Critique : Jin-Roh, la brigade des loups [PIFFF 2015]

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Jin-Rô

De Hiroyuki Okiura

Avec les voix de Yoshikazu Fujiki, Sumi Mutoh, Yukihiro Yoshida

Japon – 1999 – 1h40

Rating: ★★★★★

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Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon, en proie aux multiples troubles, créé une brigade d’élite intermédiaire entre l’armée et la police : la POSEM composé de « panzers ». Un soir de manifestation provoquée par les opposants au pouvoir regroupés derrière le terme de « La Secte » à Tokyo, les membres de la POSEM traquent les rebelles dans les égouts et tombent nez à nez face à une adolescente, qui actionne sa bombe…

Uchronie à tendance steampunk, Jin-Roh est le premier long-métrage d’Hiroyuki Okiura (Lettre à Momo étant le deuxième et le dernier) et le dernier film de la nuit Japanime du PIFFF (après Le garçon et la bête, Mindgame, Short Peace). Le scénario, élaboré par Mamoru Oshii (Ghost in the shell), questionne le militarisme et le nationalisme englués dans les méandres de la politique. Pour cela, les figures de la bureaucratie et le thème de l’espionnage sont à l’œuvre, des mecs dans des bureaux fermés qui fument… La classe. Mais c’est surtout le doute existentialiste qui est traité, avec  le personnage principal qu’est un panzer. A-t-il retrouvé son humanité en étant face à cette fille ? Ou essaye-t-il de la rechercher à partir de ce moment-là ? De là une romance est installée par le récit (qui se transforme en Roméo & Juliette…) où le thème de l’enfance côtoie le thème de la violence.

En effet, le procédé d’images mentales ou de cauchemars peut rappeler une certaine forme de traumatisme. Surtout que ces images sont violentes, marquées par le rouge sang. Mais d’un autre côté, les séquences entre le panzer, en temps libre, et la sœur de la terroriste défunte sont imprégnées d’innocence : se rencontrer dans un parc de jeux d’enfants, se balader près d’attractions foraines ou dans un musée… C’est une relation épurée qui prend plus en plus de place dans le récit, délaissant les scènes d’assaut des panzers pour des moments de silence et de poésie au fur et à mesure que le film avance.

Mais la fin nous démontre un certain fatalisme, pessimisme sur les situations de guerre ou d’état policier : l’altruisme, l’empathie, l’amour et/ou l’enfance deviennent des éléments prohibés. Décidemment, dans ce long-métrage d’animation, comme ces derniers temps, l’homme est un loup pour l’homme.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…