemporaines dans le registre policier. La 2e saison de Fargo est un véritable aboutissement, ce qui laisse espérer que le monde est maintenant un peu mieux préparé pour des adaptations télévisuelles ou filmiques de l’univers de Lapham)

 
 

SALEM Saison 2

..ici il s’agit un peu de mon plaisir coupable tout personnel, car (hormis son casting de bombasses) c’est série la plus  ouvertement « feuilletonnesque » que j’aborde dans cette rubrique, mais force est de constater qu’elle se renouvelle très bien : deux invités de marque pour cette deuxième saison, Stuart Townsend et Lucy Lawless, le premier dans le rôle d’un médecin essayant de venir à bout de l’épidémie de peste lancée en fin de saison dernière à l’approche du Grand Sabbat, et qui se retrouvera rapidement fasciné par les forces occultes qui règnent en ces lieux ; la seconde en nouvel adversaire de Marie Sibley, une sorcière implantée dans le grand-monde depuis bien plus longtemps (et de fait, bien plus puissante) qui a décidé de faire du fils de Marie le réceptacle dans notre sphère de Sa Sombre Majesté.

On ne le dit pas assez, notamment parce qu’une série comme Penny Dreadful capte un peu toute l’attention ces temps-ci en ce qui concerne le fantastique, mais mine de rien Salem aborde les phénomènes occultes non sans une certaine pertinence, avec un panel d’effets assez modérés et une très très belle charte graphique, privilégiant plutôt l’imagination à l’esbroufe – ce qui fait assez plaisir à voir, réservant plutôt la grosse artillerie de CGI pour des scènes d’ambiance à chaque fois admirablement placées une fois par saison (la première manifestation surnaturelle dans le tout premier épisode de la première saison, et ici, le conciliabule des sorcières de la forêt.. et c’est absolument sublime à chaque fois). John Alden retrouve lui ses amis Indiens qui après quelques rituels lui fournissent des armes magiques pour buter de la sorcière tandis que nous suivons également l’apprentissage d’une autre, fraîchement déclarée, la jeune Anne Hale (c’est EXACTEMENT ce dont je voulais parler en terme de pertinence pour aborder le surnaturel, avec une très très belle explication de la source des pouvoirs de toute sorcière, et le prix à payer derrière chaque sort.. brr) ainsi que son idylle naissante avec Cotton Mather, dont la sanité d’esprit et la foi sont décidément bien mises à l’épreuve surtout lorsqu’il se retrouvera confronté au fantôme de son père.. Comme je disais il se passe beaucoup de choses et ça reste toujours sympathique à regarder.

 
 

HALT AND CATCH FIRE Saison 2

..« des qualités d’écriture rivalisant avec Mad Men, si ce n’est qu’ici au moins ça parle de quelque chose » – ça fait un moment que je voulais la placer celle-là, mais c’est amplement mérité. Et je ne vous embobine pas pour faire un bon mot, car tout est là : développement des personnages, qualité du renouvellement de l’intrigue, c’est un vrai régal et donc pour couronner le tout – et c’est important – ce n’est absolument pas vain (contrairement à l’autre série mentionnée mais il faudrait un article ultérieur pour finir de développer ce point-ci).

Le parcours de nos trois personnages en marge des prémices (et de la grande émulation) de l’ère informatique est tout simplement passionnant, et c’est un bonheur à chaque épisode : les déboires de Cameron et sa communauté de nerds sont succulents, surtout quand on sait qu’elle est à la pointe de la philosophie communautaire qui préfigure Internet, Gordon cherche encore à trouver sa place, encore un peu envapé par ses réussites financières ce qui laisse enfin la possibilité à son épouse Donna de briller, tandis que Joe subit en quelque sorte sa première traversée du désert, mais vous l’aurez compris dès la première saison, ce type n’est pas fait pour mener une vie « dans les règles ».

 
 

Z NATION Saison 2

Une deuxième saison apparemment un peu moins débridée que la première, mais délicieusement engagée dans une variation sur les profiteurs d’Apocalypse – qui culminera d’ailleurs avec l’épisode 8, The Collector, et un caméo bien senti de Georges R.Martin. Toujours de très beaux moments : les monologues intérieurs du Doc et ses sorties corporelles fantasques, ou encore de fantastiques zombies-plantes qui nous font rêver que DC et Warner décident de confierun jour Swamp-Thing à Asylum (tout en sachant que ça n’arrivera pas), ainsi que de beaux exercices de style dans la reprise de genres imposés, tel ce fabuleux whodunnit avec les survivants d’un stage de développement personnel, ou encore deux épisodes très westerns (du côté des cow-boys, puis du côté des indiens) il n’ y a que la trame axée sur le nouveau personnage, Javier, et ses liens avec le Gang Zero que j’ai trouvée un peu plus faible mais elle aura eue le mérite de pousser Murphy à la limite de ses ambitions  – devenir l’instrument de la survie de l’humanité ou bien l’empereur des zombies  .. ?

De toutes façons je ne serais jamais complètement objectif sur cette série, car je cautionne tous ses choix: ses bouts de ficelle, les choix de casting, les intrigues toujours joyeusement ludiques..

 
 

THE AFFAIR Saison 2

..une autre découverte incontournable de l’année passée, quasiment d’utilité publique si vous voulez bien (ex-aequo en ce sens avec Fargo , Hannibal et The Leftovers) dans sa façon de scruter les interstices de nos interactions sociales (familles, couple) en jouant superbement sur la notion de points de vue, et qui pour cette 2e saison nous en rajoute pour le coup deux supplémentaires : celui des conjoints de nos protagonistes – ce qui est très bien car avec des seconds rôles comme Maurah Tierney et Joshua Jackson, ça aurait été dommage de se priver. Nos héros, Noah et Allison sont maintenant un couple à part entière mais tous les problèmes ne sont pas réglés : tandis que le premier connaît une ascension sociale fulgurante, l’autre cherche encore sa place sans réussir à larguer les amarres complètement. Le dispositif narratif (mélange subtil de retranscriptions d’une même scène, ou au contraire d’ellipses savantes, avec leur lots de différences de perception et d’omissions) met à jour ce que l’un ne perçoit pas chez l’autre – en quoi est-il ou n’est-il pas un monstre d’égoïsme, en quoi demeure-t-elle un mystère – et qui par accumulation de non-dits, finira par avoir de lourdes conséquences. L’autre trame, située quelques mois dans le futur, autour du meurtre de Scotty Lockhart (et délicieusement nimbée d’une aura toute fincherienne) ne manque pas d’en dévoiler quelques unes.

Une précision narrative qui ne cède jamais à la dramatisation facile , privilégiant toujours un développement très organique des personnages (avec même un très beau coup de chapeau à la série In Treatment pour cette saison-ci), magnifiquement porté par un casting au diapason – tout le monde est vraiment très très bon, mais Dominic West (THE McNulty dans The Wire) casse une fois de plus la baraque. Je l’ai peut-être déjà dit mais je crois que cette série est un futur cas d’école.

 
 

PENNY DREADFUL Saison 2

.. un nouvel adversaire va mettre à rude épreuve l’unité encore neuve de notre petit groupe, c’est la saison où il vaut mieux faire la paix avec le passé et embrasser les conditions nouvelles. Vanessa Ives n’a d’autres choix que d’assumer son lien avec les forces occultes tandis que les deux créations du jeune Dr Frankenstein vont être amenées à décider de leur place dans le monde en choisissant des directions radicalement opposées.. Les fans du comics d’Alan Moore (dont je fais partie), The League of Extraordinary Gentlemen, auront toujours un petit serrement au cœur devant ce rassemblement un peu similaire des classiques de la littérature fantastique anglaise, mais encore une fois la série de John Logan et Sam Mendès se veut davantage un hommage respectueux à l’esprit des belles lettres qui constitue le matériau original. C’est superbement écrit (car ce sont les monstres qui parlent toujours le mieux d’humanité), très progressif dans le développement des personnages et visuellement incroyablement généreux – une des seules séries qui pourrait tenir tête à Hannibal de ce point de vue-là. Les installations de cette saison-ci promettent une 3e absolument cataclysmique.

 
 

THE LEFTOVERS Saison 2

Kevin Garvey et sa famille fraîchement recomposée emménagent dans une petite ville du Texas, Jarden (seule ville au monde ayant été épargnée par l’ incident surnaturel de la première saison) espérant prendre ainsi un nouveau départ. C’est tout naturellement qu’ils rencontrent leurs nouveaux voisins, la famille du chef d’une milice civile officieuse qui veille de façon un peu drastique à ce que la  pureté de leur ville si chère à leur cœur ne soit entachée par rien ni personne. Seulement le lendemain, trois jeunes filles (dont celle de ce chef de milice) se volatilisent dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler donc, la Grande Disparition. Is it happening again ?

Damon Lindelof est Grand, Damon Lindelof est Tout et il continue de s’interroger sur la part de Justice Divine dans nos existences (ainsi que sur les produits dérivés) avec une virtuosité fascinante, faisant de The Leftovers une expérience télévisuelle d’une qualité difficilement égalable. Plus resserrée dans son postulat que Lost qui (apparemment) semblait partir dans toutes les directions, le tour de force de la série est de rendre les interrogations habituelles (et la plupart du temps considérées comme rébarbatives) sur le sens de la vie résolument épiques au travers de l’évolution et des questionnements de ses personnages. S’appuyant sur le même schéma narratif à toute épreuve qui avait fait la force de la première saison, dérouler son intrigue tout en attribuant par-ci par-là un épisode entier à un personnage en particulier (des épisodes à chaque fois sublimes permettant de creuser un aspect nouveau des thématiques, ici l’ex-femme de Kevin organisant des réunions de groupe pour aider ceux qui souhaitent quitter les Guilty Remnant ; le chemin de croix de Matthew ou encore le passé de Meg, le personnage de Liv Tyler, explicitant un peu plus sa nouvelle et absolument terrifiante évolution) la série aligne un par un les moments de bravoure dans le traitement de son sujet, que ce soit les racines de certains mécanismes d’endoctrinement ou encore celles de la bonne conscience de certaines démocraties bien planquées derrière des valeurs qu’elles n’appliquent pas forcément – la triste actualité de cette fin d’année 2015 ne faisant malheureusement que confirmer certaines de ses fulgurantes intuitions.

Intuitions oui, car Lindelof se défend absolument de toute métaphore politique trop rapprochée, notamment une comparaison des GR avec Isis («  ce serait prendre la série pour ce qu’elle n’est pas » – il aborde ce point dans une flopée d’interviews qu’il donne actuellement pour IndieWire, dont je ne saurais trop vous recommander la lecture, autant pour ses prises d’opinions incroyablement humbles que pour des cours in-situ de storytelling) bien que la thématique concernant la récupération et/ou la perversion des idéologies apparaisse cependant comme assez nettement centrale (la démarche des GR et du frère de Nora dans la saison précédente, puis dans cette saison-ci, celle de Laurie – essaie-t-elle de faire le bien en aidant ceux qui veulent quitter les GR ou bien agit-elle pour sa propre gloire personnelle?) et aussi, le choix de s’intéresser tout de même aux « coulisses » d’un Petit Paradis sur Terre, où une milice civile de pompiers brûle des maisons, où la tranquillité du camp de réfugiés attendant leurs visas d’entrée pour l’accès à ce même havre de paix épargné par la misère du monde passe aussi par le renouvellement constant d’un bouc émissaire exposé en place publique ..

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Ce qui rend cependant cette série aussi immersive (en dehors de sa stupéfiante perfection narrative) tient beaucoup à l’échelle de ses enjeux. Pas de complot d’une quelconque société secrète à mettre à jour, de savant fou ou d’extra-terrestres à combattre, pas question non plus d’essayer de sauver le monde. Au contraire, je crois qu’il s’agit juste d’ essayer de ne pas trop se faire broyer par lui, et ceci est plutôt assez nouveau. On ne peut pas dire qu’il y aie vraiment de héros au sens habituel du terme non plus (excepté Super Justin Theroux – mais il en paie le prix) (et ce qu’il lui arrive d’extraordinaire n’est rien de plus que « les qualités de ses défauts » finalement) en tout cas on ne quitte jamais le point de vue de l’individu-moyen, ainsi que ses priorités (veiller sur ceux qu’il aime) et le plus déstabilisant c’est de voir par ce biais ce que nous considérions comme un monde qui ressemble de très près au nôtre, qui semblait aller de soi, se désagréger et menacer de sombrer dans le chaos le plus total. Lindelof nous fait éprouver de très près cette mutation au travers de mises en situation éminemment concrètes. C’est ce qui a conquis le public je pense, et qui fait en même temps la qualité de la série, sa capacité à faire ressentir les choses plutôt qu’à les expliquer en gardant cette volonté d’aborder (autant que de célébrer) la responsabilité de l’individu envers le monde comme thématique centrale, sans justement tomber dans le pensum moralisateur – une grandeur que l’on a un peu dénié d’accorder à Lost en terme de reconnaissance, à se demander si ce n’était pas finalement son propos ouvertement oeucuménique qui aurait dérangé l’audience, davantage que de soit-disant points d’intrigues laissés dans le vent..

Ne soyons cependant pas dupes, malgré des thématiques très sombres autour du rapport à la perte et à la catastrophe, il y a également beaucoup d’ironie dans The Leftovers : son générique très camp de vacances chrétien qui se fait une joie de reformuler le moto de son auteur (« je n’expliquerais rien, il n’y aura pas de réponses ») ou encore un schéma récurrent assez facétieux dans la façon de jouer avec la notion de happy-end, auquel elle redonne tout simplement.. un sens nouveau  : c’est un peu tous les jours l’Apocalypse , montrée en temps réel qui plus est, il est donc légitime d’y voir de temps en temps de petits miracles se produire (encore faut-il les considérer comme tels) – mais il faut tenir en compte dans cette façon de retomber sur ses pieds le fait que c’est aussi une façon de conclure la saison au cas où la série ne serait pas renouvelée. A chaque fin de saison, la série pourrait très bien s’arrêter là, et ça tient, on nous a tout dit. HBO a donné son feu vert pour une troisième, mais ce sera la dernière – question d’audimat, espérons qu’entre temps le succès critique unanime prenne de l’ampleur et impacte la vente dvd – c’est trop peu évidemment. Espérons également que le gouvernement américain – ou les extra-terrestres, les zombies, les piranhas mutants – ne viennent pas interférer dans le travail de Lindelof pour le dernier volet, lui permettant ainsi de boucler ce qui pourrait bien être un chef-d’oeuvre télévisuel absolu. On a un peu ce même sentiment qu’avec Hannibal de Bryan Fuller, celui que les bonnes choses ne durent pas, que certains auteurs sont prêts à nous emmener dans des contrées inexplorées du possible, mais qu’à un moment où à un autre, on ne les laisse tout simplement pas faire. Il y a un vieil adage qui a la vie dure, comme quoi « la fiction doit toujours être en-dessous de la réalité » – comme si elle n’avait rien à lui apporter..

 
 

Retrouvez l’intégralité du récap ici

 

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