Critique: Inherent Vice – Contre

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Inherent Vice

de Paul Thomas Anderson

Avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Katherine Waterston, Reese Withersppon, Benicio del Toro

États-Unis – 2014 – 2h28

Rating: ★☆☆☆☆

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Considéré par certains comme un petit prodige du cinéma, depuis Boogie Night puis avec le consacré Magnolia, Paul Thomas Anderson (P.T.A. pour les intimes) revient cette année sur les écrans avec Inherent Vice.

Sur une adaptation d’un roman éponyme de Thomas Pynchon, il réunit un casting à rendre verts de jalousie tous les réalisateurs indépendants, sur une trame qui fleure bon les 70’s. Joaquin Phoenix, en détective privé hippie, se retrouve malgré lui embarqué dans une histoire tortueuse auquel il essaye d’y voir clair dans un nuage de beuh. Mission complexe, autant pour lui que pour le spectateur.

P.T.A. a du probablement regarder en boucle The Big Lebowski et tous les films de Tarantino avant de se dire que lui aussi, il avait bien envie de réaliser son polar/comédie post-moderne. Sauf qu’il ne suffit pas d’appliquer une recette magique à base d’ironie et de références pour réussir un film. Il faut aussi faire preuve d’un minimum d’ingéniosité après avoir digéré les œuvres de ces prédécesseurs. Chose que le réalisateur semble avoir passé à la trappe, se contentant de pomper toute l’esthétique des 70’s, certes de façon superbe, mais sans jamais y apporter une touche personnelle.

Les acteurs semblent suivre à peu près la même route. Joaquin Phoenix joue avec ses cheveux comme dans une pub L’Oréal sans donner la moindre consistance à son personnage. Dommage, il est de tous les plans ou presque. Le reste du casting fait des apparitions plus ou moins réussies, mais seul Josh Brolin a réellement l’air de s’investir dans son rôle de flic maniaque. Les actrices (Katherine Waterston, Reese Withersppon, Jena Malone, etc.) elles, sont réduites à faire de la figuration, pour mettre en valeur leurs collègues masculins. Paumées, instables, vénales et bien entendu sous le charme irrésistible des rouflaquettes du héros, elles incarnent une vision masculine machiste plutôt puante.

Le reste du discours du film ne vole pas beaucoup plus haut. Là où Hunter S. Thompson ou Bukowski, pour ne citer qu’eux, interrogeaient les limites de la culture hippie dans une Amérique conservatrice qui a porté Nixon au pouvoir, ici, aucune réflexion ne vient nourrir Inherent Vice. Le film se garde bien de toute saillie, se contentant de décrire avec une platitude alarmante une vision poussiéreuse des États-Unis.

Pendant deux très longues heures et demi, Inherent Vice va donc tourner à vide, tant dans la forme que dans le fond, sa langueur supposée se transformant très vite en ennui soporifique.

Miho

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About Miho

Coincée depuis quelques années entre réalités parallèles et univers alternatifs, Miho se dit qu’elle aurait mieux fait de suivre des cours de physique quantique plutôt que de s’adonner aux dépravations estudiantines terrestres afin de retrouver son home sweet home. En attendant enfin une numérotation automatique "téléphone maison" sur son iPhone, son passe-temps favori reste la reproduction des masques de Leatherface et de Michael Myers au crochet.