Chips-Movie: Les Créatures de l’Ouest

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The Burrowers

De J.T Petty

Avec Clancy Brown, William Mapother, Laura Leighton, Sean Patrick Thomas et Robert Richard

Etats-Unis – 2008 – 1h26

Rating: ★★★★☆

burrowers

 

La Western-Horror est un genre absolument magnifique en soi, malheureusement trop peu exploité ou bien mal assez mal pratiqué. Dans ma quête de la chips métaphysique qualité premium, je fus tenté de vous parler tout d’abord du genre par le biais de Ghost Town (1980) malheureusement un brin trop téléfilmesque, mais non dénué de qualités et qui mériterait d’urgence un remake par Sam Raimi. Je découvris par la suite Blood Moon (2014) une histoire de loups-garous qui avait échappé à notre récent dossier, mais effectivement il y a quelques raisons à cela : sympathique, un brin poussif cependant. Oh bien sûr, j’oubliais.. il y aurait pu y avoir Jonah Hex ..si des exécutifs incompétents n’avaient pas saccagés le concept dans l’œuf dès le premier volet, nous aurions eu alors l’occasion de jouir (oui, absolument) des sorties de registres (pas seulement horrifiques d’ailleurs, mais aussi s.f) que les aventures du cow-boy défiguré le plus maudit de tout l’univers avait à  nous offrir – je suis bien conscient que ça n’apporte rien au schmilblick, mais ça faisait un moment que j’avais envie de le dire. Il y a des ..individus, postés à toutes les strates de l’industrie cinématographique, qui ne devraient  jamais être autorisés à s’approcher d’une quelconque adaptation de comics, et c’est en partie leur faute si le monde est ce qu’il est. Trève de digressions, il y avait également le magnifique Vorace (1999) d’ Antonia Bird avec Guy Pearce, mais c’est dores et déjà un classique, ainsi que le Grim Prairies Tales (1990) avec Brad Dourif, qui a très très bonne presse mais sur lequel je n’ai pas encore eu le temps de me pencher car entre-temps, le Miracle a bel et bien eu lieu, j’ai découvert The Burrowers de J.T Petty, une version longue de son propre court-métrage, Blood Red Earth.

L’action se situe en 1879 dans le Dakota, où se produisent une série de disparitions violentes que l’on attribue tout d’abord aux Indiens. Une petite équipe de téméraires se met sur pied, à l’initiative véhémente d’un jeune irlandais dont la fiancée a été kidnappée.

 

 

Pour faire court, les qualités (aussi bien formelles qu’en ce qui concerne l’écriture) de The Burrowers définiraient presque à elles seules l’archétype du petit film de genre indépendant réussi, comme on en avait plus vus depuis un moment, où par exemple les personnages ne sauvent pas le Monde dans un déluge pyrotechnique, mais y survivent à peine en en sachant tout juste un peu plus sur lui. Le héros n’est pas encore tout à fait le héros, il le devient, notamment par l’influence des exemples ou contre-exemples qui l’entourent : superbe Clancy Brown (Highlander ; Carnivale) et drôlissime William Mapother (le perfide Evan de Lost). Le film offre en effet un bel éventail de personnages très bien nuancés,  où ceux qui le sont le moins s’avèrent justement « les héros habituels » (ici un détachement de Cavalerie) ; sans marteler son propos, J.T Petty égratigne au passage la Vérité Historique (en s’attardant sur la condition des Noirs et des Indiens) où les plus valeureux et les plus humains ne sont pas forcément récompensés pour leurs actes, ce qui finira d’ailleurs par impacter fortement le récit et lui donner son fin mot.

En ce qui concerne l’explication du mystère à proprement dit, on pourrait y voir une sorte de préquelle au Midnight Meat Train de Ryuhei Kitamura (d’après une nouvelle courte de Clive Barker)  et la filiation se fait presque sans forcer : d’abord une petite vibe du côté du design des créatures, mais surtout un bon gros vieil écho au niveau du propos général, à savoir une espèce aussi anciennes que le monde, se nourrissant de l’espèce humaine qu’elle chasse comme du gibier. Et si nous les voyons fonctionner ici en meutes, c’est vraiment parce que c’est une question d’époque, tout comme c’est aussi la faute à l’époque si cette menace a pu en quelque sorte perdurer impunément – mon geek intérieur ne pouvant d’ailleurs pas s’empêcher d’envisager toute une suite de séquelles potentielles (si bien sûr elles continuent d’être abordées avec la même pertinence que l’original) car on pourrait décliner leur évolution en parallèle de la nôtre à n’importe quel moment de la Grande Histoire et ça aurait toujours du sens.. Mais loin de moi l’idée de rajouter du sous-texte à quelque chose qui n’en a pas besoin et qui dit très bien ce qu’il a à dire par lui-même ; la photographie est somptueuse, la mise-en-scène très fluide et toujours pertinente, l’atmosphère plutôt sombre du récit se ménage également des moments aussi bien intimistes que humoristiques, toujours bien placés et jamais trop surlignés. Et c’est aussi d’abord et avant tout un sympathique petit voyage à l’intérieur de deux registres bien particuliers, auxquels il rend brillamment hommage.

                                                                                                                                                                                                                        Nonobstant2000

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Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!