Un film en un plan: It Follows

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Dans la scène de la confrontation finale de Jay et ses amis à au monstre, le réalisateur David Robert Mitchell  choisit de prendre à contre pied les codes de tout les films de fantômes et de malédictions. Ici, les personnages ne remonteront pas à la source du mal, et ne se battront pas sur un terrain ayant un rapport direct avec la créature. Le lieu sera une piscine, élément capital du film.

 La première fois que le spectateur fait la connaissance de Jay, il la trouvera dans la piscine de son jardin, quand la chose n’a pas encore fait son apparition. L’héroïne semble fragile, comme si elle venait de se remettre d’un événement difficile. Son ami Paul fera d’ailleurs remarqué qu’il ne l’a pas vu depuis longtemps. Un peu plus tard, alors que la menace à déjà fait son apparition et que Jay commence à douter d’elle-même et de sa santé mentale, on aperçoit encore la piscine, mais sale cette fois. Elle ne représente plus la même sécurité qu’auparavant, et dans la confusion du moment plus rien ne semble l’être pour Jay. Après avoir couché avec Greg, elle revient dedans, sachant qu’il lui reste un peu de temps avant de voir revenir son cauchemar. Cependant, son attention est rivée sur la grille de l’entrée du jardin, et elle attend à tout moment de voir quelqu’un la traverser. Finalement, elle est montrée une dernière fois, mais vide. Il n’est plus question de fuir et de gagner du temps, mais d’affronter ses peurs. La piscine ou le groupe se rend redevient alors un lieu ou Jay se sent en sécurité, ou en tout cas le seul endroit ou elle se sent capable de faire face.

Maintenant, s’il semble plausible que la forme du monstre soit son père (Il a probablement pris la photo de Jay ou elle est dans l’eau, et qui est accroché dans sa chambre), il y a quelque chose d’assez étrange dans cette scène, associé à d’autres détails qui ne semblent pas avoir d’importance au premier abord. Jusqu’à présent, nous avons toujours été témoin des mêmes choses que Jay. Alors que personne ne peut voir le monstre, nous oui. Ce n’est pas le cas cette fois ci, et seul Jay voit la forme du doppelganger au début. Elle refuse d’ailleurs de la décrire, et elle semble terrifiée. Ensuite seulement on voit que cette personne est son père. Comme dit au début de ses lignes, la jeune adulte semble se remettre d’un traumatisme, et sa sœur lui demande si son nouveau petit copain est quelqu’un de bien. Cela n’est qu’une théorie, mais Jay aurait-elle été victime d’un viol ? Deux éléments vont dans ce sens. En premier lieu, on pourra remarquer une trainée de sang qui suit le cadavre de la victime de l’introduction. L’acte sexuel non désirée est ensuite confirmé avec la mort de Greg, dans une scène particulièrement dérangeante.

 Cette notion de viol sous jacente semble donc plausible, d’autant plus que Jay semble sortir de l’adolescence. Il est donc probable qu’après la mort de son père, en plein désarroi, elle se soit faite abusée par un homme (D’autant plus que la mère est soit absente du film, soit dans l’ombre, en d’autres termes invisible), dont on ne voit pas la forme devant la piscine. Ensuite seulement viendrait la forme du père, un pilier dans sa vie qui a disparu. Rappelons que le monstre prend la forme de certaines personnes proche de sa victime afin de lui faire du mal, et le sens du mot « proche » reste floue.

Que l’on croit ou non à ces explications, il est évident que It Follows a bénéficié de l’écriture d’un réalisateur passionné par son sujet et ses thématiques. Il serait d’ailleurs intéressant de lui poser quelques questions, ne serais ce que par curiosité vis-à-vis des quelques zones d’ombres de son film.

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Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.