Critique : La diablesse aux mille visages

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Qian mian mo nu

De Cheng Chang-Ho

Avec Pat Ting Hung, Tina Chin Fei, Chen Liang

Hong-Kong – 1969 – 1h20

Rating: ★★★★☆

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Hong-Kong est sous le joug d’une cambrioleuse de haut vol, une certaine femme se faisant appeler la diablesse aux mille visages car elle peut usurper n’importe quelle identité féminine…

La diablesse aux mille visages est un trésor caché des du cinéma hong-kongais des années 60, un bijou des Shaw Brothers acheté et édité par Wild Side et c’est le premier long-métrage de celui qui réalisera le film culte La main de fer trois ans plus tard (vous savez le film où Tarantino a récupéré le son d’une sirène stridente pour Kill Bill). C’est un thriller qui brouille les codes : il n’est pas vraiment un caper movie (film de braquage ou de cambriolage), ni vraiment un polar (la police ne fait proprement d’enquête, elle est plutôt à la traîne). Mais cela ne s’arrête pas là, car il est installé un triangle amoureux original, non un carré, qui évoquerait aujourd’hui le mélange des genres. En effet, le couple de héros est composé d’un journaliste et d’une policière, complété par un chercheuse de scoop aux dents longues et la truande recherchée. De là, s’engage un combat d’égal à égal entre la flic et la diablesse, du moins combat pour la flic jeu pour la femme bandit, où chacune s’affirme comme un femme forte qui a acquis son indépendance. Mais en analysant en profondeur, la flic, avec la chercheuse de scoop, semblent représenter la modernité des années 60 de Hong-Kong quand la diablesse semble faire référence à une culture chinoise ancienne. En effet son repaire est une grotte où ses serviteurs sont aussi ses gardes du corps, tout en s’habillant de façon traditionnelle et ancienne (le pouvoir mystérieux des femmes…). Elle vit comme une reine de harem avec son voile sur le visage comme certaines anciennes princesses perses ou arabes.

Mais si nous revenons sur la modernité des années 60, c’est la décennie de la mini-jupe ! Donc nous regardons un film où tout personnage féminin est en mini-jupe et à talons et certaines d’entre elles savent faire du kung-fu (étroitesse des vêtements, mouvements des corps plus amples). Ce sont aussi des femmes qui contestent l’autorité des hommes : la policière tient tête à son supérieur et elle porte la culotte dans le couple (le journaliste est le romantique du couple), quand la chercheuse de scoop a comme rédactrice en chef une femme qui l’ a nommé personnellement pour l’affaire de la diablesse, même si ce n’est une raison pour se montrer arriviste. Et les hommes, avec un running gag sur les policiers, sont montrés comme des obsédés sexuels incompétents hormis le journaliste. Pour ce qui est du kung-fu, cela reste rudimentaire, on n’a pas encore droit à de la chorégraphie et ça enchaîne pas plus de trois coups, mais ce qui prime est que ce soient des femmes qui le pratiquent dans le film.

Ajoutons que nous avons droit à un générique de début stylisé, une très bonne bande originale et une fin rappelant les James Bond, les westerns ou certains films occidentaux anticipatifs, tout en ayant peut-être inspiré les films de King Hu. Et jusqu’au bout on rit, dans ce Fantomas sexy.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…